Les délestages hissent le drapeau burkinabè en Belgique

Martin Kaba, journaliste burkinabè actuellement en fonction à Wat Fm, a choisi la période la plus redoutée dans une année par ses compatriotes pour promener son micro : le mois d’avril, réputé pour les nombreuses coupures d’électricité ou/et de délestages, c’est selon. En avril 2016, alors qu’il exerçait en qualité de journaliste à la Radio Liberté, Martin Kaba a su exploiter le ressentiment et l’ingéniosité des Ouagavillois face à l’indisponibilité « temporaire » de l’électricité dans la ville. Il a reçu un prix pour cela.

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Le prix Lorenzo Nathalie pour les médias est organisé par la Commission de l’Union européenne. Il existe depuis 1990 et récompense deux candidats par continent chaque année. Les productions journalistiques doivent être axées sur le développement local. Pour cette année 2017, l’accent a été mis sur les énergies renouvelables par les organisateurs et, dans le monde, ce sont près de 600 candidats qui ont postulé.

Dans la catégorie « Amateur » concernant le continent africain, c’est le Burkinabè Martin Kaba qui a reçu les lauriers, mais précise-t-il, pour les organisateurs, « le journaliste professionnel est celui qui a la carte de presse de son pays et le journaliste amateur, celui qui n’en a pas ». Martin Kaba, pour gagner ce prix, a su tirer profit des délestages tant craints par les Burkinabè.

Sa production radiophonique, un dossier de 7 minutes 10 secondes qu’il a produit lorsqu’il exerçait à la Radio Liberté en 2016, a été réalisée pendant la période de canicule, en avril, moment de coupures et de délestages. Les délestages « m’ont donné l’idée de faire une production tournée vers l’énergie solaire, les énergies renouvelables », confie le journaliste.

« J’ai commencé mon dossier par une brèche sur les délestages. J’ai touché un soudeur, un coiffeur et d’autres acteurs qui sont affectés par les délestages. J’ai rencontré aussi un spécialiste en énergie solaire qui m’a expliqué les avantages de l’énergie solaire pour notre pays. J’ai également touché un propriétaire de kiosque solaire, c’est-à-dire un kiosque entièrement alimenté par le solaire, de l’éclairage jusqu’à la cuisson des aliments. C’est cette œuvre que j’ai présenté », explique Martin Kaba.

Le concours a été lancé en février 2017 et c’est en mars de la même année qu’il été retenu dans sa catégorie. Le journaliste est à son deuxième prix, le premier a été au niveau national. Martin Kaba a reçu le prix le mercredi 7 juin 2017 à Bruxelles en Belgique. Il est composé d’un trophée et d’une somme de 5.000 Euro.

A l’en croire, ce prix est très bénéfique pour sa carrière de journaliste qu’il a entamé il y a moins de trois ans. Aussi, confie-t-il, « c’est une fierté pour moi d’avoir représenté mon pays hors du continent africain. En Afrique, dans ma catégorie, je suis le premier c’est-à-dire que c’est le drapeau du Burkina qui est ainsi hissé haut ».

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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