Droits et justice pour les aides ménagères : L’ADDAD-Burkina monte au créneau

L’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD-Burkina) a organisé une séance de formation au profit de ses membres sur le droit des aides ménagères ce samedi 5 février 2022 à Ouagadougou. Il s’agissait de plaider pour la ratification de la convention 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) par le Burkina Faso.

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Dans l’optique de faire comprendre les droits et devoirs, l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD-Burkina) a réuni ses membres. Sakinatou Ouédraogo, présidente l’ADDAD-Burkina, a fait comprendre que ses membres méconnaissent leurs droits.

Les membres de l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD-Burkina)
Les membres de l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD-Burkina)

« Nous avons constaté que c’est par manque d’information sur le droit que nos sœurs subissent tant de violences. Par méconnaissance de droits, par manque d’information, certaines restent dans les maisons malgré les multiples violences. C’est ainsi que nous avons jugé nécessaire de rassembler nos 12 points focaux de notre association et quelques antennes afin de pouvoir passer l’information et faire comprendre que nous aussi nous avons des droits », a-t-elle indiqué.  

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A l’écouter, il existe des droits qui protègent cette couche sociale. Cependant, elle a déploré le fait que le Burkina Faso n’a pas encore ratifié la convention 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

Pour la présidente de l’ADDA-Burkina, les aides ménagères ont droit à des heures de repos et d’être payées selon le SMIG qui est de 33 139 FCFA. Elle a fait savoir que beaucoup d’employeurs ne respectent pas ses droits et les aides ménagères sont confrontées à d’énormes violences. 

Il s’agit, entre autres, du manque de respect, souvent des difficultés pour la restauration, des violences physiques, de mauvais payeurs et une exploitation sous toutes les formes. A défaut de respecter le SMIG, Sakinatou Ouédraogo plaide pour un minimum de 20 000 FCA. 

Pour se faire entendre, l’ADDAD-Burkina compte entreprendre des sensibilisations pour changer la perception des aides ménagères. «  Le travail d’aides ménagères est un travail comme tout autre travail », a clamé la présidente de l’ADDA-Burkina. 

 Les membres de l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD-Burkina)

Les membres de l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD-Burkina)

Des membres de l’association ont fait des témoignages de leurs conditions de vie et de travail avec leur employeur. Fatimata Barry, une aide-ménagère, a relaté qu’elle a abandonné son village pour la ville à la recherche d’un mieux-être. A sa grande surprise, c’est tout autre.

 « C’est sur la base d’une rémunération mensuelle de 10 000 FCFA que j’ai commencé le travail. A la fin du mois ce n’est que la moitié que l’on te donne. Tu ne sais pas où te plaindre. En plus, tes tâches étaient bien déterminées avant que tu ne commences le travail. A la fin c’est toi qui fais toutes les tâches de la maison. Non seulement, tu ne te reposes pas et tu n’as pas ton argent au complet »,  a expliqué Fatimata Barry.

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Elle a relevé que c’est des couchettes de fortune qu’elle utilise pour dormir avec des difficultés pour se restaurer. « Si tu casses une assiette de luxe, on déduit ça de ta paie et tu peux même te retrouver à la fin du mois sans rien. Tu es souvent obligée d’abandonner. Et c’est un perpétuel recommencement », a-t-elle signalé. 

En rappel, l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques (ADDAD-Burkina) a été créée en 2012 par les aides ménagères elles-mêmes et compte de nos jours plus de 1000 membres. ADDAD est représentée dans 8 pays dans la sous-région.

Jules César KABORE

Burkina 24

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