Restaurant universitaire : De 70 à 65 plats par mois, les étudiants partagés à l’Université Joseph Ki-Zerbo

Dans un communiqué daté du 11 février 2026, le Centre National des Œuvres Universitaires (CENOU) a annoncé la réduction du nombre de plats mensuels servis par étudiant, passant de 70 à 65. La mesure entrera en vigueur à compter du 1er mars 2026.
Premiers concernés, les étudiants affichent des avis partagés. Pour Ismaël Pingdewedé Zida, étudiant, la décision est compréhensible. Selon lui, la réduction du nombre de plats peut aider les étudiants à se concentrer davantage sur leurs études.

« Nous sommes en période de révolution. Ce n’est pas la nourriture qui compte le plus actuellement. Le nombre de plats réduit est largement suffisant pour un révolutionnaire qui veut construire un Burkina meilleur », explique-t-il. Pour lui, cette mesure s’inscrit dans la logique de changement prônée par la Révolution.

À l’opposé, Ana Steva Ouattara, étudiante, se dit inquiète. Pour elle, même avec 70 plats par mois, il était déjà difficile de manger à sa faim. « Les 70 plats ne nous suffisaient pas déjà. Maintenant que c’est réduit à 65, ça va être compliqué, parce que moi, je prends souvent trois plats par jour, je mange beaucoup », confie-t-elle.
Lire également 👉Restaurants universitaires de Ouaga : L’insatisfaction toujours au menu
Boureima Congo, étudiant, partage cet avis. Il estime que la mesure aura un impact important sur les étudiants. « Cette décision va beaucoup nous pénaliser. Habituellement, je prends trois plats par jour, mais il m’arrive de me limiter à deux plats pendant une dizaine de jours dans le mois, faute de quota. Je dois alors attendre le mois suivant pour reprendre normalement », explique-t-il.

De son côté, Evelyne Sawadogo ne considère pas cette réduction comme un véritable problème, tout en exprimant sa compassion pour certains étudiants.
« Pour moi, la réduction n’est pas si grave, car je mange aussi à la maison en plus du restaurant universitaire. Mais pour ceux qui vivent en cité universitaire et qui dépendent uniquement du RU, cela peut poser problème. Cette diminution risque de les gêner, même si, globalement, je pense que c’est une mesure normale », nuance-t-elle.

En guise de perspectives, certains étudiants proposent des alternatives. Boureima Congo suggère notamment une augmentation du FONER afin d’améliorer les conditions de vie estudiantines.
« Un plat coûte normalement 600 francs CFA. S’ils multiplient ce montant par le nombre de plats et ajoutent cette somme au FONER, on pourrait même envisager la suppression du restaurant universitaire », propose-t-il.
Daouda ZONGO (stagiaire)
Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24





