IA souveraine : Le Royaume-Uni investit massivement pour devenir un leader mondial de la science

Dans le cadre de la promotion de l’intelligence artificielle souveraine, le Royaume-Uni a lancé le Sovereign AI Innovation Lab (SAIL), un laboratoire d’innovation développé en partenariat avec Dell Technologies et l’Université de Cambridge. Cette initiative est soutenue par un investissement de 2 milliards de livres sterling consenti par AMD sur une période de cinq ans, rapporte Usine Digitale.
Cette initiative vise à doter les chercheurs, les institutions publiques, les acteurs de la santé et les industriels britanniques d’une infrastructure nationale capable de développer et de déployer des technologies d’intelligence artificielle de pointe tout en garantissant la souveraineté des données et des capacités de calcul.
Le nouveau laboratoire SAIL ambitionne de transformer les découvertes scientifiques en applications concrètes dans des domaines stratégiques tels que la santé, le climat et les énergies propres.
« En réunissant des chercheurs de renommée mondiale et une puissance de calcul en IA à l’échelle nationale, Cambridge est désormais en mesure de relever certains des défis les plus complexes de notre époque », a déclaré Deborah Prentice, présidente de l’Université de Cambridge.
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L’infrastructure repose sur les plateformes technologiques d’AMD, le logiciel open source ROCm et des technologies cloud natives. Les promoteurs du projet mettent particulièrement l’accent sur l’interopérabilité afin d’éviter toute dépendance à un fournisseur unique et de garantir une plus grande flexibilité aux utilisateurs.
L’annonce de SAIL intervient dans le cadre du lancement de Zenith, présenté comme la plus puissante plateforme d’intelligence artificielle dédiée à la recherche scientifique au Royaume-Uni.
Installé à l’Université de Cambridge, Zenith se distingue par son architecture hybride, conçue pour rapprocher les communautés de la simulation scientifique et de l’intelligence artificielle sur une même infrastructure.
Pour le Dr Paul Calleja, directeur du service de calcul pour la recherche à Cambridge, ce projet marque « une étape majeure dans le développement de l’IA au service de la science ».
L’intelligence artificielle au service de la santé
Parmi les premiers projets soutenus figure MOSAIC (Multimodal Oncology Sovereign AI Collaboration), une initiative destinée à développer des modèles d’intelligence artificielle spécialisés dans la lutte contre le cancer.
En s’appuyant sur les données des établissements du National Health Service (NHS), ces modèles pourront améliorer le diagnostic, personnaliser les traitements et prédire les résultats thérapeutiques pour les patients.
Les calculs nécessaires à l’entraînement de ces systèmes seront réalisés sur le supercalculateur Zenith avant leur déploiement dans les structures de santé du pays.
Sunrise, un atout dans la course à la fusion nucléaire
Le Royaume-Uni investit également dans Sunrise, un second supercalculateur actuellement en construction pour le compte de l’Autorité britannique de l’énergie atomique (UKAEA).
Sa mission sera d’accélérer la recherche sur la fusion nucléaire, considérée comme l’une des sources d’énergie les plus prometteuses pour un avenir décarboné.
Grâce à ses capacités de calcul avancées, Sunrise permettra de simuler le comportement des plasmas, d’évaluer la résistance des matériaux soumis à des conditions extrêmes et de tester virtuellement des modèles de réacteurs avant leur construction.
Cette approche pourrait réduire considérablement les coûts de recherche, certaines expériences physiques nécessitant aujourd’hui des investissements de plusieurs dizaines de millions d’euros.
Avec SAIL, Zenith et Sunrise, le Royaume-Uni affiche clairement son ambition : devenir l’une des principales puissances mondiales dans l’utilisation de l’intelligence artificielle au service de la recherche scientifique, de l’innovation industrielle et de la transition énergétique.




