Hygiène menstruelle en milieu scolaire : Le projet « Faãg-Man » transforme le quotidien de 800 filles au Burkina Faso 

Au lendemain de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, l’association Palobdé a organisé, le vendredi 29 mai 2026 à Ouagadougou, l’atelier bilan de son projet phare « Faãg-Man ». Mené durant un an et demi en partenariat avec l’Association Mondiale des Amis de l’Enfance (AMADE), ce projet a permis de briser les tabous et d’apporter des solutions concrètes à la précarité menstruelle en milieu scolaire et communautaire au Burkina Faso.

Lancé au début de l’année 2025, le projet « Faãg-Man » s’est donné pour mission d’accompagner les actions du gouvernement burkinabè en matière d’éducation et de maintien des filles à l’école.

À l’heure du bilan, ce sont plus de 800 jeunes filles issues de dix établissements secondaires au total (dont 07 situés à Ouagadougou et 03 dans la région des Kuilsé) qui ont été directement prises en charge à travers des dotations mensuelles en kits de serviettes hygiéniques réutilisables, conçues localement en coton bio burkinabè.

Pour Émilie Kyedrebeogo, présidente de l’association Palobdé, l’impact va bien au-delà de la simple distribution matérielle. « Notre objectif était de comprendre leurs préoccupations, de les écouter et de favoriser leur bien-être.

Avoir ses règles est une source de stress pour 21 % des filles, ce qui perturbe leur scolarité. Grâce à ce projet, nous avons libéré leur esprit pour qu’elles se consacrent à leurs études. Nous avons aussi inclus les garçons dans les sensibilisations pour éviter les moqueries et créer un environnement de soutien », a-t-elle expliqué.

L’accompagnement de proximité mené mois après mois par l’association a également permis de libérer la parole. Briser le mur du silence a ainsi permis d’assurer un suivi adéquat pour leur maintien à l’école.

Le soulagement des bénéficiaires sur le terrain

Sur le terrain, le projet a radicalement changé le quotidien des adolescentes pendant leur cycle. C’est le cas d’Oumamatou Maracama, en classe de 5e au CEG de Gargin, pour qui cette initiative a été une véritable bouffée d’oxygène.

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« L’arrivée du projet Faãg-man dans notre école nous permet enfin de traverser nos périodes de menstruations dans le respect de notre corps et de notre dignité. En plus du kit de protections lavables que j’ai reçu, les sessions d’information nous ont beaucoup appris sur la bonne gestion de notre hygiène », a-t-elle confié avec reconnaissance.

Un partenariat technique salué par les autorités éducatives

La Direction régionale de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique du Kadiogo a suivi de près la mise en œuvre des activités sur le terrain. Sandrine Sanon, cheffe du service des appuis spécifiques de la direction régionale, tire un bilan très positif de cette collaboration.

« C’est un bilan positif. Nous avons collaboré ensemble depuis l’identification des établissements cibles jusqu’au suivi des activités sur le terrain. Palobdé n’a rien fait sans nous associer. Face aux défis qui pousssent de nombreuses filles à abandonner l’école, ce projet répond directement aux priorités de notre ministère », a-t-elle déclaré.

Mme Sanon a toutefois rappelé l’immensité des besoins restants face à la phase pilote menée dans les sept structures de Ouagadougou. « Notre région compte plus de 1 000 établissements, entre le public et le privé. Intervenir dans sept structures est une phase pilote significative, mais cela reste minime face à la demande », a-t-elle souligné.

Cap sur l’autonomisation économique et l’extension du projet

Le projet « Faãg- Man » ne se limite pas aux salles de classe. Pour garantir un impact durable et communautaire, l’initiative intègre un volet majeur dédié à la formation et à l’autonomisation financière des femmes à travers le soutien aux Activités Génératrices de Revenus (AGR), a-t-elle évoqué lors de la présentation des perspectives économiques du projet.

Forte de ces résultats encourageants, ce sont les bénéficiaires elles-mêmes ainsi que les autorités éducatives qui formulent aujourd’hui le vœu ardent de voir le projet se poursuivre et s’étendre à d’autres régions du Burkina Faso. Face à l’ampleur des besoins en matière de dignité menstruelle et de maintien des filles à l’école, l’appel est lancé pour pérenniser et élargir cette initiative qui a déjà fait ses preuves dans le Kadiogo et la région du Kuilsé.

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Djamila Raïna Diallo

Pour Burkina 24 

Rédaction B24

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