Prise en charge sociale à Bobo-Dioulasso : Des actions concrètes pour les enfants et les jeunes filles vulnérables

Sur le terrain, les actions posées en faveur de la réinsertion sociale et de la protection des populations vulnérables se multiplient à Bobo-Dioulasso. Le mardi 19 mai 2026, plusieurs centres d’accueil de la commune urbaine ont reçu de la visite pour évaluer les réalités locales. Cette initiative du Ministère de la Famille et de la Solidarité (MFS) a permis de constater les dispositifs d’accompagnement fonctionnels dans la région.
Au secteur 25 de la ville de Bobo-Dioulasso, le Centre d’accueil d’enfants en détresse (CAED) « Den-Kanu » offre un secours d’urgence aux nourrissons privés de protection familiale.
Créée en 1997 par les Sœurs de l’Annonciation, cette pouponnière d’une capacité de 50 places prend actuellement en charge 34 enfants âgés de 4 mois à 6 ans.

Les équipes y assurent la nutrition, les soins médicaux et l’éveil de bébés orphelins de mère, abandonnés ou nés de mamans gravement malades.
Comme avancée notable, la structure a accompagné 753 enfants depuis son ouverture et a facilité plus d’une centaine d’adoptions nationales et internationales.

La responsable du centre « Den-Kanu », Sœur Marie-Jeanne Sanou, met en avant l’importance de cet élan. « L’action humanitaire et sociale que nous menons au quotidien ne peut porter ses fruits sans un accompagnement solide.

Le soutien du ministère et des partenaires nous permet de maintenir la pouponnière ouverte, d’assurer le lait des nourrissons et de veiller à ce que chaque enfant en détresse trouve un cadre protecteur et digne pour grandir », a-t-elle souligné.

Au secteur 22, le centre « Havre du Bon Pasteur », dirigé par les religieuses de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur, accueille 18 jeunes filles vulnérables âgées de 12 à 20 ans ainsi que 5 bébés. Ouvert en 2018, cet établissement réalise un travail important de reconstruction. Les pensionnaires, souvent en rupture familiale complète, y apprennent des métiers pratiques tels que la couture, la coiffure, le tissage ou la fabrication de savon afin de préparer leur autonomie financière.

Sœur Thérèse Coulibaly, directrice du « Havre du Bon Pasteur », insiste sur cette synergie de l’action humanitaire. « Notre mission va au-delà de l’hébergement, elle vise la reconstruction de la dignité humaine.
Ce soutien à l’action humanitaire sur le terrain est le moteur qui permet à ces jeunes filles de passer du statut de victime à celui de femme autonome et actrice de sa propre vie », a-t-elle insisté.

Les bénéficiaires directes de ces structures témoignent de l’impact de cet accompagnement sur leur trajectoire de vie. Une première jeune fille accueillie au Havre du Bon Pasteur explique les raisons de sa venue et ses progrès.
« J’ai fui ma famille pour éviter un mariage forcé. Au centre, j’ai choisi d’apprendre la couture. Aujourd’hui, j’arrive à coudre des jupes et des pagnes. Mon objectif est de finir ma formation pour ouvrir mon propre atelier », a-t-elle expliqué.
Une autre pensionnaire, mère d’un nourrisson de six mois, a souligné l’importance des soins reçus. « Chassée de chez moi, j’ai pu accoucher ici. Les Sœurs ont tout pris en charge. J’apprends la coiffure et le tissage pour pouvoir nourrir mon enfant de manière autonome », a-t-elle témoigné.

Cette dynamique d’assistance s’étend également au milieu hospitalier pour soulager les populations vulnérable. Pour maintenir et consolider ces résultats, les acteurs du terrain soulignent l’importance de l’aide apportée par le Ministère de la Famille et de la Solidarité.
À travers ses services déconcentrés, le ministère apporte un soutien technique permanent, encadre le placement légal des enfants et des jeunes filles en détresse, et assure un accompagnement institutionnel indispensable à la continuité des activités de ces centres. Cette synergie étroite entre l’État et les structures confessionnelles ou médicales permet de structurer efficacement la réponse humanitaire dans la région.

Le responsable du service social du CHU Sourou Sanou confirme cette articulation. « Nous travaillons en étroite collaboration avec la Direction régionale et le Ministère de la Famille et de la Solidarité, qui nous soutiennent techniquement et financièrement à travers des subventions et des dotations en médicaments.
Recevoir des dons en vivres et un soutien direct pour la pharmacie sociale va nous permettre de soulager immédiatement plusieurs familles et de sauver des vies humaines qui étaient bloquées faute de moyens », a fait entendre Amidou Konané, chef de service.
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Akim KY
Burkina 24




