Procès de Viviane Yolande Compaoré : L’accusé écope de 25 ans de prison ferme

Le procès sur l’assassinat de l’ex-ministre des Transports, Viviane Yolande Compaoré, s’est rouvert ce vendredi 13 mars 2026 au Tribunal de grande instance Ouaga 2. Le verdict est tombé dans la soirée : L’accusé a écopé de 25 ans de prison ferme. Il a 10 jours pour faire appel.

D’entrée, les résultats de l’expertise ont été dévoilés, suite à la précédente demande des avocats de l’accusé. « J’ai fait le travail demandé. J’ai reçu M. Bougouma le 2 mars dernier. Je l’ai examiné. M. Bougouma n’est pas passé par plusieurs chemins pour raconter l’histoire. Il revenait sur le fait qu’il a été persécuté », a-t-il expliqué.

À la question du tribunal de savoir si la santé mentale de l’accusé permettait de le juger, l’expert a déclaré que l’accusé souffrait d’un délire de persécution. « Si vous lui demandez s’il peut se défendre, il va vous relater son délire de persécution », a-t-il avancé.

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Ainsi a été donné le ton des débats. L’accusé a été appelé à la barre. « Connaissez-vous Viviane Yolande ? », a questionné le président du tribunal. L’accusé a répondu par l’affirmative. « J’étais fier de la rencontrer pour la première fois. Mais ce jour-là, c’était un dimanche, elle m’a accusé d’avoir volé ses téléphones dans la voiture », a-t-il indiqué.

Poursuivant, le président du tribunal a demandé ce qui s’est réellement passé à la date du 10 janvier 2026. Comme réponse, il a avancé des propos ambigus. « Je ne me souviens pas. Le passé n’est plus nécessaire. Je demande pardon. Un être humain ne doit pas ôter la vie. Je l’aimais d’un grand amour », a-t-il relaté.

Tribunal de grande instance Ouaga 2
Tribunal de grande instance Ouaga 2

Autant de réponses remplies d’ambiguïtés ont été servies par l’accusé. Nonobstant, les juges n’ont pas été désarmés et l’accusé a fini par craquer. « Ce jour-là, je suis parti avec l’intention de la tuer. Je suis rentré chez elle. Elle était dans sa chambre et, quand je suis entré dans la douche, j’ai vu deux couteaux. C’est avec ça que j’ai pu l’achever », a-t-il rappelé.

Après l’audition des différentes parties, place aux témoignages. La belle-fille de la victime, le neveu de la victime, la dame de ménage et le père de l’accusé ont, tour à tour, relaté ce qu’ils savaient de cet assassinat. « Ce jour-là, je suis allée chercher les enfants à l’école et je leur avais promis d’aller rendre visite à leur grand-mère. Arrivés, les enfants ont couru vers la chambre pour la saluer et ils ont vu le drame. Ils m’ont appelée.

Je suis entrée et j’ai fait le constat. J’ai tout de suite pensé qu’elle s’était cognée la tête contre quelque chose. J’ai alors appelé le voisinage qui m’a fait savoir qu’elle avait été assassinée », a-t-elle relaté. Après ces témoignages qui donnent froid au dos, le tribunal a une fois de plus fait appel à l’expert. Selon ce dernier, l’accusé se sent persécuté par la victime, car il lui impute tous ses échecs et ses souffrances.

Viviane Compaoré a été assassinée, selon l’enquête

Aussi a-t-il avancé, « on ne peut pas parler d’un décès avec une telle humeur ». Visiblement, l’accusé n’est pas affecté par son forfait, ce qui porte à croire qu’il souffre de schizophrénie. « Il ne sait pas qu’il est malade. Il pense plutôt que ce sont les autres qui le sont », a noté l’expert, tout en confirmant que l’accusé a besoin d’être interné pour recevoir des soins.

Pour ce qui est des plaidoiries, le conseil de la partie civile a dit regretter le comportement de l’accusé face à la situation : « Quand on lui pose une question, il rit ». Ainsi, ce conseil a demandé 1 franc symbolique, tout en s’en remettant à la justice pour la manifestation de la vérité. Le tribunal a délibéré.

L’accusé a écopé de 25 ans de prison ferme. Il a 10 jours pour faire appel.

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