Extrémisme violent au Burkina : Les jeunes femmes plus résilientes que les jeunes hommes (GRAAD)

Après 30 mois de mise en œuvre et une restitution à mi-parcours du projet de recherche « Opportunités économiques d’autonomisation des jeunes et résilience à l’extrémisme violent au Burkina Faso » en abrégé Hope 2 Resilience, le Groupe de recherche et d’analyse appliquées pour le développement (GRAAD Think Tank), a tenu un atelier de restitution, ce jeudi 24 mars 2022 à Ouagadougou. Objectif général : présenter les résultats finaux de ladite recherche et les recommandations pour des mesures plus efficaces pour la paix au Burkina Faso et dans le G5 Sahel. 

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Selon Martin Sawadogo, Enseigneur-chercheur, chargé d’études au GRAAD Think Tank, les analyses des résultats de la recherche montrent que dans l’ensemble, la jeunesse burkinabè est plutôt résiliente.

En ce qui concerne la motivation des jeunes à commettre des actes de violence de type extrémiste, il pointe principalement du doigt « les règlements de compte ; les rapports de force, de contrôle des ressources ; la satisfaction personnelle ; les motivations d’ordre économique et d’ordre politique ». Et d’indiquer que la plupart des leaders des groupes d’extrémisme violent en usent pour leur enrôlement.

La recherche, dit-il également, a permis d’établir le profil type du jeune résilient. « C’est un jeune burkinabè qui a généralement un bon esprit de cohésion sociale, qui est du sexe féminin, qui a un emploi, qui a un niveau d’éducation relativement élevé, qui ne consomme pas de substances psychotropes (ni alcool ni drogue) … », a-t-il décrit.

Il ressort en outre que les jeunes déjà victimes de violence sont aussi faiblement résilients comparativement aux jeunes qui n’ont pas encore fait l’expérience de l’extrémisme violent.

Autres résultats de la recherche, c’est que la cohésion sociale et l’accès aux opportunités économiques des jeunes au Burkina Faso influencent positivement leur résilience à l’extrémisme violent.

Recommandations

Pour le chargé d’études, l’Etat doit toujours mettre les moyens pour lutter contre la prolifération des substances psychotropes. Et mettre en place des mécanismes d’écoute, des mécanismes de suivi psychologiques en faveur notamment des Personnes déplacées internes (PDI).

Il sera question après cette restitution, confie M. Sawadogo, d’affiner lesdits résultats en fonction des discussions et des suggestions qui ont pu se tenir. « On essaiera de faire du plaidoyer avec ces résultats », a-t-il ajouté.

Pour rappel, l’enquête a concerné six régions de deux types. Le premier type, ce sont les régions à forts défis sécuritaires (l’Est, le Nord et le Sahel).  Le second type, les régions moins affectées par l’extrémisme violent (les Hauts-Bassins, le Plateau-Central et le Sud-Ouest). Il a également été question d’enquête quantitative, qui a concerné 1645 individus et d’enquête qualitative, qui s’est intéressée à 107 groupes. La tranche d’âge concernée, les jeunes de 15 à 35 ans.

Financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI-Canada), le projet de recherche « Hope 2 Resilience » a été mis en œuvre depuis juillet 2019 par le GRAAD Think Tank. Le présent atelier de restitution intervient après l’atelier à mi-parcours, le 23 juillet 2021, au cours duquel une partie des résultats de la recherche a été exposée.

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

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Serge Pacôme ZONGO

Tambi Serge Pacôme ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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