Procès Sankara : « J’ai arrêté Arba Diallo, Basile Guissou, Somé Charles et un autre sous des ordres »

Le débat était pointu entre l’accusé Palm Mori Jean Pierre, le parquet et les avocats des parties civiles ce jeudi 4 novembre 2021 au Tribunal militaire.

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L’accusé se sentant à l’aise dans la langue de Molière et ayant un niveau d’analyse avancé ne se laisse pas prendre aux mots. Il est, selon le Parquet, celui qui s’est toute suite mis à la disposition du nouveau pouvoir après les événements du 15 octobre 1987 et a procédé aux arrestations.

Selon le récit de l’accusé, il était nouvellement affecté à Bobo-Dioulasso avant le 15 octobre. Mais il dit être revenu à Ouagadougou entre le 12 et le 13 octobre car n’ayant pas encore pris fonction dans la ville de Sya.

« J’étais allé juste inscrire ma fille et revenir. Le 15 octobre 1987, j’avais un mal de dent et je me suis fait accompagner chez un dentiste au quartier Zone 1. C’est de là-bas que j’entendais les coup de feu », a-t-il relaté. Il ajoute avoir replié chez une connaissance pour y passer la nuit avant de revenir chez son frère le lendemain matin.

A la suite, Jean Pierre Palm dit avoir été convoqué comme tous les autres officiers au Conseil de l’entente et à la sortie, une mission lui a été confiée par le Commandant Lingani : « Il m’a dit d’aller vérifier car il se pourrait que les policiers veulent s’en prendre à Ernest Ouédraogo ».

« J’ai arrêté Arba Diallo, Basile Guissou, Somé Charles et un autre sous des ordres »

Le parquet a considéré cela comme la première mission de Jean Pierre Palm sous le nouveau régime. « On était sous un régime d’exception. Tu refuses de venir et automatiquement tu es l’ennemi », a-t-il lancé. Le parquet a évoqué d’autres missions du colonel de la gendarmerie concernant les arrestations. 

L’accusé dit avoir exécuté des ordres d’un des dignitaires du front populaire, en la personne du Commandant Boukary Lingani. « J’ai arrêté Arba Diallo, Basile Guissou, Somé Charles et un autre sous des ordres », a-t-il affirmé.

Jean pierre Palm dit n’avoir jamais été au courant d’une quelconque sanction contre Blaise Compaoré bien qu’il ait été membre du CNR et un proche du Capitaine Blaise Compaoré. « Ce n’était que des rumeurs et je suis suffisamment mature pour croire en cela. Les quatre leaders de la révolution disaient : Si vous vous fiez aux rumeurs, vous risquez de vous retrouver à la frontière avec vos valises alors qu’il y a rien. Je n’ai pas de raison de douter. Blaise Compaoré ne parlait jamais des trois autres », raconte l’accusé.

Concernant l’affaire de la désactivation des bandes d’écoute, l’ancien patron de la gendarmerie nationale reconnaît avoir conduit des militaires Français pour aller « faire le point des transmissions et l’état ». Son interrogatoire se poursuit le lundi 8 novembre 2021.

Akim KY

Burkina 24

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