Burkina : Le nouveau Premier ministre a révélé sa feuille de route

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Le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré, nommé le 21 janvier 2019, a révélé sa feuille de route lors de sa déclaration de politique générale (DPG) devant l’Assemblée nationale, ce 18 février 2019. Un discours qui n’a pas été terminé car le Chef du gouvernement, pris par l’émotion lorsqu’il appelait les Burkinabè à la réconciliation, a mis fin à sa déclaration à la demande du Président de l’Assemblé nationale, Bala Sakandé. Mais à la fin de l’exercice, il a reçu l’onction du Parlement pour conduire sa feuille de route. 

Télécharger : L’intégralité de la déclaration de politique générale

La feuille de route du Premier ministre Christophe Dabiré est articulée autour de cinq axes. Il place en premier lieu « le devoir de relever les défis sécuritaires ». Le Burkina est en effet en proie à de régulières attaques terroristes dans plusieurs régions du pays, coûtant la vie à de nombreux éléments des forces de défense et de sécurité et à des civils.

A ce propos, il a indiqué que la lutte contre le terrorisme au Burkina doit être guidée par trois principes. D’abord, « l’union sacrée de tous les Burkinabè ». Il a cité pour cela le Président Thomas Sankara. Ensuite, même s’il reconnaît que le pays peut faire appel à la communauté internationale, Christophe Dabiré a déclaré qu’il faudra que le Burkina compte surtout sur ses propres forces et non se reposer uniquement sur le soutien international.  « Nan lara an sara !« , a-t-il soutenu.

Extrait de la DPG

Pour relever les défis sécuritaires, nous devons apporter des réponses vigoureuses et diligentes à toutes les attaques dont notre pays est l’objet, afin de restaurer la paix, la sérénité et la quiétude dans la Cité. Pour cela, je voudrais mentionner trois principes cardinaux qui seront au cœur de l’action de mon gouvernement.

Premièrement, face à cette barbarie d’une autre époque, il faut l’union sacrée de tous les Burkinabè, car comme l’affirmait feu le Président Thomas SANKARA, notre peuple unis et mobilisé constitue une force inébranlable, une puissance capable de prendre en main son propre destin. Dans ce sens, je voudrais insister sur notre devoir de nous mobiliser comme un seul homme pour repousser l’ennemi commun.

Deuxièmement, tout en sollicitant l’appui de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme qui est un phénomène mondial, le Burkina Faso doit d’abord compter sur ses propres forces pour ne pas prendre le risque de s’abandonner dans l’indolence du sommeil sur la natte d’autrui et faire lâchement l’option de périr sans gloire : « nan lara, an sara ! » comme le disait si bien feu le Professeur Joseph KI-ZERBO.

Troisièmement, nous devons nous convaincre que la lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine. Tout en apportant des réponses appropriées, en temps et en heure, aux actions destructrices de ces criminels, nous devons travailler à construire et à consolider durablement les bases de notre victoire certaine.

Mu par ces trois principes, mon gouvernement apportera toutes les ressources nécessaires à l’amélioration des actions de nos forces armées nationales et de nos forces de sécurité intérieure sur le terrain. Il ne ménagera aucun effort pour :

1 -mettre en œuvre avec toute la diligence requise, la loi de programmation militaire quinquennal 2019-2023 pour renforcer les moyens logistiques et matériels de nos Forces armées nationales et de nos Forces de sécurité intérieure ;

2- améliorer le maillage du territoire en services de sécurité opérationnels à travers le renforcement des effectifs des Forces armées nationales et des Forces de sécurité intérieure et leur redéploiement progressif, méthodique et résolu sur le terrain. C’est le lieu pour moi de remercier votre auguste Assemblée d’avoir entériné l’augmentation substantielle du budget de l’exercice 2019 consacré à la défense et à la sécurité ;

3-renforcer la coopération militaire sous régionale en insistant sur la nécessaire synergie d’actions, en particulier entre les pays du G5 Sahel. Il y a lieu ici de saluer la désignation, par ses pairs, de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, en qualité de Président en exercice du G5 Sahel au titre de l’année 2019. Son leadership avéré sur le terrain de la coopération sous régionale sera d’un grand apport dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. Je salue par ailleurs la perspicacité des chefs d’Etat du G5 Sahel qui ont bien compris que la solution au terrorisme et à l’extrémisme violent dans le Sahel passe également par la mise en œuvre d’un programme de développement intégré au profit des populations de cette zone et enfin;

4-améliorer la collaboration des Forces armées nationales et des forces de sécurité intérieure avec les populations, en mettant en place une stratégie adaptée à cet effet.

Toutes ces actions intègrent les recommandations de votre auguste Assemblée sur la situation sécuritaire. Elles sont conformes aux orientations du Plan stratégique de réformes des forces armées nationales 2018-2022 qui seront mises en œuvre sous l’impulsion des Ministres en charge de la défense nationale et de la sécurité intérieure.

Christophe Joseph Marie Dabiré, le 18 février 2019

Enfin, le Premier ministre a avancé que les Burkinabè doivent se convaincre que la lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine. « Le gouvernement apportera toutes les ressources nécessaires » aux Forces armées nationales, a-t-il assuré.

Trêve sociale

Le second axe est construit autour de l’exigence de pallier l’effritement de la cohésion sociale. Pour cela, il s’est engagé à renouer le dialogue avec les syndicats et a appelé ces derniers à une trêve sociale et à éviter la « surenchère » dans leurs revendications.

L’obligation d’instaurer une gouvernance plus vertueuse est le troisième pilier de la feuille de route du successeur Paul Kaba Thiéba. Ensuite, suit « la nécessité de renforcer le développement du capital humain » et, en cinquième axe, la « volonté de dynamiser l’économie nationale« .

Arrivé presque à la fin de sa déclaration, le Premier ministre, la voix minée par l’émotion, à dû y mettre fin sur demande du Président de l’Assemblée nationale Alassane Sakandé. « C’est l’émotion« , a avoué Christophe Joseph Marie Dabiré. Une émotion dont il a expliqué les raisons plus tard sur sa page Facebook en ces termes :

« Je traduis toute ma reconnaissance à l’ensemble des députés pour l’investiture que je viens d’obtenir à l’issue de ma déclaration de politique générale.

A travers ce vote de confiance, j’ai l’intime conviction que tout le peuple burkinabè est solidaire de l’action du Gouvernement en ces moments difficiles.

C’est ce sentiment fort de cette union sacrée pour sauvegarder ce qui nous est le plus cher, la patrie, que j’ai ressenti lors de cette déclaration. Une forte charge émotionnelle telle que j’ai n’ai pas pu contenir mes larmes.

Ces larmes traduisent le sentiment que je ressens de contribuer à cette oeuvre de construction nationale. Elles raffermissent ma détermination et ma fermeté dans la conduite de l’action gouvernementale et cela dans l’intérêt de tous les Burkinabè »

 

Investi

A l’issue des débats et du vote, le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré a été investi par le parlement. Le vote des députés a enregistré 84 voix pour, 23 abstentions, 19 contre et 1 bulletin nul. Le nouveau Premier ministre a désormais la confiance de l’Assemblée nationale pour conduire sa feuille de route.

Pour rappel, nommé le 21 janvier 2019, le Chef de gouvernement Christophe Dabiré avait trente jours pour prononcer sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Cela donne lieu à un débat, suivi du vote des députés.

Burkina24

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Rédaction B24

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