Suivi citoyen des projets routiers de l’Etat : Le tandem REN-LAC/Ministère des infrastructures fait des merveilles

Quatre ans après la signature de convention de collaboration entre le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) et le Ministère des Infrastructures et du désenclavement, pour le suivi citoyen des projets routiers de l’Etat, les parties prenantes ont marqué une halte ce jeudi 2 décembre 2021 à Ouagadougou pour évaluer les résultats obtenus.

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Dégradation rapide des infrastructures nouvellement construites, et ce, parfois dès les premières pluies de l’année de livraison, prolongements démesurés des délais de réalisation des infrastructures, multiples avenants accordés aux entreprises et aux missions de contrôles (qui riment avec l’augmentation des portes feuilles budgétaires), sentiment de peu de considération accordée aux désagréments causés aux riverains.

Voilà quelques points parmi tant d’autres qui décrivent la réalisation des travaux publics au Burkina.  Face à ces anomalies, des dénonciations et parfois des mouvements de protestations sur la mauvaise qualité des ouvrages publics ont été observés ces dernières années sans que grand changement ne soit constaté.

« Nous sommes tous unanimes que le suivi-citoyen est nécessaire pour des infrastructures de qualité »

En 2017, le REN-LAC, qui tient à une utilisation saine des ressources publiques, tente une initiative « inédite » en obtenant du ministère en charge des infrastructures, une convention de collaboration pour un suivi citoyen des infrastructures routières de l’Etat.

Ce suivi citoyen s’entend comme un regard externe critique du processus de mise en œuvre des infrastructures publiques depuis leur conception, le processus de passation des marchés, l’exécution, les mécanismes de contrôle, jusqu’à la réception et à l’utilisation des infrastructures.

Pour tenter l’expérience, trois projets sont d’abord ciblés : la route passant devant l’hôpital Yalgado Ouédraogo, l’axe Manga – Zabré et l’axe Kantchari – Diapaga – Tansarga – Frontière du Bénin. A ces projets routiers s’ajoutent les travaux des 11 décembre 2019 et 2020 respectivement à Tenkodogo et à Banfora.

 S’il n’y avait pas de suivi citoyen, il aurait été bon de l’inventer

 Au bout du contrôle citoyen, tous ces chantiers ont révélé leurs faiblesses et des leçons ont été tirées. Ce qui fait dire au coordonnateur du suivi des chantiers routiers au REN-LAC, le Dr Mafing Kondé, que « quand on regarde (les résultats obtenus, ndlr), c’est le cas de dire que s’il n’y avait pas de suivi citoyen, il aurait été bon de l’inventer ».

Dr Mafing Kondé: « c’est le cas de dire que s’il n’y avait pas de suivi citoyen, il aurait été bon de l’inventer »

« Nous sommes tous unanimes que le suivi citoyen est nécessaire pour des infrastructures de qualité. Notre souhait est que l’ensemble des projets routiers puissent prendre en compte le suivi citoyen », s’est exprimée Habibou Tapsoba,  représentante du Projet de Gouvernance Economique et de Participation Citoyenne, lequel a financé ce projet de suivi citoyen.

Que de tels projets se poursuivent et se rebelotent

« Que de choses, on a vécues et que de résultats ! Des efforts ont été consentis et les résultats sont perceptibles. C’est pourquoi, j’ai pour mission de remercier le REN-LAC et tous les participants et sonner encore l’alarme pour que de tels projets se poursuivent et se rebelotent pour une meilleure gouvernance de notre pays », s’est exclamé pour sa part Sidiki Boubacar Ilboudo, représentant du Ministre des Infrastructures et du désenclavement.

A l’en croire, le suivi citoyen est une trouvaille qui a apporté beaucoup en termes de qualité dans la réalisation des infrastructures routières.  « Nous souhaitons d’ailleurs qu’on l’étende à tous les projets qui pourront apporter un mieux en matière de gouvernance dans notre pays », a ajouté ce cadre du ministère en charge des infrastructures.

Toujours est-il que pour capitaliser les acquis de cette première expérience, des recommandations ont été formulées aux différentes parties prenantes dans la réalisation des infrastructures publiques, l’objectif étant de tendre vers une amélioration de la qualité des infrastructures routières réalisées par l’Etat.

Maxime KABORE

Burkina 24

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