Eau et assainissement : Les OSC passent au peigne les performances du gouvernement

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Dans le cadre de son suivi permanent de la politique publique en matière d’eau et assainissement, le groupe thématique AEPHA (Accès à l’eau Potable, l’Hygiène et l’Assainissement), du SPONG en collaboration avec Water Aid, a passé au peigne les performances des programmes du secteur de l’eau et l’assainissement, ce mardi 10 juillet 2018 et dresse son propre regard sur ces performances.

Il s’est agi au cours de cette rencontre d’examiner les progrès accomplis à mi-mandat du gouvernement sur la base des engagements énoncés dans le programme présidentiel, le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) et d’en déceler les insuffisances afin de formuler des propositions et recommandations qui devront servir de plan d’action au groupe thématique dans les jours à venir.

Célestin Pouya, chef de département plaidoyer à Water Aid

De prime abord, des incohérences entre les deux programmes. « Dans le programme présidentiel, il s’engage pour l’atteinte de la corvée zéro en 2020, qui est de réaliser le taux d’accès à l’eau de 100%  alors que le PNDES fixe le taux d’accès à l’eau potable à 79,9%. Le concept est à revoir », explique Célestin Pouya, chef de département plaidoyer à Water Aid.

Chose que reconnait, Ousmane Ouédraogo, directeur du suivi, de l’évaluation et de la capitalisation du ministère en charge de l’eau et de l’assainissement. « Lorsqu’on devrait matérialiser les termes corvée zéro au niveau du PNDES, le problème a été soulevé par les techniciens. C’était compliqué. Mais il était déjà inscrit comme tel dans le programme présidentiel. Corvée zéro ce n’est pas faisable au Burkina d’ici à 2020, c’est peut-être beaucoup plus politique. Au niveau du PNDES, c’était de faire en sorte que dans aucun village, il n’y ait pas au moins un point d’eau potable. Il faut comprendre ça comme ça », dit-il.

Pour le groupe, il faudrait revoir le concept de corvée zéro

Le taux global de réalisation à mi-parcours est estimé à 73,4% d’accès à l’eau potable, soit une progression de 1%. « Si on obéit à cette progression d’un point par année, ça veut dire qu’en 2020 on ne pourra pas atteindre les 100% d’accès à l’eau potable ni même l’objectif du PNDES qui est de 79% », a laissé entendre Célestin Pouya.

Idem pour l’assainissement, les objectifs sont loin d’être atteints selon toujours le chef du plaidoyer. «Nous sommes à 21,6% alors que le président dans son programme a promis 80% en milieu urbain et 50% en milieu rural », avance-t-il.

Il dénonce le manque d’eau dans certains écoles et centres de santé. Seulement 57% des écoles ont accès à l’eau et 79,9% des centres de santé.

« Ce qu’on peut retenir comme critique, dit-il pour conclure,  c’est qu’il y a un fossé entre ce que le gouvernement dit avoir fait et ce que la population ressent ».

Pour lui, même les performances données par le gouvernement ne sont pas ressenties par les populations. Il prend à témoin, le dernier sondage du présimètre. « 63% des populations enquêtés ont montré qu’ils ne sont pas satisfaits du respect des engagements en matière d’eau potable et d’assainissement ».

L’insuffisance du budget alloué au secteur, il évoque aussi en ces termes :  «nous avons comme budget, 0,1% alors qu’on avait pris l’engagement d’aller à 0,5%. Le problème a été soulevé, mais on nous a dit qu’avec le problème sécuritaire que vit le pays, le problème ne peut être résolu. Alors qu’on ne devrait pas avoir une vision sectaire dans cette lutte contre le terrorisme».

La société civile, des hommes de médias, des membres du parlement, et du cadre sectoriel de dialogue environnement eau et assainissement, ont pris part aux échanges au terme desquels des propositions et recommandations ont été formulés pour le respect des engagements pris.

Revelyn SOME

Burkina24

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