Métallurgie : « 8 siècles avant Jésus Christ, il y avait des ingénieurs au Burkina Faso » (Dr Lassina Simporé)

A travers l’œuvre « Le savoir-fer chez les Mosse du Burkina Faso » le Dr Lassina Simporé a démontré que 8 siècles avant Jésus Christ, près de 3000 ans, il y avait des ingénieurs au Burkina Faso qui savaient retrouver le fer et le transformer. 

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« Le Savoir-fer chez les Mosse du Burkina Faso » est un ouvrage du Dr Lassina Simporé, d’une centaine de pages paru chez Mercury Édition en 2021, préfacé par l’Archéologue, Vincent Guichard, Directeur général de Bibracte du Centre archéologique européen Glux-en-Glenne en France et du préambule rédigé par le Pr Kouakou Siméon Kouassi, Professeur titulaire d’archéologie de l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody à Abidjan.

Ainsi, à travers cette œuvre, l’auteur entend exhumer une technologie ancienne qui est la forge. « 8 siècles avant Jésus Christ, près de 3000 ans, il y avait des ingénieurs au Burkina Faso qui savaient retrouver le fer et le transformer. C’est ma petite contribution pour  faire connaitre une technologie qui a existée au Burkina Faso », souligne-t-il. 

« Le Savoir-fer chez les Moose du Burkina Faso »
« Le Savoir-fer chez les Moose du Burkina Faso »

En effet, l’ouvrage est subdivisé en trois chapitres. Le chapitre1 aborde les actes techniques anciens pour obtenir le minerai de fer à la page 33. Il s’agit, entre autres, de la recherche de gites rentables, l’extraction, le transport du minerai fer et le traitement du minerai avant le chargement dans le fourneau.

Le Chapitre 2, quant à lui, est consacré aux actes techniques anciens pour réduire le minerai de fer, à la page 43. Il s’agit de disposer de fourneau de réduction. L’auteur présente plusieurs fourneaux  à savoir le petit fourneau à soufflets ou fon-noga, le grand fourneau à soufflet (boaaga) ou fourneau à tirage forcé, le grand fourneau à tuyères ou boanga.

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Lassina Simporé présente aussi le « savoir transformer la loupe de fer à la forge ».  Il présente d’abord l’atelier (kudgu chez les Mosse), puis, le travail et les outils fabriqués (outils agricoles, outils de chasse, outils de forgeron, objets à vocation militaire, objets de la chefferie ou du pouvoir outil pour autres corps de métiers, objets de parure, objets domestiques, objets de monture et instruments de musique).

Le dernier chapitre du livre porte sur les manipulations symboliques de la métallurgie ancienne du fer à la page 77.  L’auteur  présente le métallurgiste et le forgeron, des ingénieurs qui s’appuient sur leurs ancêtres.

Dédicace du « Le Savoir-fer chez les Moose du Burkina Faso »
Dédicace du « Le Savoir-fer chez les Moose du Burkina Faso »

L’auteur du livre affirme que « le vocabulaire du métallurgiste est sexualisé ». À la page 86, en effet il écrit : « Le fourneau est souvent assimilé à l’utérus et le minerai qui doit y être fondu est l’embryon ou le fœtus. Les soufflets avec leurs deux chambres qui avivent le feu sont souvent assimilés aux parties génitales de l’homme, et leur rythme étant celui de l’acte sexuel.

L’écoulement de la scorie est assimilé à celui des menstrues. L’ouverture du fourneau pour récupérer la loupe de fer correspond à l’accouchement de la femme. Elle est accompagnée de cris et de hululements de joie. Les scories, elles, renvoient au placenta. Tout se passe comme si le métallurgiste est un maïeuticien qui a comme parturiente le fourneau. Naturellement la loupe de fer qui en est issue est appelée enfant ». 

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« (Le Savoir-fer chez les Mosse du Burkina Faso) un livre facile, agréable, captivant et passionnant à lire. Un beau livre, tant par l’écriture dépouillée d’expressions trop savantes que par la forme et la structuration qui en facilite la lecture.

Un livre qui se présente comme un ouvrage didactique de grande portée, à inscrire dans le patrimoine littéraire et pédagogique du Burkina Faso et d’Afrique »,  souligne  Koba Boubacar Dao, le présentateur de l’œuvre à la dédicace le mardi 21 décembre 2021 à Ouagadougou.

En rappel, Lassina Simporé est docteur en archéologie. Il a été Secrétaire général du Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme. Il a également été, entre autres, Conservateur du Bien Culturel « les Ruines de Loropéni », sites du patrimoine Mondial de l’Unesco 2009.

 Jules César KABORE

Burkina 24

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