Transition des PME informelles vers le formel : « Pro-Actif » a été un franc succès (Dr Boukary Sawadogo)

Aider les Petites et Moyennes Entreprises (PME) à mieux se structurer, à passer de l’informel au formel, pour mieux se développer et participer au renforcement du tissu économique national, telle a été la raison qui a prévalu à la mise en place du projet Pro-Actif. Il a été financé en partie par la Banque Africaine de Développement (BAD) à travers le Projet d’Appui à la Transformation de l’Economie et à la Création de l’Emploi (PATECE), à hauteur de six cent quatre-vingt-quinze millions cinq cent mille (695.500.000) Francs CFA. Après quatre (04) ans de mise en œuvre, le projet est arrivé à terme avec des résultats très encourageants. En effet, sur une prévision de 7.000 acteurs à accompagner vers la formalisation, plus de 12.000 acteurs ont bénéficié de l’accompagnement PATECE. Les activités ont été exécutées par les Centres de Gestion Agréés (CGA) de Ouagadougou et Bobo Dioulasso en collaboration avec leurs partenaires techniques et financiers. Le Directeur du Centre de Gestion Agréé de Ouagadougou (CGA), Dr Boukary SAWADOGO, qui a présidé le comité technique de mise en œuvre du projet Pro-Actif revient sur le bilan des activités financées par le PATECE.

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Dr Boukary Sawadogo (Dr Saw), présentez-vous à nos lecteurs !

Dr Sawadogo : Je suis Dr Boukary SAWADOGO, économiste-financier, expert en climat des affaires, Investissement, Financement et Management stratégique et opérationnel. Depuis 2007, je suis le Directeur du Centre de Gestion Agréé de Ouagadougou (CGA), qui est une structure spécialisée d’accompagnement des petites et moyennes entreprises, notamment des acteurs de l’économie informelle.

Votre structure a conduit l’exécution du projet Pro-Actif. D’abord, dites-nous, c’est quoi Pro-Actif ?

Dr Sawadogo : Pro-Actif est un programme d’accompagnement pour la transition des entreprises de l’économie informelle vers le formel. Il est une émanation du Programme d’Accompagnement des Petites et Moyennes Entreprises (PAC-PME). Pro-Actif a été financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) à travers le Projet d’Appui à la Transformation de l’Economie et à la Création de l’Emploi (PATECE), à hauteur de six cent quatre-vingt-quinze millions cinq cent mille (695.500.000) Francs CFA.

Le financement du programme par le PATECE a concerné la première composante relative à l’information, la sensibilisation, la formation et le coaching des acteurs de l’économie informelle. La composante 2, relative à la facilitation de l’accès au financement a été entamée à travers la poursuite de la mise en place du projet de facilitation de l’accès au financement des associations bien organisées de l’économie informelle.

Pourquoi l’idée de créer Pro-Actif ?

Dr Sawadogo : Pro-Actif a vu le jour, parce que tout simplement, il y avait la nécessité d’accompagner les PME à mieux se structurer et se formaliser. En effet, les PME jouent un rôle très important dans le développement économique et social de nos Etats, malheureusement, leur organisation ne leur permet pas d’en tirer un meilleur profit.

Au Burkina Faso, par exemple, les statistiques font état de ce qu’entre 70 et 80% de la population urbaine évoluent dans l’économie informelle, un secteur qui concentre près de 150 métiers et qui contribue pour plus de 30% à la formation du Produit Intérieur Brut (PIB).

C’est tout dire sur l’importance du secteur dans la création de richesses et d’emplois. Mieux structuré et mieux formalisé, il va beaucoup apporter à l’économie nationale à travers une meilleure contribution à la création de valeurs ajoutées, l’accroissement des chances de survie et de développement des PME, un accroissement des recettes fiscales et la production d’informations économiques et financières sur les PME. Voilà la raison qui a prévalu à la création de Pro-Actif.

Quel bilan faites-vous de la mise en œuvre de Pro-Actif ?

Dr Sawadogo : Le bilan est très satisfaisant, car les résultats auxquels sont parvenus les CGA avec l’appui du PATECE sont édifiants. Des activités de sensibilisation, d’échanges, de coaching et de formation des acteurs de l’économie informelle ont été menées dans les treize (13) régions du Burkina Faso. Par exemple au niveau des activités de formation, sur une prévision de 3.150 acteurs à former, plus de 5.200 acteurs ont été formés.

Concernant les activités de coaching et d’appui-conseil pour la formalisation, sur une prévision de 4.000 acteurs, près de 6.790 ont été touchés. Les résultats quantitatifs attendus ont été largement dépassés. La principale innovation dans la conduite de ces activités a été la prise en compte des langues parlées au niveau des différentes localités, c’est à dire le français, le mooré, le dioula et le fulfuldé. Dans l’ensemble plus de 12.000 acteurs ont été accompagnés vers la formalisation.

D’autres résultats ont également été enregistrés. Il s’agit de l’acquisition d’équipements informatiques et de mobilier de bureau au profit des CGA et de l’administration fiscale, l’appui à l’administration fiscale en fournitures, la production de supports techniques pour l’accompagnement des PME, la production des versions des supports techniques à l’usage des PME, la réalisation d’une étude de capitalisation, de coaching de changement et de pérennisation, la production d’un journal dénommé « ECHO-PME, J’adhère ». On note aussi des activités de communication, la mise en place d’une base de données de plus de 6000 acteurs contenant diverses informations sur leurs activités et leurs besoins d’accompagnement. Le taux de réalisation enregistré est de 100%.

Quel a été le secret de cette réussite ?

Dr Sawadogo : Si secret il y a, c’est peut-être notre méthode de travail. En effet, le PATECE et les CGA dans la mise en œuvre de Pro-Actif ont utilisé une démarche participative, doublée d’une approche de proximité.

Le projet a surtout mis l’accent sur la rupture avec l’isolement, la création de la confiance, les attitudes positives, la promotion de la reconnaissance des acteurs et leur prise en compte dans les politiques de développement du secteur privé. Nous avons compris que pour atteindre les résultats escomptés, il nous fallait créer un climat de confiance pour mieux convaincre. C’est ce qui explique d’ailleurs la forte adhésion des acteurs ciblés.

Quels sont les enseignements que vous tirez de la mise en œuvre de Pro-Actif ?

Dr Sawadogo : La mise en œuvre des activités de Pro-Actif a permis de disposer d’une base de données pour le déploiement de prestations de services innovants de développement des PME. Elle a aussi permis d’offrir aux acteurs, des connaissances nécessaires pour la conduite de leurs activités. Elle a été une expérience riche en enseignements aussi bien pour les CGA que pour les bénéficiaires.  

Quelles sont les perspectives ou les suggestions que vous faites pour améliorer l’accompagnement de nos PME ?

Dr Sawadogo : Nous suggérons une approche intégrée d’accompagnement des PME. Au-delà de la restructuration des acteurs, il faut structurer l’offre d’accompagnement et la rendre accessible. Il faut des actions qui vont dans le sens d’une bonne connaissance des acteurs et du développement d’une offre de services d’accompagnement innovants.

Cela passe par des actions ciblées de renforcement des capacités des structures d’accompagnement, plus particulièrement, un renforcement des capacités des CGA. Aussi est-il important de finaliser et de mettre en œuvre les projets de déploiement des CGA, de facilitation de l’accès au financement des PME, de création et de déploiement d’outils digitaux efficaces d’accompagnement des PME. 

Quel est votre mot de la fin ? 

Je remercie la BAD et le PATECE qui ont fait confiance aux CGA, ont financé et participé à l’animation des activités. Je remercie également les membres fondateurs des CGA, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), la Direction Générale des Impôts (DGI), Yelen Assurance, la Bank Of Africa (BOA) et Ecobank Burkina Faso pour leur participation à la mise en œuvre des activités d’information, de sensibilisation, de formation et de coaching. 

Correspondance particulière 

Pour Burkina 24

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Rédaction B24

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