Coup d’Etat au Burkina : La France avait-elle à l’avance tout le scénario entre ses mains ?

La menace du renversement par les militaires du Président Roch Marc Christian KABORE avait été jugée « très importante » par Paris depuis septembre 2021, grâce aux informations relayées par des officiers et diplomates sur place à Ouagadougou. C’est l’information que donne le quotidien d’investigation « Africa Intelligence » dans son numéro du mardi 25 janvier 2022. 

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La France d’Emmanuel Macron avait prévu la forte éventualité de la prise du pouvoir à Ouagadougou par les militaires et s’était préparée en conséquence plusieurs mois à l’avance, fait comprendre le média.

C’est ainsi que, peut-on lire, dès le premier coup de fusil émanant du camp militaire Sangoulé Lamizana et de la caserne de Kaya, des émissaires d’Emmanuel Macron ont aussitôt contacté le désormais ex-Président du Faso Roch Marc Christian KABORE en vue d’une exfiltration d’urgence en douceur.

L’on est tenté de comprendre que l’arrestation récente du lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana pour tentative de putsch rime avec la psychose de l’ex-pouvoir après les avertissements de Paris.

« Africa Intelligence » rapporte dans ses colonnes que dans la matinée du dimanche 23 janvier 2022, c’est-à-dire dès le début des tirs, les forces françaises de la Task force Sabre, basée à Ouagadougou, étaient mises en alerte et à 20 heures ce même jour, alors que les mutins se trouvaient à quelques encablures de la résidence privée de Roch Marc Christian Kaboré à la Patte-d’oie, « Paris a activé son plan d’exfiltration présidentielle conçu depuis belle lurette« .

Toutefois, l’ex-chef de l’Etat opposait, indique le média, une fin de non-recevoir à ses alliés jusque tard dans la nuit avant que le contact soit définitivement coupé, sa localisation également. Les divergences entre les forces restées loyales à l’ex-Président du Faso et les autres militaires peut justifier cette rupture de contact préjudiciable à Roch Marc Christian KABORE.

Le lendemain lundi 24 Janvier, l’on n’était toujours pas fixé sur ce que devient l’ex-chef de l’Etat. Alors que certaines sources militaires affirment l’avoir capturé la nuit précédente, plusieurs de ses proches notamment du MPP (désormais ex-parti au pouvoir) indiquent plutôt qu’il avait échappé à une « tentative d’assassinat » et qu’il se trouvait « en lieu sûr ». La suite est connue de tous…

En plus, l’annonce du coup d’Etat au Burkina Faso a été d’abord relayée par des médias français dont RFI et France24, ainsi que par des activistes se trouvant hors du pays dans la matinée du 24 janvier, avant même que les choses ne se précisent en début de soirée. Tout porte à croire, selon Africa Intelligence, que certains notamment la France avaient à l’avance le scénario entre les mains.

Et enfin, cette question : d’où est parti ce dernier tweet de Roch Kaboré appelant les militaires à demeurer républicains quelques heures avant l’annonce du coup d’Etat ?

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24 

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