PIDACC/BN au Nando : Quand l’innovation technologique fertilise l’espoir
Dans la région du Nando, le Programme Intégré de Développement et d’Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN) déploie une stratégie d’envergure. Le 16 juillet 2026, une mission conjointe de supervision, associant la coordination stratégique du programme et le réseau des journalistes, a effectué une immersion sur le terrain pour évaluer l’impact réel des investissements. Entre innovations technologiques et restauration écologique, le PIDACC/BN redéfinit les contours de la production agropastorale.
Dans le village de Gallo, département de Sapouy, le champ de maïs du Pasteur Nikiema Joanie attire tous les regards. Malgré une installation tardive de la saison des pluies, ses deux hectares et demi affichent une vigueur remarquable. Là où les parcelles environnantes peinent, ses plants respirent la santé, suscitant la curiosité des observateurs.

Le secret de cette réussite réside dans l’usage d’un biodigesteur, un dispositif installé avec le soutien du PIDACC/BN dans le cadre du projet REDD+. « Depuis quatre ans, ce système a radicalement changé ma production », témoigne le Pasteur.

Au-delà de l’engrais organique qui fertilise durablement le sol et lui permet de récolter jusqu’à 14 sacs de maïs par demi-hectare, le biodigesteur offre un avantage domestique majeur, il remplace le bois de chauffe et le gaz pour la cuisson et l’éclairage, allégeant ainsi la corvée des femmes.

Le biodigesteur contribue à la résilience climatique
Ce succès a interpellé les jeunes déplacés internes, accueillis par le Pasteur. « En observant les résultats spectaculaires dans le champ du vieux, nous avons compris l’efficacité de cette méthode. Si nous en avions la possibilité, nous aimerions l’adopter pour mieux entretenir nos propres terres » a confié André Yoda, arrivé à Gallo en août 2025.

Blâmi Diallo, point focal du PIDACC à la DGREH, a expliqué l’intérêt stratégique de cet investissement. « Nous avons intégré le biodigesteur en raison de sa contribution à la résilience climatique.
C’est une approche globale, moins de bois coupé signifie une forêt préservée, tandis que le biogaz améliore la santé des femmes en supprimant les fumées toxiques et favorise la réussite scolaire des enfants par l’éclairage domestique » a-t-il détaillé.

Le coordonnateur du PIDACC/BN au Burkina Faso, Thiao Oumar Dicko, a confirmé cette dynamique. « Nous passons actuellement à une seconde phase avec des équipements plus modernes, prenant en compte les difficultés rencontrées par les premiers promoteurs », a-t-il exprimé.
La restauration durable des terres
À Galo, la stratégie s’appuie aussi sur la Régénération Naturelle Assistée (RNA) et le labour mécanique. Boumba Soumana Tampary, responsable des travaux CES-DRS (Conservation des Eaux et des Sols ; Défense et Restauration des Sols), a détaillé cette méthode.

« La Régénération Naturelle Assistée (RNA) est une technique utilisée pour substituer la production de plants qui est coûteuse. Elle consiste à repérer une espèce donnée par le producteur, à tailler les rejets pour ne conserver que le plus vigoureux, et à l’entretenir afin qu’il puisse se développer normalement » a-t-il expliqué.

Nikiema Irrisa, chef de l’unité de Galo, a ajouté « Grâce aux formations, nous avons appris à tailler les rejets vigoureux et à aménager le pied des arbres ». Boumba Soumana Tampary a précisé qu’au niveau national, le PIDACC/BN a déjà restauré plus de 3 000 hectares de terres dégradées, dont 1 500 hectares de parcelles cultivées et 1 200 hectares de dunes fixées.

Un modèle de gestion et de pérennité
Au-delà de la région du Nando, le PIDACC/BN affiche des résultats concrets. Moïse Kwamé Badiel, responsable suivi-évaluation, a indiqué « À ce jour, nous enregistrons un taux d’exécution physique de 55 %.
Le programme a déjà permis la réalisation de trois grands bouli d’une capacité de 25 000 m³ chacun, sécurisant l’abreuvement du cheptel ». Le coordonnateur Thiao Oumar Dicko souligne que le Burkina Faso fait figure de modèle sous-régional avec plus de 350 projets communautaires exécutés.

La question de la pérennité est au cœur des préoccupations. Yaya Wibga, responsable infrastructures du PIDACC, a souligné que malgré le contexte sécuritaire difficile, 86 % des ouvrages hydrauliques communautaires sont achevés ou en réception.
Pour éviter le syndrome des « projets sans lendemain », le coordonnateur rassure. « Le PIDACC/BN n’a pas pour vocation de laisser des infrastructures sans gestionnaires. Nous cartographions chaque site pour les remettre officiellement aux communes et aux comités de gestion locaux, formés à la gestion financière », a-t-il souligné.

Alors que le programme se projette vers 2027, le Burkina Faso réaffirme sa volonté de faire de ces réalisations des outils de souveraineté durable. La mise en œuvre du PIDACC/BN repose sur une collaboration étroite entre la Banque Africaine de Développement (BAD), le Fonds Vert pour le Climat et l’État burkinabè, qui assure un portage politique et financier constant au sein de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN).
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Akim KY
Burkina 24




