Fraude dans les zones frontalières, un phénomène dur

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Les régions de l’Est et du Centre-est, frontalières au Niger, Bénin et Togo connaissent un trafic commercial important qui ne se fait pas toujours dans le respect des normes établies en matière de commerce ou d’importation.

Une équipe des douaniers de la brigade mobile de Tenkodogo.

Les services des douanes chargés de sécuriser les transactions commerciales sont confrontés permanemment et partout dans le pays et plus particulière des les zones frontalières, à une contrebande de produits de toutes sortes, que certains commerçants, entrepreneurs, Hommes d’affaires ou simples citoyens tentent de faire rentrer le circuit commercial au Burkina.

Des produits alimentaires ( huile, sucre…), du carburant, des engins (bicyclettes,  mobylettes…), toutes les marchandises ou presque font l’objet de fraude. Nous avons pu visiter une zone frontalière les 14 et 15 novembre derniers et avons relevé les défis de nos bérets noirs.

Face aux efforts des douaniers pour contrecarrer toutes les formes de fraude, les faussaires inventent des techniques dans l’optique de pouvoir tromper leur vigilance. C’est ainsi qu’ils enfouissent par exemple des bidons d’essence dans des sacs de charbon, les sacs de charbon n’étant susceptibles d’être contrôlés par les agents des douanes. Une fois ces bidons découverts et saisis, les fraudeurs menacent  de les enflammer si les douaniers ne les leur rendent pas.

Des bidons de carburant saisis par la brigade mobile des douanes de Fada N'Gourma.

La même technique serait utilisée avec les produits alimentaires enrobés dans d’autres marchandises dédouanées ou hors douane. Les bicyclettes, elles, sont démontées de toutes pièces et chargées dans des paquets dissociés ou des véhicules différents ; cela ne donne pas l’impression d’une marchandise importante.

Les plus téméraires enfourchent leurs mobylettes et traversent les villes à très vive allure, ou traversent quelques fois la brousse à leurs risques et périls. En toute vitesse, ils sont convaincus que les douaniers ne vont pas les arrêter ou ne pourront pas le faire.

«Et effectivement nous ne pouvons pas les poursuivre au risque qu’ils ne chutent. Ils viennent parfois avec des engins déjà immatriculés BF (Burkina Faso) en attendant de compléter le  numéro», affirme un des douaniers avec lesquels nous nous sommes entretenus à Tenkodogo.

Malgré toutes ces astuces, les agents sont très souvent parvenus à dénicher des marchandises fraudées, en développant eux aussi, un flair et des techniques nouvelles. Une chose est certaine, le butin est impressionnant à la brigade mobile des douanes de Tenkodogo ainsi que celle de Fada N’Gourma.

Une des techniques utilisées par les fraudeurs c'est l’enfouissement des bidons d'essence dans des sacs de charbon.

En sus des techniques usuelles, les fraudeurs utilisent également des armes, souvent, de fabrication artisanale pour se défendre lors des contrôles des services des douanes. Beaucoup de cas ont été constatés et un grand nombre d’armes saisies.

Les services des douanes nous ont expliqué que leur travail est rendu difficile à cause du développement des technologies de communication qui permettent aux fraudeurs d’être au parfum de leurs itinéraires afin de les esquiver. La mise en service des scanners de marchandises et bien d’autres mesures en cours (plus de personnel et de moyens techniques), permettront sans doute de réduire considérablement l’incidence de la fraude sur l’économie nationale.

Ce véhicule intercepté est surchargé de produits frauduleux.

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