PIDACC/BN au Burkina Faso : Une réponse intégrée pour la résilience climatique, la restauration des terres et la souveraineté agropastorale
Au Burkina Faso, dans les régions du Nakambé, d’Oubri et du Nando, le Programme Intégré de Développement et d’Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN) déploie ses actions pour transformer le quotidien des producteurs et protéger les écosystèmes. Ce programme repose sur une stratégie tripartite : renforcer la résilience des écosystèmes, celle des populations et faire face aux défis climatiques.
Dans la ville de Koupéla, dans la région du Nakambé, une station synoptique (station météorologique) est installée pour le compte de la commune de Bascouré, dans le cadre du Programme Intégré de Développement et d’Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN).

Cette infrastructure, munie de capteurs pour mesurer la température, la vitesse du vent et les précipitations, collecte, analyse et archive des données pour le suivi du climat. Ce dispositif fournit des informations techniques aux producteurs locaux, leur permettant d’anticiper les variations saisonnières.

La portée technique de cet investissement est mise en lumière par le superviseur des animateurs du PIDACC/BN, David Pouya. « C’est un outil qui vise à accompagner les producteurs. Nous collectons des données précises pour anticiper la saison agricole. Avec cet équipement, nous pouvons atteindre 80 à 90 % de fiabilité dans nos prévisions », a-t-il indiqué.

L’objectif du programme est de former les paysans des provinces du Namentenga, du Gourma et de la Gnagna pour qu’ils puissent intégrer ces données dans leurs activités. Gédéon Kéré, animateur du PIDACC/BN à Bascouré, observe un changement d’habitudes. « Avant ces prévisions, nos cultivateurs travaillaient sans ces données. Aujourd’hui, ils reçoivent les informations diffusées sur les radios communautaires pour ajuster leurs travaux champêtres », a-t-il confié.

Dans le village de Nakaba, le PIDACC/BN a diversifié ses interventions. Le programme articule son action autour de trois axes : la résilience des écosystèmes, la résilience des populations et l’adaptation climatique.

À Nakaba, un bouli « retenue d’eau pastorale», d’une capacité de 25 000 cm³, est érigé pour un coût de 90 millions de FCFA. Cet ouvrage répond à une pression pastorale importante. Niodogo Noraogo Dieudonné, président du comité de gestion, témoigne du changement majeur apporté par cet investissement.

« Avant, à partir de décembre, nous utilisions les fontaines destinées aux humains. Cet ouvrage permet d’abreuver plus de 100 000 têtes de bétail », a-t-il affirmé.
Dans la commune de Kando, à Soalga, un ouvrage similaire est en cours de réalisation par le PIDACC/BN. Michel Yaméogo, président du comité de gestion, illustre les tensions d’autrefois. « Avant, les puits traditionnels ne suffisaient pas et généraient des conflits entre usages domestiques et abreuvement du bétail », a-t-il témoigné.

Madeleine Kaboré, bénéficiaire à Soalga, souligne l’impact direct sur la vie des riverains. « Nous avons subi des pertes en raison de la pénurie d’eau. Ce point d’eau a contribué à améliorer nos conditions de vie », a-t-elle déclaré.

À Nakaba et à Salogo, région du Nakambé, le programme a initié la récupération de 40 hectares. L’utilisation de la charrue « Delphino » et la mise en place de cordons pierreux afin de limiter le ruissellement et récupérer les sols dégradés. Frédéric Ouédraogo, lieutenant des Eaux et Forêts, décrit l’utilité de ces méthodes de conservation.

« Les cordons pierreux vont permettre de retenir un tant soit peu l’eau dans les champs et permettre aux semences de bien croître. Et par rapport au bosquet, nous savons tous que avec l’urbanisation, les espèces forestières sont en train de disparaître. Et si nous arrivons à mettre un bosquet sur place, nous pourrons récupérer certaines espèces, y planter là-bas et ça va servir à la génération future », a-t-il précisé.

La dimension genre est au cœur de ces réalisations. Le PIDACC/BN intègre les femmes dans les comités de gestion, où elles participent activement à la prise de décision, garantissant une gestion inclusive des infrastructures.
Blâmi Diallo, point focal de PIDACC à la Direction Générale des Ressources en Eau et de l’Hydraulique (DGREH), insiste sur les exigences de durabilité. « Nous veillons à une bonne exécution des activités. Nous recommandons toutes mesures correctives idoines pour la bonne mise en œuvre du PIDACC/BN dans les échéances requises », a-t-il déclaré.

Pour constater l’impact des investissements réalisés, une mission conjointe de supervision de la coordination stratégique du PIDACC/BN et du réseau des journalistes est déployée du 13 au 17 juillet 2026 dans les zones du bassin du Niger et du projet REDD+. Cette immersion a permis d’évaluer la qualité des réalisations, de recueillir les témoignages des bénéficiaires et d’identifier les besoins d’entretien pour assurer la pérennité des ouvrages.

Le PIDACC/BN est une initiative régionale visant à inverser la dégradation des ressources naturelles dans neuf pays : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Ses objectifs sont de lutter contre l’ensablement du fleuve, d’appuyer la gestion partagée des ressources en eau et de renforcer la résilience des populations.

Le programme s’articule autour de trois composantes : le développement de la résilience des écosystèmes, le développement de la résilience des populations à travers des infrastructures multiples (barrages, boulis, périmètres irrigués, fermes piscicoles) et le renforcement des capacités locales par des mesures d’accompagnement social.
Au Burkina Faso, le programme intervient dans neuf régions stratégiques : le Liptako, le Soum, le Goulmou, la Sirba, la Tapoa, le Nakambé, les Koulsé, l’Oubri et le Guiriko. En ciblant les zones du bassin du Niger, le programme sécurise les moyens de subsistance, améliore la productivité agropastorale et protège l’environnement face à l’urgence climatique.
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Akim KY
Burkina 24




