Kemi Seba « l’africain de demain c’est celui qui est capable de proposer et non simplement de s’opposer ».

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Kemi Seba
Kemi Seba

Comme chaque 25 mars depuis 2007, le 25 mars dernier se tenait la journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Cette année elle a été commémorée sans grand bruit médiatique si ce n’est un silence assourdissant des médias accaparés par la couverture d’autres éléments de l’actualité. Dans ce cadre, Burkina 24 vous offre à lire l’interview de Kemi Seba polémiste, activiste panafricain comme il se présente lui-même. Lisez plutôt.

 Pour ceux de nos lecteurs qui ne vous connaissent pas, dites nous succinctement Qui est Kemi Seba.

En quelques mots, Kemi Seba, polémiste et activiste panafricain, quelqu’un qui tente de faire bouger les lignes par le débat d’idées, qui provoque parfois la colère des oligarchies occidentales, quelqu’un qui lutte contre la négrophobie mais qui ne lutte pas en se plaignant mais plutôt en tentant de responsabiliser les nôtres, en étant dans une démarche d’autodétermination , d’anti-victimisation  et de virilité au sens moral que j’appelle l’éthique.

Je mène un combat panafricain depuis désormais treize ans. Je l’ai commencé en 1999, je n’avais pas encore 18 ans.

Je suis passé par plusieurs phases, une phase d’abord d’opposition viscérale aux autorités occidentales, opposition qui m’a mené en prison suite à mes dénonciations virulentes du système inégalitaire en France vis-à-vis de la population Africaine.

Puis, je suis passé à une deuxième étape qui n’aurait pas pu être possible sans la première en l’occurrence une logique de proposition. On part du principe que s’opposer pour s’opposer ne sert à rien, l’opposition n’est vivante qu’à partir du moment où elle est suivie de propositions. C’est dans ce cadre que nous avons théorisé et mis en application le panafricanisme de construction et depuis deux ans, je suis installé ici où nous avons créé un village autonome panafricain qui réuni des africains du continent, de la diaspora, des Antillais, des Haïtiens, etc. qui ont tous comme objectif de vivre de façon indépendante leur panafricanisme.

On vous présente comme un anti-impérialiste, un antisioniste et un panafricaniste. Comment vous définissez vous ?

Je suis comme je le dis, un panafricain viscéral, je considère le panafricanisme non comme seulement une discipline politique mais comme un art, comme une démarche transcendantale, une nécessité pour nous autres. Pour moi, le panafricanisme est aussi important pour l’Africain que l’oxygène l’est pour l’être humain. Si on n’a pas la compréhension qu’il faut voir continentalement parlant les choses, on n’avancera jamais. C’est ma perception et c’est ce qui fait que je me dédouble beaucoup plus pour cette démarche, je tente de le faire en tout cas.

On va dans tous les endroits répandre le message, car je suis conférencier ici, je fais un certain nombre de conférence dans la région d’Afrique de l’ouest, dans les plus grandes universités. Partout où j’ai la possibilité de parler pour donner ce message, c’est un message de panafricanisme que je donne.

Maintenant antisioniste, c’est parce que je ne peux pas être panafricain et accepter l’apartheid. L’apartheid qu’il y a en Palestine occupée ne peut être acceptée ni par ma propre personne, ni par les êtres dotés de raison. Ce qui ne veut pas dire que je suis palestinolâtre, je n’adule pas la Palestine, je sais qu’il y a du racisme aussi là-bas, il y a des noirs qui ont vécu en Palestine pour qui ce n’était pas facile, c’est des choses qu’il faut dire mais, je n’accepterai jamais l’apartheid que subissent les palestiniens globalement, d’un point de vue éthique.

Anti-impérialiste je le suis car je n’accepterai jamais que l’oligarchie noire ou blanche puisse décider du destin de millions d’autres personnes qui n’ont pas voter réellement pour ces derniers.

 Quel est le sens de votre engagement ?

Je pars du principe que je suis quelque de né dans la diaspora qui s’il avait décidé de rester dans son confort personnel, car je suis fils de médecin et de cadre infirmière, j’avais un destin qui était tout tracé, si je l’avais donc voulu je serai aujourd’hui a Paris peut être avocat ou autre, c’est ce à quoi on m’a engagé car on devait me payer des études de droit aux USA.

Mais j’avais une autre mission, celle que je pense la plus importante, celle qui me parlait, qui est en adéquation avec certaines choses que j’avais vécu durant mon enfance. J’avais observé ce qu’était la négrophobie, le racisme anti-noir, anti-africain, j’avais compris les dégâts que cela pouvait causer et j’avais décidé d’être, non pas un avocat avec une robe à l’occidental mais un avocat du terrain, de mon peuple et défendre cette cause de revalorisation du Noir qui est blessé dans son estime, dans son image et dans sa dignité. C’est dans ce cadre là que je me suis engagé, et j’étais on va dire beaucoup plus virulent au départ, stratégiquement car, on dit toujours que c’est la promotion par le scandale qui fait qu’on peut se faire entendre lorsqu’on est dissident.

Par la suite, dès lors que j’ai réussi à me faire entendre, j’ai pu montrer mon vrai visage qui n’est pas celui d’excité comme certains aimeraient croire mais, plutôt celui de quelqu’un qui est profondément décidé à changer les choses pour les siens.

Ce qu’on fait ici aujourd’hui, les centaines d’emplois que nous créons, l’énergie que nous dépensons, cette démarche que nous avons d’informer et de conscientiser les gens par notre radio panafricaine afro-insolent, c’est une démarche d’indépendance, d’auto-entreprenariat, d’anti-impérialisme viscéral.

C’est ce pour quoi nous vivons, ce pour quoi nous nous battons et il y a autour de nous des gens, comme certains joueurs de foot de l’équipe nationale du Sénégal qui soutiennent notre démarche, nous sommes aussi proches de personnes comme le frère Didier Awadi qui est mon ami et mon grand frère ; proches de la maman Aminata Traoré et d’autres personnes qui se battent dans ce cadre de revalorisation et qui comprennent que le combat qui est le mien est un combat qui s’inscrit dans la durée, et dans la lignée de ceux qui m’ont précédé.

Le politologue Stéphane François résume votre posture politique comme celle d’un « racialiste intégral qui a renversé la pyramide raciale élaborée au xixe siècle : le peuple civilisateur n’est plus celui des Aryens, mais l’Africain noir ». Vous reconnaissez-vous dans cette définition ?

Pas du tout, mais bon chacun son paradigme. Monsieur François parle de racialisme parce que son peuple a inventé la notion de race, ce n’est pas le mien qui l’a inventé.

Moi je suis panafricain et je parle du fait qu’en effet, il y a différentes familles humaines, c’est marqué dans les livres. Et ces différentes familles humaines peuvent se connaitre, se comprendre, mais je pars du principe qu’il faut garder ses propres particularités. Ca c’est un premier fait et le mondialisme qui nous pousse à tous nous mélanger, perdre nos identités, nous déracinera et nous tuera, c’est ce que je pense sincèrement. Ce qui ne veut pas dire que l’amour entre différents peuples n’est pas possible.

Ensuite s’agissant du fait que je dis que l’Africain noir est le civilisateur je ne suis pas le premier à le dire, Cheick Anta Diop et d’autres personnes l’ont dit avant moi et je pense que c’est quelque chose qui a besoin d’être entendu.

Hérodote qui n’était pas noir, disait que les civilisateurs étaient les égyptiens, et ces égyptiens là étaient noirs. Maintenant quand ça sort de la bouche d’un militant politique ça ne le fait pas, parce qu’on aime bien dire que les noirs c’est que la bamboula Fever mais en aucun cas de la civilisation ; et bien moi je m’inscris en faux contre cela.

On vous a souvent présenté notamment la presse sénégalaise, comme le Malcom X du 21e siècle. Quel est votre sentiment par rapport à cela ?

Moi c’est quelque chose qui me gêne dans le sens où vous savez lorsque Malcom X était lui-même vivant, on disait de lui qu’il ’était le Marcus Garvey des années soixante ; ensuite on a dit de ceux qui ont succédé à Malcom qu’ils étaient les Malcom des années 70, etc.

Moi je suis Kemi Seba, je suis fils de Malcom, de Rap Brown, fils de Sankara, de Lumumba mais je ne suis pas ces derniers. Je suis Kemi Seba de la même manière que ceux qui me suivront ne seront pas Kemi Seba mais seront les fils de.

On fait partie d’une chaine, d’une lignée, je m’inspire du combat de mes ainés, on fait face aujourd’hui nous même à d’autres difficultés, j’ai notamment la section anti terroriste en occident sur le dos, j’ai certains Etats qui sont contre moi, Sarkozy m’a mis en prison pour des idées politiques et pas pour autre chose et donc on a chacun notre lot de difficultés. J’aime profondément mes ainés et je les honore a chaque larme que je verse, je mène mon combat, je suis Kemi Seba combattant panafricain activiste en ces temps modernes certes.

Lorsque vous résidiez en France, vous aviez été à l’origine de deux mouvements qui ont été par la suite interdits, il s’agit de la Tribu Ka et de la Génération Kemi Seba. Parlez-nous-en ?

Il y’en a eu deux autres par la suite, dont Jeunesses Kemi Seba qui ont été interdits sauf que ça a été présenté comme la reconstitution de mouvements interdits et dissouts. Ce sont des mouvements qui défendaient les droits des noirs.

Tout allait bien jusqu’à ce qu’en 2006, je décide d’aller répondre à des gens protégés par l’Etat qui sont la ligue de défense juive classée comme organisation terroriste aux Etas Unies, et qui jouie d’une profonde impunité en France car la plus part des membres de ces organisations terroristes sont des fils ou des neveux de ministres, donc protéger politiquement, il faut le préciser.

Ces gens là poignardent des policiers, des commissaires et tout ce qu’ils veulent en France, tout le monde le sait et personne ne dit rien. Donc  ils ont tabassé des noirs durant l’année 2006 suite à la mort d’un juif nommé Ilan Halimi. Et moi, quand on touche à des noirs, je réagis tant que faire se peut, quand c’est nécessaire. Et donc on a réagi, j’ai emmené 50 membres de mon mouvement la tribu ka, aller chercher ces gens là qui lançaient des menaces de mort à tout le monde, pour leur demander d’arrêter leur cinéma. Le fait de s’en prendre à eux a fait en sorte que l’Etat nous tombe dessus et ils ont présenté ce qui était à la base une démarche de défense comme une démarche d’attaque ; et c’est devenue une soit disant action terroriste. Action terroriste dans laquelle il n’y a pas de blessés, pas d’armes car ça a été filmé, ce n’est pas une action terroriste, c’est une action politique. C’est donc à partir de là que les ennuis politiques et judiciaires ont commencé ; le mouvement a été interdit et tous les mouvements que j’ai initié ensuite après ont été systématiquement interdits.

C’est la première fois dans la 5e république en France, qu’un mouvement politique noir est interdit ; c’est ma fierté en réalité car ça prouve que le discours dont il s’agit dérange. Par la grâce de Dieu en 2010 j’ai été nommé responsable ministre francophone (représentant international francophone) du New Black Panther party qui est l’organisation qui m’a toujours inspiré depuis mes débuts et qui a des antennes partout à l’international.

Vous qui êtes nés en France, pourquoi vous être établi au Sénégal ? Est-ce lié à vos ennuis judiciaires ?

Ce n’est pas dû à mes ennuis avec la justice, parce que bien avant, avec  la société dont je suis le porte parole Afrikan Mosaïque et qui m’a engagé depuis 2009, il était prévu que je rentre au Sénégal, lieu ou la société avait posé les pieds pour des raisons de cadre, de facilités administratives, d’espace et aussi pour des raisons historiques : c’est la terre de Cheick Anta Diop, Cheick Amadou Bamba et de personnes qui sont tutélaires d’un combat de valorisation de notre identité africaine.

Donc lorsqu’on m’a engagé et que j’ai accepté, j’ai voulu rejoindre le Sénégal et c’est à ce moment que les autorités françaises m’ont interdit de sortie du territoire, pensant que je venais chercher des financements pour revenir financer la soit disant guérilla urbaine, car me sachant en contact avec un riche homme d’affaire Africain en la personne de Fred Kano promoteur d’Afrikan Mosaïque ; et j’ai donc été assigné à résidence pendant un an et demi et ils ont essayé de taire ça médiatiquement.

Au bout d’un moment, je me suis dit que les nègres marrons partaient de la plantation sans autorisation, je suis un nègre marron du 21e siècle donc personne si ce n’est Dieu, ne peut m’empêcher d’aller là où je dois aller et donc ce qui était prévu avant mes ennuis judiciaires, je l’ai accompli, j’ai brisé mon contrôle judiciaire et je suis parti hors de France et je suis rentré dans mon pays.

Et au final, la France qui pourrait dès maintenant vouloir me faire rentrer s’est dit que c’est un mal pour un bien que je sois parti puisque je suis dans mon espace. Ils ont moins la pression en apparence dans leurs banlieues et ce qu’ils ne savent pas ou certainement qu’ils savent en réalité, c’est que beaucoup de choses se fait ici, ils entendent chaque semaine mon émission radio, les conférences qu’on fait ici, mais quand ils pèsent les deux, ils se disent qu’ils ne préfèrent pas en tout cas m’avoir en France, et donc tout le monde est content.

Qu’est ce que Afrikan Mosaïque?

C’est une entreprise, la première à mon sens panafricaine, une société anonyme de droit sénégalais, qui a investit aujourd’hui plus de 500 000 euros pour des projets locaux ici. Nous construisons des villages panafricains autonomes, nous partons du principe que l’africain qui s’oppose c’est le panafricanisme du passé, mais l’africain de demain c’est celui qui est capable de proposer et non simplement de s’opposer.

On propose des alternatives en étant présent sur le terrain de l’écologie, de la création d’emplois.

C’est une société qui vit par le système d’actionnariat, plus ya des gens qui viennent (et ce sont des gens que je fais venir par ma radio afro-insolent), plus il y a des gens qui investissent dans la société, plus on a la possibilité de créer des emplois ici. C’est une démarche qui est la nôtre, une démarche d’intelligence, de réflexion et ce sont des pépinières de ré-enracinement pour ceux qui sont dans cette démarche du back to Africa et de contribuer à faire bouger cette Afrique, la faire avancer et lui rendre ce qu’elle nous a donné au commencement. C’est donc une démarche simple, saine, noble, celle dans laquelle on se situe.

Parlez nous de votre radio Afro-insolent.

C’est la première radio panafricaine sur internet, et qui est dans une démarche du mélange entre provocation et information. C’est-à-dire qu’on a compris que tout marche par électrochoc malheureusement dans le combat politique donc on mélange une dose de sulfure à une démarche d’information profonde et d’analyse géopolitique précise.

La radio, ce cocktail détonnant est quelque part la synthèse de mon combat, je me suis fait connaitre par le scandale mais aussi par le message de conscientisation que je donne à la jeunesse qui est moins sulfureux lorsqu’on gratte ; c’est ce qui a donné cette radio. Il y a des programmes très vastes, des émissions diverses animées par des femmes et des hommes de la diaspora ou du continent

Quel commentaire faites-vous de la façon dont les élites africaines entendent édifier une Afrique unie et qui du reste tarde à aboutir?

Moi, leur façon ne me parle puisque j’ai l’impression que leur agenda est dicté par d’autres et j’ai du mal à voir une Afrique unie avec des gens comme Blaise Compaoré, Sassou Nguesso, Joseph Kabila et bien d’autres personnes qui moi personnellement ne me parlent pas et même Macky Sall, j’ai beaucoup de recul là dessus.

Kadhafi qui était pour moi le dernier grand porteur de ce projet, assassiné, j’ai du mal à voir en ceux que j’ai cité, les porteurs de ce projet. Je pense que ça viendra de la société civile, de diverses personnes, des gens comme les frères du collectif y en a marre, comme Didier Awadi, comme Aminata Traoré, comme moi et d’autres qui se battent avec leurs moyens pour faire avancer le débat.

On a vu une Afrique pratiquement invisible lorsque la l’OTAN a outrepasser son mandat qui était de protéger les civils et non de renverser un régime ?

Moi je sais qu’aujourd’hui au stade où on en est, l’Afrique ne peut s’en sortir qu’à partir du moment où le peuple prend en compte la véritable information. J’ai vu des gens déçus de la mort de Kadhafi, des gens pleurer, des gens qui se sont senties trahies, mais le problème de ces gens c’est qu’ils ne sont pas acteurs ou ne veulent pas ou pensent ne pas pouvoir être acteurs de ce combat politique ; Or, l’histoire ne changera qu’à partir du moment où nous serons dans une démarche d’action en comprenant que nous sommes aussi des acteurs et non plus seulement des spectateurs de cette histoire.

Il y a des manifestations ; y’en a eu quand Gbagbo a été arrêté par des gens qui n’avaient pas le droit de l’arrêter quoi qu’on puisse penser de lui, il y a plein de  choses qu’on peut lui reprocher, mais il n’avait pas à se retrouver à la Haye et de l’autre côté Ouattara se retrouver innocenté parce que dans les deux camps y a eu des problèmes, Ouattara étant plus proche de l’oligarchie européenne, une chose qu’il faut dire et que je condamne. Beaucoup de gens ont réagit, se sont indignées, il est temps je pense que ces gens accèdent à la responsabilisation et comprennent qu’ils peuvent eux même changer les choses en se fédérant, en s’unissant, en rejoignant les voix véritablement dissidentes et je pense que les choses changeront.

Quels sont les projets de Kemi Seba ?

C’est de mener à bien ce dans quoi je suis déjà installé. Comme je le disais, la radio afro-insolent marche et je veux qu’elle marche encore plus, qu’Afrikan Mosaïque avance, je veux qu’il y ait de plus en plus d’actionnaires qui soutiennent cette société et ce genre de société qui feront que notre peuple pourra se lever.

Quel est votre mot de la fin ?

Le mot de la fin c’est dire aux Burkinabè que je les aime profondément, quand chacun d’eux se met en Sankara, et que ce sont ces Burkinabè qui donnent foi au continent africain, ces sankaristes du réel ; mais pas ces sankaristes qui se disent sankaristes mais qui de son vivant le critiquaient. Et j’espère que tôt ou tard, les gens qui ne sont pas à leur place pourront être débusqués pour que la justice puisse être de nouveau installée.

Interview réalisée par Youssouf Bâ

Correspondant de B 24 à Dakar

Il y a 4 commentaires

  1. Kemi Seba veut un capitalisme africain lib?r? des influences ext?rieures. C’est dommage. Ses anc?tres n’en voulaient pas, lui, il se soumet ? la modernit?. Tant pis pour l’Afrique.

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Youssouf Bâ

Juriste, Spécialisé en Droit de l'Intégration. Journaliste, Poète.

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