Hygiène menstruelle et abandon scolaire : Le combat du projet SWEDD+ dans la région du Nakambé

Après une étape remarquée dans les Bankuy, la caravane de presse du projet SWEDD+ dépose ses valises dans la région du Nakambé, du 26 au 30 avril 2026. Cette escale, consacrée à la campagne « Kom-pugli kaoreng yoodo », vise un objectif crucial. Il s’agit d’engager les acteurs locaux pour la scolarisation et le maintien des filles à l’école.
Le lundi 27 avril 2026, la caravane a officiellement lancé ses activités à Tenkodogo par une série de rencontres institutionnelles. La première étape a conduit la délégation à la Direction Régionale de la Santé (DRS) du Nakambé.
Le Dr. Lendé Tougri, premier responsable de la structure, a d’emblée salué la pertinence de cette initiative. Selon lui, le défi n’est plus seulement l’accès à l’éducation, mais la persévérance scolaire.
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« C’est un sujet qui est d’un intérêt très important. Actuellement, le fait de mettre les filles à l’école ne pose plus de problème. C’est comment mettre tous les ingrédients possibles pour qu’elles puissent y rester qui constitue le challenge. C’est une belle initiative d’intégrer ces différents aspects dans la caravane », a-t-il affirmé.
Cette étape a été suivie d’une visite au Gouvernorat, où le Secrétaire Général de la région, Tasséré Nakoulma, a réitéré le soutien des autorités administratives. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, il a souligné l’importance de sensibiliser les parents pour protéger le parcours scolaire des jeunes filles.

Toutefois, la réalité du terrain révèle des freins structurels inquiétants. Nachor Sorgho, Directeur Régional en charge de l’enseignement secondaire, a dressé un constat sans concession sur les causes de l’abandon scolaire. A l’en croire, au-delà des facteurs sociaux, l’insalubrité et le manque d’infrastructures dans les établissements sont pointés du doigt.

« L’école elle-même peut devenir une source d’abandon », a-t-il déploré, évoquant l’absence de points d’eau et de toilettes non mixtes, indispensables à la gestion hygiénique des menstrues. À cela s’ajoutent les risques de grossesses précoces et le harcèlement en milieu scolaire.
Pour passer de la théorie à l’action, la caravane s’est rendue au Collège d’Enseignement Général (CEG) du secteur 2 de Tenkodogo. Deux activités majeures y ont été organisées. La première était une conférence thématique sur la santé et l’hygiène menstruelle pour garantir la dignité des élèves. La deuxième a porté sur des causeries éducatives impliquant les parents d’élèves, avec un accent particulier mis sur la responsabilité des hommes.

En effet, les échanges, particulièrement directs, ont permis de libérer la parole. Martine Salgré, élève en classe de 3e, a témoigné des difficultés quotidiennes. « Les problèmes majeurs qu’on rencontre, c’est qu’on n’a pas de toilettes appropriées pour les filles.
Les toilettes sont mixtes et cela pose des problèmes pour les filles lors de leurs règles, sans oublier les moqueries des garçons. Il y a la honte qui est là et certaines filles préfèrent rester à la maison lorsqu’elles ont leurs règles », a-t-elle déploré.

Face à ces témoignages, Hyppolite Ouédraogo, Directeur Provincial de l’enseignement secondaire du Boulgou, a réaffirmé sa détermination à agir. Tout en reconnaissant que les menstruations constituent un facteur de décrochage, il s’est engagé à mobiliser les enseignants et les parents.
Pour lui, l’objectif est donc clair. Il s’agit de transformer les informations recueillies en actions concrètes pour offrir aux jeunes filles du Nakambé un cadre d’apprentissage sécurisé, digne et propice à la réussite.
Aminata Catherine SANOU
Burkina 24




