Mohamadi Zeba: « Cette jeunesse a besoin de croire en ses rêves »

2803 0

Après le collège au Lycée Départemental de Garango, il est ensuite orienté au Lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou. Où il obtient en 2013 le baccalauréat, série C. Grâce à une bourse, il intègre la faculté des Sciences de l’Université d’Oran Es-sénia en Algérie (ex-IGMO). Une fois dans ce pays de l’Afrique du nord, il opte pour les sciences de la matière et continue avec cours de Physique puis de Physique Energétique à l’Université des Sciences et de la Technologie d’Oran (USTO), une année plus tard. C’est depuis  l’Université Paul Sabatier de Toulouse en France, choisie pour ses études en Mécanique Energétique,  que cette interview a été réalisée. Une occasion de parler de ses projets et également de sa passion pour la littérature. Interview.

Burkina24 (B24): Votre prédisposition pour les sciences rime curieusement avec une passion pour la littérature. Comment est-ce possible ?

Mohamadi Zeba (M.Z.): Oui, un beau raisonnement mathématique m’émerveille autant qu’une belle prose, un joli vers, une idée lumineuse. J’ai d’abord rencontré la littérature avant de prendre goût à la science. Je me souviens encore. Je suis tombé un matin sur un livre pour enfant de mon oncle en voulant dépoussiérer ses archives. J’ai parcouru ma trouvaille et je fus littéralement emballé par le récit. Je tombai amoureux de la lecture, immédiatement.

Quand à mon goût pour la science, je le dois sans doute à la beauté et à la rigueur même du raisonnement mathématique. Vous savez, j’ai eu ces jeunes professeurs de mathématiques ou de sciences physiques dont on peut être fiers.

Il n’était pas suffisant de donner des résultats « comme ça », comme par magie. Ils accordaient plus de crédit au raisonnement qu’au résultat, chaque mot de liaison devait être à sa place. Et j’aimais ça. Car c’est l’expression de la vérité dans toute sa simplicité.

B24: Récemment, votre premier ouvrage intitulé, « Le devoir de dire » vient de paraître aux éditions Edilivre. Parlez-nous.

M.Z.: Le devoir de dire est un court recueil de poèmes où je mets le Burkina en scène, voire le monde en général. J’y parle de la douleur de vivre des petits gens, des plus démunis, des guerres qui saignent chaque jour le monde, d’une jeunesse en proie à l’immigration, de la nature, des conditions de la femme, de l’amour. Bref, j’essaie de livrer l’humaine condition quelque fois très noire que j’ai pu pénétrer.

B24: A ce jour, quels sont vos projets au plan professionnel ? Entendez-vous retourner au Burkina Faso au terme de vos études ?

M.Z.: J’aime bien les études scientifiques que je mène et la littérature qui me passionne. Dans ce sens, je compte embrasser un métier dans le domaine des sciences tout en continuant sur la voie littéraire. Oui, j’entends retourner au terme de mes études, avec l’expérience nécessaire. Car je reste convaincu que, c’est ensemble qu’on sortira notre pays voire l’Afrique de l’ornière.

B24: Est-ce que vous avez un message particulier à transmettre à la jeunesse burkinabè ?

M.Z.: Mon message pour la jeunesse burkinabè est confiant car je la vois comme un grand espoir. Nous vivons une époque intéressante et je crois qu’elle en a conscience. L’information sur n’importe quel sujet,  se trouve au bout d’un clic. C’est un grand avantage. Mais ce n’est pas tout.

Cette jeunesse a besoin de croire en ses rêves, de la persévérance et de la détermination. Même dans les situations inappropriées. Il faut qu’elle mette un peu de lecture dans sa vie car l’esprit est un jardin sauvage. Et il faut sans cesse la cultiver.

B24: Votre mot de fin au terme de notre interview…

M.Z.: Je remercie tout d’abord l’équipe de Burkina24 pour m’avoir accordé la parole. Je profite ensuite pour dire à mes parents à quel point je les aime. Ils m’ont toujours élevé dans toutes les dimensions. Je remercie aussi tous mes professeurs, ceux du Burkina comme ceux d’Algérie, tous ceux qui m’ont montré le chemin. Je leur dois mon parcours. Merci également à mes chers lecteurs et mes chers futurs lecteurs.

Interview réalisée Par Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

 

Votre commentaire sur ce sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article du même genre