Putsch : Isaac Zida recherchait des mercenaires en Angola, selon Gilbert Diendéré

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A la barre ce mardi 27 novembre 2018, le général Gilbert Diendéré a indiqué qu’après l’incident lors du retour du Premier ministre Isaac Zida de Taïwan en juin 2015, « des éléments étrangers, d’anciens rebelles ont été aperçus au domicile de Zida ».

« J’ai appris dans les jours qui ont suivi que le Premier ministre devait effectuer une mission en Angola pour chercher des mercenaires parce qu’il n’arrivait plus à contrôler l’armée. Cette information venait de mes sources personnelles. Au début, je ne voulais pas prendre ça au sérieux. Mais quelques jours après, la mission était programmée (…) C’est le Président Michel Kafando qui a dit de reporter, mais il ne savait pas ce que le Premier ministre faisait », narre l’accusé Diendéré.

Toujours selon le général Gilbert Diendéré, pour cette mission en Angola, 100 millions de F CFA avaient été prélevés du compte du Trésor public. Cette somme n’a pas été restituée poursuit-il. « C’est ressorti dans le rapport de l’ASCE-LC », précise le général.

Malgré cette annulation, deux personnes ont été missionnées par Isaac Zida en Angola, selon le prévenu. Aussi, explique l’inculpé, « j’ai rencontré Roch Marc Christian Kaboré le 10 septembre 2015 qui m’a dit qu’une mission est allée en Angola et les autorités angolaises ont appelé ici pour savoir si c’était une mission officielle ».

Dossier Sankara : Zida a « instruit le juge d’instruction de ne pas me convoquer » (Général Diendéré)

Le Premier ministre Isaac Zida a été le dernier membre du gouvernement de la Transition à être libéré, narre le général Gilbert Diendéré ce mardi 27 novembre 2018 à la barre. Lors de sa libération dans la nuit du 21 au 22 septembre 2015, le Premier ministre Zida lui aurait fait des révélations.

« Je ne sais pas si c’était pour m’amadouer, je ne lui ai rien demandé, mais il (Isaac Zida) m’a dit qu’il a instruit le juge d’instruction de ne pas me convoquer (dans l’affaire Thomas Sankara)Il m’a aussi dit qu’il y a une convocation pour Hyacinthe Kafando et qu’il a dit au caporal Pafadnam d’aller dire à son oncle (Hyacinthe Kafando) de ne pas répondre à la convocation et de quitter le pays. C’est le caporal Pafadnam qui l’a déposé à la frontière (…). Je ne lui ai rien demandé et il a commencé à pleurer à chaudes larmes (rires dans la salle). Je l’ai laissé pleurer seul et je suis sorti (…).

Dans la nuit du 21 au 22 septembre 2015, Zida a été libéré. Arrivé à son domicile, il a fait un message collectif pour dire merci de l’avoir libéré. Mais malheureusement, depuis qu’on parle de l’expert, je n’ai jamais entendu ce message ici », a relaté le général Gilbert Diendéré.

Gilbert Diendéré : « Je ne sais pas qui a commandité » le putsch

👉 Président du tribunal : Qui sont ceux qui ont commandité et exécuté ce que vous avez assumé ?

👉 Général Diendéré : Vraiment, je ne sais pas. Je ne peux pas dire qui a ordonné, qui a commandité. Ce que je peux dire, deux personnes m’ont appelé pour dire que les autorités de la Transition ont été arrêtées. Je n’ai pas eu les détails de ce qui s’est passé. Il y a des détails que j’apprends ici au procès (…). Pour moi, c’est une réaction par rapport à ce que le Premier ministre (Isaac Zida) faisait comme bavure.

👉 Président du Tribunal : Qui sont ces deux personnes qui vous ont appelé ?

👉 Général Gilbert Diendéré : C’est d’abord l’adjudant chef Moussa Nebié dit Rambo qui m’a appelé. Quelques minutes après, c’est l’adjudant Nion Jean Florent qui m’a appelé et qu’ils ont été désignés pour venir me chercher à la maison (…). J’ai vu le sergent chef Roger Koussoubé, mais il était dehors.

👉 Président du tribunal : Est-ce qu’il vous ont donné les identités des autres exécutants ?

👉 Général Gilbert Diendéré : Non. Ils ne m’ont pas donné et je n’ai pas cherché à savoir qui a fait ceci, qui a fait cela. Pour moi, c’était l’ensemble du corps (…). Les détails de cette opération, je les ai appris le 12 septembre 2016 lors des confrontations. C’est ici (au procès) que j’ai appris certains détails comme la prise des autorités et leur internement.

Gilbert Diendéré : « Je suis un commando »

Le général Gilbert Diendéré a indiqué ce mardi 27 novembre 2018 que, « le bombardement du camp Naaba Koom II était inutile (…). On m’a dit qu’il n’y a pas eu de morts, mais je ne suis pas sûr », à dit-il déclaré.

Selon des informations en sa possession, un avion d’observation de l’armée de l’air « est passé trois fois sur Naaba Koom II et sur la Présidence et trois fois, l’équipage a rendu compte que le camp était vide ».

A écouter le général Gilbert Diendéré, si les éléments de l’ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avaient pris des dispositions pour le combat, « ça allait se voir. Je connais l’appareil et il est efficace », soutient l’inculpé. Il avoue aussi ne pas comprendre pourquoi un tel avion n’est pas utilisé pour des combats plus actuels.

Pour l’accusé, c’est sur insistance du Premier ministre Isaac Zida qu’il y a eu ces bombardements. « On pensait que le général était dans le camp et il fallait l’éliminer. Mais Dieu merci, je suis devant vous. Je suis un commando », dit-il.

Ces mots du général Diendéré ont provoqué des acclamations dans la salle mais vite éteintes par le Président du Tribunal.

Ignace Ismaël NABOLE et Noufou KINDO

Burkina24

Il y a 6 commentaires

  1. Je suis d’avis que la dissolution du RSP etait a l’ordre du jour mais une chose que j’ose pense notre cher patrie a t’en besoin de ces hommes doter d’une extreme habilite voir surformer pour nous assurer lea securite sur toute l’etendue du territoire BURKINABE Chers freres et soeurs sachons raisons garder svp sur cette affaire car je me dit l’accusateur n’es peut etre pas saint pour son role ni l’ accuse n’en es pas moins; QUE DIEU BENISSE LA PATRIE DES HOMMES INTEGRE .

  2. Qu’ en est il du grand deballage promis par le general Gilbert diendéré ? Après tout ca vous pensez toujours que le RSP avait sa raison d’etre ? Meme le dos au mur , ce Corp refuse d’aider le peuple a just comprendre pourquoi l’avoir traumatisé avec ce coup d’etat et surtout qui l’a commandité .c’est pas surprennant

  3. Aie,moi j’ai dit que nos autorités ont pris goût dans la lutte contre le terrorisme,Ya trop d’argent dedans actuellement,donc ont peut pas finir se réseau de pétrole,il faut en profiter au maximum,si non 6mois suffit au golf et ses hommes à limiter les mort des burkinab du terrorisme et à les mettre dehors,s’est un commando djo

  4. NANEMA SERGE COSMOS |

    Je vous tire mon chapeau mon général. Restez vous même. La vérité appartient au temps. Kelle soit l’effort de vos prédateurs et des illuminés qui s’excitent sans rien comprendre la vérité jaillira. Courage mon général. Vous avez mon soutien.

  5. Donc nous avons un avion qui peut servir dans la lutte contre le terrorisme? et comme dit le Gal il se demande pourquoi il n’est pas utilisé

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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