Burkina Faso : Résumé des cinq premières révélations sur un complot déjoué mêlant financements occultes et assassinats ciblés

À la suite de la tentative de coup d’État avortée du 3 janvier 2026, la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) a diffusé les aveux de cinq personnes présentées comme des acteurs clés du projet de déstabilisation. Ces témoignages mettent en lumière un plan élaboré depuis l’étranger, combinant corruption, recrutements clandestins et actions armées, avec pour objectif le renversement des institutions burkinabè.

Selon les éléments révélés à l’antenne, l’ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba, actuellement hors du territoire national, est présenté comme le principal instigateur du complot.

Il aurait assuré la conception stratégique de l’opération, la mobilisation de ressources financières ainsi que le recrutement de civils et de militaires chargés de l’exécution.

Les confessions font état d’un scénario particulièrement violent, incluant des assassinats ciblés de responsables civils et militaires. La neutralisation du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, aurait constitué l’objectif prioritaire.

Plusieurs modes opératoires auraient été envisagés, allant d’une attaque directe à l’utilisation d’engins explosifs, dans le but d’affaiblir la capacité de réaction de l’État et de faciliter une intervention extérieure.

Un autre volet stratégique du plan portait le nom de code « couper la tête du pasteur ». Cette expression désignait, selon les aveux, la neutralisation du capitaine Passeré, commandant de la base de drones de Saponé.

Cette infrastructure était considérée par les comploteurs comme un verrou sécuritaire majeur. Son démantèlement devait rendre les drones inopérants et permettre aux unités d’agir sans surveillance aérienne. L’assaut général aurait été programmé pour le 3 janvier 2026 à 23 heures.

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Les enquêteurs ont également mis au jour un circuit de financement impliquant la Côte d’Ivoire. Le commerçant El Hadj Madi Sakandé, présenté comme un complice civil, aurait effectué un déplacement à Ferkessédougou en compagnie de l’adjudant de police Moumouni Soré. C’est là qu’un montant de 70 millions de FCFA aurait été remis par un opérateur économique identifié sous le nom de Boureima Traoré.

Des promesses de postes et d’avantages financiers auraient été formulées pour assurer l’adhésion des exécutants. L’adjudant Soré se serait vu proposer la direction générale de la LONAB ou une reconversion lucrative dans le secteur des transits. De son côté, le sergent-chef Salfo Yalwéogo, alors en service à la Garde républicaine, aurait été sollicité pour mobiliser des éléments de confiance, en échange d’une « commission ».

Le dispositif a commencé à s’effondrer le 31 décembre 2025, avec l’interpellation du sergent-chef Yalwéogo dans le quartier Paglayiri, aux environs de 22 heures. Il se trouvait à bord d’un véhicule transportant deux mitrailleuses PKMS et quatre caissettes de munitions, en attente d’instructions finales, selon les autorités.

Le ministre de la Sécurité, Mamadou Sana, a assuré que la situation est désormais sous contrôle. Les enquêtes se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des ramifications du réseau, et les personnes impliquées devraient être traduites devant la justice, a-t-il indiqué.

Rédaction B24

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