Trentenaire de l’AEEMB : Œuvrer à renforcer l’unité nationale

L’Association des élèves et étudiants musulmans au Burkina(AEEMB) a trente ans. Trente ans au cours desquels la formation académique et religieuse de l’élève et de l’étudiant a été le maitre-mot. Ce 18 mars 2016, les responsables de l’association ont exposé les activités qui marqueront cet anniversaire, et ont aussi abordé les questions brûlantes de l’heure : voile, laïcité, amalgame…

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C’est en 1986 que l’AEEMB a été portée sur ses fonts baptismaux. Mais bien avant, depuis 1975, un long processus avait démarré. La toute première dénomination a été « Union Discipline Croyance » de 1975 à 1977.

1986 c’était le temps de la révolution, et les aînés comme imam Khalid Ilboudou ne manquent pas d’anecdote : « Nous étions très jeunes et on a vu parfois nos ainés être convoqués au secrétariat national des CDR pour expliquer certains termes, comme dire que l’association est apolitique ».

Aujourd’hui, à l’heure où l’association souffle sa trentième bougie, des motifs de satisfaction apparaissent au compteur. L’association jouit d’une implantation indéniable au Burkina Faso selon son président Ali Sawadogo : « L’AEEMB a réussi son ancrage institutionnel au niveau central comme au niveau des provinces du pays. En effet, l’AEEMB est bien présente dans les 45 provinces. »

Les acquis. Comme acquis engrangés, l’AEEMB a érigé son siège au centre culturel islamique, une infrastructure qui est toujours en cours de réalisation. Deux autres chantiers sont en cours de finalisation : un centre de santé et un complexe scolaire.

Le chantier du Centre culturel islamique
Le chantier du Centre culturel islamique

Au chapitre des formations académique et religieuse, chaque année, surtout à l’occasion des vacances, des séminaires nationaux et régionaux, des formations islamiques ainsi que des colonies de vacances ont lieu.

Sur le plan social, l’association apporte son soutien à ses membres. Et plus encore, une cellule matrimoniale a été mise en place, qui s’intéresse aux questions liées au mariage et au couple.

« Nous avons des activités d’ordre social dont la cellule matrimoniale qui permet à nos militants de se retrouver dans un cadre convivial et aussi d’avoir des astuces et des outils pour réussir leur vie de couple », indique le président.

Parlant de l’actualité, l’AEEMB témoigne sa solidarité au peuple ivoirien frappé le 13 mars par des attentats terroristes.

Pour imam Khalid Ilboudo, les terroristes ont des objectifs différents de ceux de l’islam : « Les objectifs de ces gens n’ont rien à voir avec les objectifs de l’islam qui sont de promouvoir la soumission à Dieu, son adoration, le développement et la fraternité des hommes sur la terre ».

Le Burkina Faso a aussi été éprouvé. C’est ainsi qu’après constat, il appelle la communauté nationale à mettre fin aux amalgames et à rester unie. Les amalgames ont le plus souvent pour nids, des aspects extérieurs (barbes, voile) qui selon l’imam ne violent aucunement la laïcité dans l’espace public. La laïcité n’est pas l’absence du religieux et il souhaite sa contextualisation : « Au Burkina Faso, il faut que nous ayons le courage de bâtir une laïcité qui est propre à nous et non pas du copier-coller »

Le programme. En termes d’activités pour ce trentenaire, sont prévus un grand tournoi de Maracaña, des journées portes ouvertes, une semaine culturelle de l’AEEMBiste. Il y aura en outre des concours de lecture coranique, des visites aux autorités religieuses, des rencontres de partages d’expérience avec les AEEM de la sous-région. Enfin, les vacances scolaires prochaines seront ponctuées de conférences.

Issouf NASSA

Burkina 24

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