La liberté de la presse dans le monde passée au crible à Accra

Le monde entier a convergé vers la Capitale ghanéenne, du 2 au 3 mai 2018, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Malgré des défis à relever de façon générale, le pays de Nana Addo Dankwa Akufo, premier en Afrique et 23e dans le monde en matière de liberté de la presse, fait quant à lui des émules.

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Le Ghana a détrôné la Namibie (Ndlr : 1er en 2017) pour devenir le meilleur pays d’Afrique, selon le nouvel indice mondial de la liberté de la presse. La Nation ouest-africaine, avec ses 380 stations radios, 16 télévisions et 45 journaux, est également classée 23e dans le monde. Un exemple qui inspire beaucoup d’autres pays.

L’indice mondial de la liberté de la presse 2018 mesure le niveau de liberté des médias dans 180 pays. Il prend en considération le degré de capacité des médias à fonctionner indépendamment des sources de pouvoir extérieur et constitue un indicateur fort du niveau de liberté de la presse.

71% des atteintes causés par les agents de sécurité…

« L’abrogation de la loi, a indiqué le président ghanéen, Nana Addo Dankwa Akufo, a contribué à l’approfondissement de la démocratie et à la croissance d’un paysage médiatique dynamique qui a valu au Ghana la réputation d’avoir l’un des climats les plus favorables aux médias et les plus libéraux du continent ».

Les freins et les restrictions à la liberté de la presse demeurent néanmoins une préoccupation majeure sur l’ensemble du continent africain. Les défenseurs des médias continuent d’exprimer des préoccupations qui vont des formes subtiles de censure par les autorités politiques et gouvernementales à l’emprisonnement de journalistes et de professionnels de médias.

Entre autres, de janvier à avril 2018, 148 types d’atteintes à la liberté de la presse ont été enregistrés uniquement en Afrique de l’Ouest dont 45 cas au Nigéria, 23 cas en Guinée, 18 cas au Ghana. Selon les résultats d’enquête, 71% de ces atteintes sont causés par les agents de sécurité et 33% dus aux organismes étatiques.

« Médias, justice et état de droit : Les contrepoids du pouvoir »

Concernant les atteintes dues aux forces de défense et de sécurité, 29 cas ont été enregistrés au Nigéria, 6 cas en Côte d’Ivoire, 5 cas au Ghana, 4 cas au Mali, 2 cas au Burkina Faso. Les premières tendances indiquent que dans la plupart des cas, les éléments des forces de sécurité finissent toujours par reconnaître leur tort.

La publication officielle des résultats de l’étude est attendue dans les jours à venir. Mais, l’on retient que le Burkina Faso était classé 41e en 2017 sur le plan mondial en matière de liberté de la presse. Le pays savoure toujours la 5e place en Afrique et la 1re en Afrique francophone.

Des sessions parallèles organisées…

Déclaré par l’Assemblée générale des Nations Unies il y a 25 ans, le 3 mai de chaque année représente la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le but de cette célébration est de sensibiliser notamment à l’importance de la liberté de la presse. Près de 1.000 invités ont échangé à Accra du 2 au 3 mai 2018 autour du thème « Médias, justice et Etat de droit : Les contrepoids du pouvoir ».

La Déclaration d’Accra…

La « World Press Freedom Day 2018 » a accouché d’une Déclaration dite d’Accra avec comme point de mire notamment l’Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, le respect des principes de la liberté d’expression. Le Burkina Faso est représenté à cette commémoration par des responsables du Centre de Presse Norbert Zongo, des journalistes, mais aussi des magistrats.

Comme à l’accoutumée, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) saisit l’occasion pour rassembler les professionnels des médias, les défenseurs de la liberté de la presse et les agences des Nations Unies pour évaluer la situation dans le monde. Il s’agit également de discuter des solutions pour relever les défis actuels dont la promotion de la sûreté des journalistes et le combat contre les coupures d’Internet.

En marge de la célébration de cette journée dédiée à la liberté de la presse, Media Foundation West Africa (MFWA) et ses partenaires nationaux ont animé des sessions de formation en présence notamment du Rapporteur Spécial des Nations Unies, le Professeur David Kaye. Ils ont échangé sur le thème de la journée mondiale, mais aussi, sur le développement des médias en Afrique de l’Ouest. Des actions fortes ont été annoncées.

Noufou KINDO

Burkina 24

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Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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