Guerre contre les gangs : Le Salvador adopte la prison à vie pour les mineurs criminels

L’Assemblée législative du Salvador a adopté, le jeudi 2 avril 2026, une réforme majeure introduisant la peine d’emprisonnement à perpétuité pour les mineurs reconnus coupables de crimes particulièrement graves, notamment les meurtres, les viols et les actes de terrorisme, nous informe courrier international.

Cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique sécuritaire menée par le président Nayib Bukele, engagé depuis plusieurs années dans une lutte intensive contre les gangs criminels.

Le texte adopté intègre la prison à vie dans la liste des peines exceptionnelles applicables aux mineurs en conflit avec la loi. Il supprime par ailleurs le régime spécial jusque-là réservé aux jeunes délinquants en cas de crimes graves.

Toutefois, la réforme prévoit des mécanismes de réévaluation périodique de la peine, destinés à apprécier le niveau de dangerosité du condamné et ses possibilités de réinsertion, avec, à terme, la perspective d’une éventuelle liberté surveillée.

Cette mesure élargit aux mineurs la portée de la réforme constitutionnelle adoptée le 18 mars dernier, qui a introduit la perpétuité, auparavant interdite, pour certaines infractions majeures. Jusqu’ici, la peine maximale au Salvador était fixée à 60 ans de réclusion.

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Parallèlement, le Parlement a décidé de prolonger de 30 jours l’état d’exception en vigueur depuis quatre ans. Ce dispositif permet notamment des arrestations sans mandat judiciaire dans le cadre de la lutte contre les gangs.

Selon les autorités, plus de 91 000 personnes suspectées d’appartenir à des organisations criminelles ont été interpellées, dont environ 8 000 ont été relâchées après avoir été déclarées innocentes.

Si cette politique a permis une baisse significative des homicides, elle suscite de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch. Dans un rapport publié en juillet 2024, l’ONG évoque la détention de plus de 3 000 enfants et adolescents dans le cadre de l’état d’exception.

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