Gestion des inondations au Sahel : Le projet SLAPIS révolutionne l’anticipation des crues dans le bassin de la Sirba
Couvrant plus de 600 kilomètres de réseau fluvial transfrontalier entre le Burkina Faso et le Niger, le Système Local d’Alerte Précoce pour les Inondations au Sahel (SLAPIS-Sahel) redéfinit les standards de la gestion des risques hydrologiques en Afrique de l’Ouest. Financé par l’Agence Italienne de Coopération au Développement (AICS), ce projet d’avant-garde permet de modéliser avec précision les zones inondables jusqu’au niveau des habitations et d’offrir une anticipation de plusieurs jours face aux crues dévastatrices de la rivière Sirba.
Réuni à l’Agence Nationale de la Météorologie (ANAM) à Ouagadougou ce 21 juillet 2026, le comité de pilotage, les experts et les représentants des communes riveraines s’attellent à valider les données de terrain recueillies dans les zones les plus vulnérables.

Au cœur de cette dynamique, le coordinateur du projet SLAPIS, Maurizio Tiepolo, a insisté sur la dimension pionnière et intégrée de l’initiative. S’exprimant sur l’envergure opérationnelle du dispositif, il a mis en lumière la complexité de ce vaste bassin partagé entre les deux pays.
« Dans ce vaste bassin de plus de 600 km de réseau fluvial, on peut définir quels sont les bâtiments inondables selon la profondeur de l’eau. C’est véritablement une première pour la zone. L’alerte précoce offre désormais aux communautés plusieurs jours d’anticipation pour s’éloigner du danger, mettre en sécurité les biens et préserver les vies humaines», a indiqué, Maurizio Tiepolo, Coordinateur du projet SLAPIS.

Cette capacité d’anticipation marque une rupture radicale avec les systèmes réactifs du passé, transformant la protection civile le long du fleuve Niger et de la Sirba. Pour nourrir ce modèle prédictif hautement sophistiqué, des investigations rigoureuses ont été menées dans les communes prioritaires identifiées comme particulièrement exposées aux débordements et à l’intensité des pluies : Bartiébougou, Boundoré, Mansila, Sebba et Solhan. Ces enquêtes de terrain ont permis de cartographier l’historique des crues, d’évaluer la fragilité des infrastructures et de quantifier les capacités locales d’adaptation.

C’est précisément l’objet de l’atelier de deux jours qui s’ouvre ce mardi 21 juillet 20206 à Ouagadougou pour confronter la modélisation scientifique à l’expérience empirique des communautés de base et des collectivités territoriales.

Abondant dans le sens de l’ancrage territorial, le Président de la Délégation Spéciale (PDS) de la commune de Sebba, Moussa Sawadogo dit Éric, a salué à sa juste valeur l’initiative d’un tel projet qui vient à point nommé renforcer la capacité des acteurs locaux dans la prévention des risques d’inondation qui menacent directement les populations de sa commune.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du Ministre d’État, Ministre de l’Administration Territoriale et de la Mobilité, la Secrétaire Générale Adjointe du ministère, Kiswendsida Alice Ouédraogo, a salué cette alliance stratégique entre science, institutions et savoirs locaux.
« Les inondations figurent parmi les catastrophes naturelles les plus dévastatrices, compromettant les efforts de développement durable. La qualité et l’efficacité d’un système d’alerte précoce reposent sur la fiabilité des données et la confiance entre institutions, scientifiques et communautés de base», a-t-elle confié.

En associant étroitement les services techniques de l’État, les autorités locales du Burkina Faso et du Niger ainsi que les partenaires scientifiques italiens, le projet SLAPIS-Sahel s’affirme comme un modèle achevé de gouvernance partagée face aux défis climatiques.
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Akim KY
Burkina 24




