Ballet Dunia : La jeunesse burkinabè électrise la scène avec une création engagée

Le Centre de Développement Chorégraphique La Termitière (CDC-La Termitière) a accueilli, le jeudi 23 avril 2026, la première représentation de Ballet Dunia, une création chorégraphique contemporaine qui met en lumière douze jeunes danseurs burkinabè engagés dans une aventure artistique et humaine intense.
Dirigé par Salia Sanou, chorégraphe et directeur du CDC La Termitière, ce projet se positionne comme un véritable tremplin professionnel pour des artistes issus de formations en danse. « Le ballet est une cellule d’insertion professionnelle qui permet à ces jeunes de trouver leur voie et d’entrer pleinement dans le champ professionnel », a-t-il souligné.

Pendant près d’une heure, les douze danseurs ont livré une performance marquée par une intensité physique et émotionnelle. À travers des mouvements à la fois fluides et puissants, ils ont traduit des réalités sociales complexes, donnant corps à des thématiques telles que l’égalité entre les sexes, l’inclusion sociale et la cohésion.
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La première pièce, Chant d’amour, s’est imposée comme une création collective symbolique. Sur scène, les corps se croisent, se cherchent et se répondent dans un dialogue constant, évoquant les territoires, les liens humains et la nécessité du vivre-ensemble.
« Le champ, c’est à la fois l’espace où nous vivons et celui qui nous permet de dialoguer avec l’autre », a expliqué Salia Sanou, mettant en avant une œuvre ancrée dans la résilience et l’espoir porté par la jeunesse.

La seconde pièce, D’un rêve, plonge le spectateur dans une réflexion plus introspective. Inspirée du célèbre discours de Martin Luther King Jr., elle interroge la condition du corps noir dans le monde contemporain. À travers une gestuelle expressive , les danseurs incarnent les tensions, les luttes et les aspirations liées à l’identité. « Le corps noir peut raconter beaucoup de choses », a affirmé le chorégraphe.
Au-delà de la performance, le projet a mobilisé plusieurs acteurs institutionnels. Représentante le ministre en charge de la Culture, Marguerite Doanio, a salué une initiative qui permet à la jeunesse de s’exprimer et de se frayer un chemin dans le monde de la danse contemporaine, tout en rappelant que la souveraineté culturelle passe par des actions concrètes.

Du côté des partenaires, la satisfaction est également manifeste. Crépin Kaboré, représentant du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT), s’est réjoui de la qualité de la restitution.
« Nous avons vu la preuve que les écoles de formation en danse au Burkina Faso peuvent faire des merveilles et que cette jeunesse est prête à relever les défis », a-t-il dindiqué.

Encadrés par une équipe artistique composée de Salamata Kobré, Idrissa Kanfando et Ousseni Dabare, les danseurs ont bénéficié de plusieurs mois de recherche et de création, aboutissant à une œuvre aboutie, à la fois esthétique et engagée.
Après cette première, Ballet Dunia entamera une tournée nationale de mai à juillet 2026, notamment à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, ainsi que dans des camps de personnes déplacées internes. Une démarche qui traduit une volonté forte de rapprocher l’art des populations et de rendre la culture accessible à tous.
Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24




