Gestion des terroirs : Gros plan sur un programme qui fait l’unanimité

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Les responsables du Programme National de Gestion des Terroirs (PNGT 2/Phase 3) et ceux chargés de la gouvernance locale veulent jouer franc jeu. Par devoir de redevabilité, ils ont donné l’occasion à une vingtaine de journalistes, conduits par le réseau IJACOD, de toucher du doigt l’impact des réalisations faites dans le cadre du partenariat PNGT/Communes qui les lie. Du 26 février au 2 mars 2018, nous avons parcouru quatre régions du Burkina. Constats, visites et échanges dans le « Burkina profond » !

Les acteurs du deuxième Programme National de Gestion des Terroirs (PNGT 2/Phase 3) sont convaincus que le développement durable passe nécessairement par une croissance forte à la base, à laquelle participent activement les communautés locales. Ce ne sont pas les élus locaux qui diront le contraire.

Les différentes phases du deuxième PNGT ont produit des résultats significatifs impactant la vie des populations locales. Les domaines concernés sont, entre autres,  l’alimentation, la culture, l’éducation, le logement, la santé, les infrastructures routières, dans les 302 Communes rurales du Burkina.

Conduits par le Réseau « Initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement » (IJACOD), des Hommes de médias ont pu constater de visu l’impact des réalisations faites dans le cadre du partenariat Communes/PNGT dans plusieurs régions du pays. D’énormes acquis sont perceptibles, mais des gaps à combler n’en manquent pas.

Des élèves manifestent leur joie…

Joséphine Niamoukara est, depuis 2006, Maire de la Commune de Kiembara située dans la Province du Sourou, région de la Boucle du Mouhoun. Elle nous a fait visiter une école construite en 2002 dans le cadre du PNGT 2/Phase 1. « Ça été construit avant même la décentralisation. C’est pour dire à quel point ce programme est important pour les collectivités territoriales », soutient le patriarche de la Commune.

Joséphine Niamoukara conduit ensuite la caravane dans un périmètre maraîcher pour femmes de deux hectares afin de corroborer son affirmation. « Regardez bien, ce sont les 120 femmes actives qui ont exprimé le besoin de jardinage. Et tout cela, c’est grâce aux efforts des populations, de la Commune et du PNGT. Nous espérons que les bailleurs du programme renouvelleront leurs engagements. Car l’appétit vient en mangeant », laisse entendre le Maire de Kiembara.

Dans le jardin visité, l’on y cultive du chou, de l’oignon, de la salade, de l’aubergine, etc. Mais, le PNGT 2/Phase 3, financé à hauteur de 93,41 millions de Dollars US, prend fin en décembre 2018. Occupante d’un espace dans le jardin de Kiembara, Guinso Djongueende, entend un autre son de cloche par rapport à la date butoir du programme. « On fait comment après ? Non ! Le PNGT reviendra de plus belle », s’exclame-t-elle.

Le travail qu’elle mène dans ledit jardin lui a procuré énormément de bienfaits. « Chaque année, nous cultivons pour aider nos maris dans le foyer. Nous gagnons beaucoup de bénéfices. Le problème qui persiste est celui du manque d’eau notamment pendant la campagne sèche, malgré les forages et les 4 bassins hydrauliques construits », confie la dame.

Les réalités se ressemblent, mais ne se confondent pas. Après la visite d’une école et d’une boutique de rue (commerce) à Kiembara, le cap est mis sur Bondoukuy, toujours dans la Boucle du Mouhoun. Les caravaniers sont accueillis à la gare routière de Bondoukuy où une vingtaine de boutiques ont été érigées depuis 2010 toujours dans le cadre du partenariat Communes/PNGT.

« Avant, on était dehors au bord de la route, bravant tous les dangers de la circulation routière. Maintenant, je me débrouille bien grâce à ma boutique construite. Je vends des gâteaux et ça marche assez bien. La gare nous aide énormément. Je paye 5.000 FCFA par mois seulement », se réjouit Sali Fofana, propriétaire d’une boutique à la gare routière de Bondoukuy.

Cinq blocs de hangars de 10 places ont été également construits au marché central de Bondoukuy en 2017 grâce à ce partenariat gagnant-gagnant. Le voyage se poursuit un peu plus loin à Karangasso Vigué, située dans la région des Hauts-Bassins. 50 boutiques de rue et plusieurs salles de classes font la fierté de la population. Pour preuve, le Directeur de l’école de Karangasso Vigué, Sié Séraphin Kam fait le témoin.

« Ici, nous avons 6 salles de classes avec 448 élèves. 4 salles de classes ont été construites par les autorités communales grâce à l’appui du PNGT. Il faut noter en effet que les maîtrises d’ouvrage sont effectuées par les collectivités territoriales. Nous exprimons d’abord le besoin. Le PGNT appuie ensuite la Mairie pour nous venir en aide… Nous avons constaté une amélioration considérable du taux de scolarisation et de maintien des enfants à l’école », raconte Sié Séraphin Kam.

Il y a lieu de rappeler que le gouvernement  burkinabè s’est résolument orienté vers une implication progressive des populations locales dans la planification et l’exécution des actions de développement depuis belle lurette.

Accompagnement significatif dans la mise en œuvre des plans locaux de développement

Un commerçant à Kiembara explique…

Vous l’aurez constaté, l’expérimentation concluante et le raffermissement de ces approches participatives au cours des années 1990, notamment à travers le premier PNGT, ont conduit le gouvernement et ses partenaires à l’adoption de la lettre de Politique de Développement Rural Décentralisé en août 2001.

La même année, le Deuxième PNGT a été conçu comme instrument de mise en œuvre de cette politique. D’une durée de 15 ans, ce vaste programme national est exécuté en trois phases quinquennales.

La première phase (2001 à 2007) a permis de tester et de valider la maîtrise d’ouvrage communautaire comme option viable d’intervention en milieu rural. Elle a, de ce point de vue,  préparé le lit de la communalisation intégrale du territoire qui a été consacré par l’adoption du Code Général des Collectivités Territoriales en décembre 2004.

La  seconde phase (2007 à 2013) a soutenu les « jeunes » communes rurales à répondre aux multiples attentes de leurs citoyens en matière d’accès aux services sociaux de base, tout en  renforçant leurs capacités de pilotage de développement local, notamment la maîtrise d’ouvrage des investissements. Parallèlement, cette phase a permis d’accomplir des progrès substantiels vers la réforme du régime foncier rural.

Aperçu d’une boutique de rue.

La troisième phase du PNGT 2 (2013 à 2018) a comme objectif de renforcer les capacités des communautés rurales et des structures décentralisées pour la mise en œuvre des plans locaux de développement qui favorisent la gestion durable des terres, des ressources naturelles et les investissements rentables au niveau des communes.

Les fonds consentis au PNGT 2, grâce à des partenaires dont la Banque Mondiale, lui permettent notamment d’accompagner les communes dans la réalisation de  projets et de soutenir des initiatives de développement local. L’expertise du PNGT 2/Phase 3 en matière de gestion et de suivi-évaluation entend garantir une utilisation optimale des ressources du programme pour générer des impacts positifs significatifs.

Le coût total des trois phases du programme PNGT 2 s’élève à 159,7 milliards de FCFA. Les élus locaux et les populations visitées caressent l’espoir que les bailleurs du partenariat PNGT/Communes renouvelleront leur confiance à la notion de bonne gouvernance locale.

Noufou KINDO

Burkina 24

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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