Union Africaine : Le candidat Abdoulaye Bathily pour une « seconde libération »

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Abdoulaye Bathily, candidat au poste de Président de la Commission de l’Union africaine, a animé une conférence de presse ce mercredi 21 décembre 2016 à Ouagadougou. Il s’est étalé sur la problématique du financement de l’UA, l’attitude à adopter face au terrorisme et la Cour pénale internationale (CPI).

« Ma candidature vient en droite ligne de mon engagement pour les peuples d’Afrique depuis des décennies. Je ne suis pas un candidat de circonstances actionné par un pays, par une cause spécifique particulière égoïste. Je suis candidat pour la cause des peuples d’Afrique dans la logique de ma trajectoire professionnelle », a résumé Abdoulaye Bathily.

Seuls 7% des pays africains s’acquittent de leurs cotisations auprès de la commission de l’Union africaine. Une tendance que les dirigeants du continent ont convenu d’inverser lors du dernier sommet à Kigali par l’adoption d’une taxe sur les importations des 54 Etats mais qui ne portera pas sur certains produits de première nécessité.

« Si elle est appliquée, elle permettrait à la fois d’assurer un fonctionnement de la commission mais également de dégager des ressources pour les opérations de paix », analyse le candidat au poste de président. Il est temps estime Abdoulaye Bathily, de « rendre la commission autonome financièrement, indépendante politiquement pour qu’elle puisse exécuter ses programmes par et pour elle-même ».

La dépendance des partenaires extérieurs est jugée « inacceptable » par le candidat qui affirme que le continent a les moyens et qu’il est temps de sortir de  la dynamique « d’assistés permanents ».

Il est aussi temps selon le candidat de la CEDEAO de s’émanciper « réellement » et d’aller vers ce qu’il appelle « la seconde libération », celle de la dépendance financière. Il ne tarie pas de justifications pour étayer ses propos. « Ceux qui donnent l’argent, ce sont eux qui déterminent les conditions de son utilisation, même son affectation ».

Abdoulaye Bathily n’occulte pas le terrorisme. Il est convaincu qu’« aucun pays tout seul, quelles que soient les mesures qu’il prend à l’interne,  ne peut résoudre cette question du terrorisme ».

Unie et mieux organisée par l’entremise de l’UA, Bathily affirme que l’Afrique « peut donner plus de quiétude aux citoyens africains ». Représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies pour la MINUSMA de 2013 à 2014, il estime qu’il faut juste « donner un peu plus de contenus, d’opérationnalités » à  l’architecture de la force en attente  de paix et de sécurité adoptée. « Aujourd’hui face au terrorisme, beaucoup de nos forces armées et de sécurité ont besoin d’être restructurées, réorientées », affirme-t-il.

Les Africains et la CPI

Concernant le retrait de certains pays de la CPI, Abdoulaye Bathily indique n’avoir rien contre. « Par un acte souverain, chaque pays a adhéré au statut de Rome. Si par un acte souverain, un pays décide de se retirer, je ne vois pas de problème ». Mais, précise-t-il,  le problème se pose en raison de la présence de massacres sur l’échelle du continent.

Pour lui, la question fondamentale qu’il faut se poser, c’est « qu’est-ce que nous devons prendre comme mesures pour mettre fin aux exactions commises par des citoyens ou  des dirigeants face à des populations souvent sans défense, que les victimes de ces massacres trouvent justice ? ». La question pourrait ne pas être posée si les responsables de ces massacres pouvaient être jugés sur le continent. Et « si cela n’est pas possible, dit-il, il faut trouver des modalités pour que de telles massacres ne se produisent plus ».

Cependant, le candidat au poste de président de la commission de l’UA estime que  les grandes puissances qui parlent tout le temps de justice devraient également donner le bon exemple en ratifiant la convention de Rome, car dit-il, « les perceptions peuvent correspondre à la réalité ».

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Burkina24

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