CHRONIQUE DU WEEKEND – Devenez, vous aussi, maître de l’art oratoire !

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Prendre la parole en public est une rude épreuve pour bon nombre de personnes. Pourtant, il existe des règles simples pour surmonter la peur de parler, pour faire une allocution qui restera gravée dans la mémoire de l’assistance, en un mot, pour séduire et convaincre un public.

Tout d’abord, il importe de souligner qu’un grain de charisme est nécessaire à la réussite d’un discours. Savoir discerner les attentes d’un groupe, connaitre les règles de base de l’art vestimentaire et de la grammaire et, surtout, avoir confiance en soi, forment  le piédestal du célèbre orateur.

Des façons simples de préparer un discours

Contrairement à ce que l’habileté des orateurs laisse penser, un discours se prépare. Les thèmes doivent être concis : vous ne pourrez pas faire un exposé réussi de l’histoire du Burkina Faso en une heure.

Les thèmes doivent également être choisis en fonction du public cible : il est, par exemple, plus aisé de parler d’Hip-Hop que d’archéologie à un groupe de jeunes citadins. Ne parlez pas uniquement de ce qui, vous, vous intéresse. Il est aussi hasardeux de parler d’un sujet que vous ne maîtrisez pas. L’idéal, c’est parler d’un sujet que vous maîtrisez, et qui intéresse l’auditoire.

En plus, le bon discours, comme le souligne Dale Carnegie, ne se lit pas. Il se prononce (à moins que vous lisiez un communiqué conjoint gouvernement-syndicats). Lire un discours, c’est endormir le public, l’ennuyer, et donner l’air de ne pas être sincère (qu’est-ce qui prouve que les paroles vous viennent du cœur ?). Cela ne veut pas dire, pour autant, qu’il faut improviser.

Il existe une façon simple de retenir  le plan de votre intervention. En guise d’illustration, lors d’un discours sur l’élevage au Burkina, si vous voulez parler respectivement des bovins, de la volaille et des poissons, enregistrez le mot-circuit « Dori-Boromo-Banfora ». Dori correspondra à l’élevage des bovins, Boromo à celui de la volaille  et Banfora, à la pisciculture. Notez les détails sur un calepin, et faites des répétitions devant des proches. Demandez à ces proches comment ils vous trouvent.

Le moment venu, vous devez vaincre le tract et vous produire avec aisance.

Enivrez le public et obtenez son adhésion

L’éminent rhétoricien romain, Cicéron, disait que pour persuader le public, un discours doit instruire, plaire et  émouvoir. Il faut instruire le public et légitimer vos propos par l’emploi modéré de citations, de statistiques, et surtout d’exemples personnels tirés de votre expérience et de la vie quotidienne. Évitez de livrer un discours purement théorique ou philosophique. Plaire dans le discours consiste à aimer soi-même ce dont on parle : si vous éprouvez du plaisir, ce plaisir se ressentira et se propagera dans la foule. Pour cela, utilisez de l’humour (si l’occasion le permet), la parenté à plaisanterie, de la séduction dissimulée. Émouvez l’assistance en compatissant à sa douleur, en  partageant son bonheur. Sachez dire tout haut ce qu’elle pense tout bas. Mais, attention ! Soyez maître de vos émotions. Ne tremblez pas au moindre incident, ne pleurez pas à la moindre tristesse.

En complément de ces critères de Cicéron, notons qu’un discours doit durer le minimum de temps possible. Il faut savoir conclure avant que l’ennui ne remplace le plaisir dans l’esprit du public. Les gestes accompagnant le discours doivent être cohérents, pour contribuer à transmettre efficacement le message. Par exemple, les mains ouvertes rassurent, le regard en corner séduit, le torse bombé impressionne.

Lors du discours, vos lèvres doivent être humides et votre voix, souple et forte. Pour vous exercer en diction, prononcez régulièrement des phrases de type « Un chasseur sachant chasser sans son chien de chasse est un bon chasseur ». Cela permettra, à nous les Mossi, d’échapper à la moquerie des Samo quand nous nous exprimons. Rendez souples les  muscles de votre bouche, en prononçant un semblant de discours, un stylo entre les dents. Soyez vous-mêmes, ne vous efforcez pas à parler en européen si vous vous sentez mieux en africain.

 Les principes de l’improvisation réussie.

Nous disions plus haut qu’un discours se prépare. Mais, les circonstances peuvent exiger de vous une intervention urgente et improvisée. Dans ces cas, évitez de faire des révélations, de parler directement de vous-mêmes ou de parler longtemps. Basez-vous sur les paroles de celui qui vous a précédé, et sur les circonstances actuelles. Si vous perdez le fil de vos idées, le temps de vous retrouver, admirez le public.

 Pour terminer, retenez cette phrase extraite de Comment parler en public de Dale Carnegie : « La cause principale de votre peur de parler en public vient simplement de votre manque d’habitude ».

Si vous tenez à être éloquent, vous le deviendrez grâce à la patience et au courage.

Michel KONKOBO ([email protected])

Pour Burkina 24

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