Dr Souleymane Ilboudo : « La nutrition doit être une priorité en matière de santé dans la région du Sahel »

Du 04 au 18 octobre 2016, la Croix-Rouge burkinabè, en partenariat avec la Croix-Rouge de Belgique, l’Unicef et d’autres acteurs ont organisé des rencontres de plaidoyer respectivement à Sebba, Dori, Gôrôm-Gôrôm et Djibo (région du Sahel). Elles ont impliqué les collectivités territoriales dans le but de les convaincre de la nécessité d’intégrer les activités de nutrition – santé dans leurs plans communaux de développement. En marge de la séance de clôture tenue le mardi 18 octobre 2016 à Djibo, le Dr Souleymane Ilboudo, chef de projet nutrition Sahel à la Croix-Rouge burkinabè, a justifié l’intérêt de cette de cette démarche.

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Burkina24  (B24) : A quels besoins répondait l’organisation de ces rencontres de
plaidoyer sur la nutrition dans la région du Sahel ?

Dr Ilboudo Souleymane (IS) : Ce plaidoyer vise principalement à faire en sorte qu’une place de choix soit accordée aux activités de la nutrition dans les budgets et les plans communaux de développement dans la Région du Sahel.

La nécessité d’une collaboration plus renforcée s’est dégagée entre les différents acteurs intervenant dans la nutrition et les collectivités territoriales pour une mise en œuvre efficace des actions de nutrition.

B24 : La malnutrition est un problème de santé publique. Quelle est l’ampleur de ce problème dans la région du Sahel ?

IS : Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’enquête nutritionnelle SMART
de 2015, la région du sahel est la plus touchée du Burkina Faso avec
toutes les formes de malnutrition largement au-dessus des normes
nationales et des normes OMS. La malnutrition globale sévère est de 15,5% et la chronique de 46,6%.

B24 : Pourquoi ces questions doivent-elles être intégrées dans les plans
communaux de développement ?

IS : Elles devraient y avoir une place de choix car elles représentent une
priorité en matière de santé dans la région. Les plans communaux de développement (PCD) devant prendre en compte les problèmes des populations à l’échelle commune, il n’y a pas
meilleur document pour les intégrer que les PCD.

B24 : Comment appréciez-vous l’intérêt des acteurs locaux pour ces questions ?

IS : Positivement. Parce qu’on note une certaine prise de conscience de
plusieurs choses : l’ampleur du fléau, son impact négatif sur l’émergence de la région
à court, moyen et long terme, la nécessité d’en faire une priorité puisque c’est le cas au niveau national. On note également une adhésion à la cause et un engagement de la part des acteurs. Tout ceci nous rend optimiste.

B24 : Pourquoi la Croix-Rouge burkinabè évolue-t-elle en tandem avec d’autres
partenaires sur ces questions ?

IS : La question de la malnutrition est multisectorielle. C’est l’affaire de plusieurs partenaires, institutions et secteurs. Nous travaillons en synergie depuis plusieurs années afin de mutualiser nos efforts et mieux coordonner nos interventions pour être beaucoup plus efficaces et efficients. Il faut dire que cette activité traduit la vision commune des partenaires techniques et financiers nutrition de la région et de la Direction Régionale de la Santé du Sahel.

B24 : Quelles sont les perspectives objectives qui se dégagent à l’issue
de ces rencontres de plaidoyer ?

IS : Des engagements ont été pris par les maires pour intégrer quelques
activités dans les budgets communaux de 2017. La majorité d’entre eux le prévoit dans les budgets primitifs en cours d’élaboration.

Des recommandations ont été formulées dans ce sens et des cadres de suivi de ces recommandations ont aussi été définis notamment les cadres de concertations communales et provinciales et les conseils de santé de districts.

Toutefois, pour réussir ce processus d’intégration, les partenaires techniques et financiers envisagent renforcer le plaidoyer et accompagner les collectivités dans le sens du renforcement de leurs compétences et de la dynamisation des cadres de concertation.

Burkina24

 

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Rédaction B24

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