Procès du putsch : « J’espère vraiment m’en sortir »

Le soldat de première classe Coulibaly Samuel a déjà passé 12 ans au sein de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Le mardi 24 juillet 2018, il s’est présenté à la barre pour se défendre des chefs d’accusations portés à son encontre. « Le 16 septembre, j’étais de permission de 96 heures à Nouna » pour raison de santé d’un membre de sa famille. Cette permission prenait fin le 16 septembre à minuit mais il a grignoté un peu de temps pour finalement débarquer à Ouagadougou dans la matinée du 17 septembre 2015.

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C’est vers 15h, selon ses dires, que le soldat de première classe Coulibaly Samuel est arrivé au camp Naaba Koom II avant de rejoindre son poste, au poste intermédiaire (entre la présidence et la résidence de l’ancien président). Dans la journée du 18 septembre 2015, sur ordre du sergent-chef Aly Sanou, il a été conducteur pour « la sortie » à Zorgho puisque l’accusé nie que c’est « une mission ».

De tout son trajet des 17 et 18 septembre, c’est-à-dire Nouna-Ouaga, le Camp Naaba Koom II au Conseil de l’entente ou du Conseil de l’entente à Zorgho, l’accusé affirme n’avoir pas croisé de manifestants ni de barrières. S’il confirme avoir fait le déplacement sur Zorgho, le sieur Coulibaly nie être allé au studio Abazon. Revenant sur le voyage à Zorgho plus précisément à la radio Laafi, le soldat Coulibaly se souvient avoir croisé, étant dans le véhicule avec Aly Sanou et deux autres ex soldats du RSP, un véhicule de marque Mercedes.

« Le sergent-chef Aly Sanou est descendu discuter avec une dame qui est sortie de la Mercedes et est revenu me dire de suivre la voiture. On a continué et la Mercedes s’est stationnée vers une grande cour. Le sergent-chef et la femme sont rentrés dans la grande cour. Ils ont fait environ 20 minutes et sont ressortis ». De ce déplacement sur Zorgho, l’accusé précise qu’un véhicule dirigé par le Sergent-chef Laoko Zerbo Mohamed les talonnait.

Sous informé

L’accusé qui est poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires et complicité de dégradation volontaire aggravée de biens a réfuté les faits. « J’espère vraiment que je vais m’en sortir de cette affaire » a-t-il lancé. Malgré les insistances du Parquet et des avocats de la partie civile, l’accusé maintient que même étant au camp, c’est le 19 septembre qu’il a appris l’existence du Coup d’Etat. Et, ce serait devant le juge d’instruction, près de six mois après les évènements de septembre 2015 qu’il a su que des Burkinabè étaient morts. Ce qui a induit ce commentaire de Me Farama : « vous êtes probablement l’un des rares Burkinabè adultes à ne pas avoir su  qu’il y a eu Coup d’Etat ».

A la suite du soldat de première classe Coulibaly Samuel, le 24e accusé est passé à la barre. Le sergent-chef Boué Médard est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre et coup et blessures volontaires. Il a rejeté les accusations. En l’absence de son avocat Me Yamba Seydou Roger,  Me Bali Baziémo s’est constitué. Mais très vite, le président du tribunal note un conflit d’intérêt puisque l’accusé Boué Médard charge le Major Badiel Eloi, par ailleurs son client. Boué Médard et Bali Baziémo sont renvoyés par le tribunal pour consultation.

Le 25e accusé est alors appelé à la barre. Il s’agit du soldat de première classe Zongo Amado reconnu coupable dans l’attaque de poudrière de Yimdi. Il purge actuellement une peine d’emprisonnement ferme de 10 ans. A peine il a commencé à s’expliquer que la séance a été suspendue. Elle reprend le mercredi 25 juillet 2018.

Ignace Ismaël NABOLE

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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