Exercice 2021 de l’accès aux soins de santé au Burkina du RAME : D’importants défis restent à relever

Comme cela est de coutume au niveau du Réseau accès aux médicaments essentiels (RAME) depuis maintenant trois (03) ans, il est intervenu, ce vendredi 1er juillet 2022, dans les locaux de l’Organisation de la société civile (OSC), à Ouagadougou, l’annuelle conférence de presse qui vise à faire savoir les bonnes pratiques, les dysfonctionnements et les difficultés rencontrées par les usagers et les prestataires de soins dans les formations sanitaires au cours de l’année précédente, 2021. 

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Et de trois pour l’annuelle conférence de presse du Réseau accès aux médicaments essentiels (RAME) dans le cadre de sa mission « d’influencer les politiques publiques de santé pour un accès équitable des populations aux soins de santé de qualité ».

En effet, la veille citoyenne mise en place dans le cadre de cette mission, l’Observatoire citoyen sur l’accès aux services de santé (OCASS), s’est intéressée « à la prise en charge du Virus immunodéficience humaine (VIH, à la prise en charge de la tuberculose, à la prise en charge du paludisme, à la mise en œuvre de la gratuité pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, la mise en œuvre de la gratuité de la planification familiale, la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle, la prise en charge au niveau communautaire par les Agents de santé à base communautaire (ASBC) et le fonctionnement global des formations sanitaires », a fait savoir Hamidou Ouédraogo, Directeur exécutif national du RAME.

Hamidou Ouédraogo.
Hamidou Ouédraogo, Directeur exécutif national du RAME.

Ainsi pour l’année 2021, le dispositif de l’OCASS, a poursuivi le Directeur exécutif national, a pu collecter les informations dans 710 formations sanitaires, réparties dans 39 districts sanitaires des 13 régions que compte le Burkina Faso. Ce sont, si l’on en croit la suite de son propos, 7 612 usagers des services de santé et 548 responsables de formations sanitaires qui ont pu être interviewés.

Quid de l’accès aux soins dans les domaines couverts ?

De positif, Hamidou Ouédraogo a fait noter « une amélioration de plus de 4 points de la satisfaction des motifs de visite par rapport aux constats de 2020 ; une bonne disponibilité des produits de prise en charge du VIH et de la tuberculose dans les formations sanitaires visitées ; le démarrage effectif de l’assurance maladie universelle dans les communes pilotes des Hauts-Bassins (Houndé, Koumbia et l’arrondissement 3 de Bobo), etc. ».

« L’arbre ne doit pas cacher la forêt », a cependant avancé M. Ouédraogo laissant entendre que « plusieurs cas de dysfonctionnements et des difficultés ont malheureusement émaillé les parcours de soins des usagers dans nos formations sanitaires au cours de l’année 2021 ».

Au nombre de ceux-ci, il y a que « la gratuité de la charge virale n’est pas respectée dans 21,15% des cas de PvVIH rencontrés (des cas de paiement de 3 000 à 8 000 francs ont été signalés) ; dans certains centres (48%), il a été appliqué un dépistage systématique du paludisme avec les TDR, ce qui est contraire aux normes en vigueur ;

3,43% des bénéficiaires de la gratuité des soins (femmes ou enfants) ont dit avoir payé dans les formations sanitaires des services (17% des formations sanitaires visitées a été concernés par les paiements à tort de la gratuité des soins, surtout au niveau des dépôts (80%) et des agents de santé (20%) ; presque toutes les formations sanitaires rencontrent des problèmes de disponibilité financière pour faire les commandes normalement en raison des retards de remboursements de la gratuité des soins », a énuméré le premier responsable du RAME.

A ces derniers, Hamidou Ouédraogo a ajouté le contexte sécuritaire difficile marqué par la recrudescence des attaques terroristes dont l’un des corollaires est l’inaccessibilité de certaines zones (dans les régions de l’Est, du Sahel, du Nord) donc, le difficile sinon l’impossible approvisionnement en produits de santé.

Recommandations

D’importants défis restent à relever, même si l’on note des points positifs à ce rapport de veille de l’OCASS. C’est en ce sens que des recommandations ont été formulées à la suite des différents résultats et constatations. Elles s’adressent à tous les domaines couverts et sont à l’endroit des Partenaires techniques et financiers (gouvernement, Organisation non gouvernementale, partenaires multilatéraux et bilatéraux).

En termes de niveau de prise en compte des recommandations formulées depuis 2019, soit depuis le premier exercice de restitution de ces résultats de veille jusqu’en 2021, Hamidou Ouédraogo a noté une relative « évolution ».

« Bien que nous n’ayons pas fait une évaluation systématique de ces recommandations, nous pouvons quand même dire qu’il y a eu des évolutions. Parce que depuis 2019, nous avons souligné dans le rapport la question de la disponibilité des produits pour le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Pour la période 2021, nous avons constaté une bonne disponibilité des produits pour ces trois pathologies. Là où le bât blesse se trouve au niveau de la gratuité où on est dans une sorte de dégradation continue », a-t-il confié.

A cet effet, il a rappelé leur mission, et a rassuré en ce qui concerne son accomplissement. « Notre mission, c’est de veiller et interpeller. Et à chaque fois que nous constaterons des insuffisances, nous n’allons pas cesser d’interpeller l’autorité sur ces différentes insuffisances jusqu’à ce qu’il y ait une amélioration », a-t-il dit.

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

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Serge Pacôme ZONGO

Tambi Serge Pacôme ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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