Ouagadougou: Des journalistes outillés sur la gestion hygiénique des menstrues

Le ministère en charge de l’éducation nationale a organisé du 30 juin au 1er juillet 2022 à Ouagadougou, une session d’information et de formation au profit des journalistes et des bloggeurs sur la gestion hygiénique des menstrues ou des règles en milieu scolaire.  

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La problématique liée à la gestion des menstrues reste encore un sujet que l’on n’effleure pas très fréquemment dans les communautés burkinabè. Une seule cause justifie ce tabou : le sexe. Quand on sait les questions liées au sexe sont de moins en moins discutées dans les ménages. C’est pour cela que la question des menstrues peine à être abordée. D’où les conséquences qu’elle entraine en milieu scolaire.

De ce fait, des études prouvent que plus de 20% des absences des filles à l’école sont liées à la menstruation. Ce, parce que les établissements scolaires ne disposent pas d’infrastructures salubres pouvant aider les filles à changer leurs serviettes hygiéniques pendant qu’elles sont en règles ou au cas où les menstrues surgissent alors qu’elles sont à l’école. Depuis plus de cinq ans, des efforts sont entrepris pour briser ces barrières. Mais le chemin reste encore long.

Les participants en pleine formation

Selon les chiffres donnés par la direction de la promotion de l’éducation inclusive, de l’éducation des filles et du genre, plus de 58 169 élèves ont été sensibilisés sur la gestion et l’hygiène des menstrues dont 39 728 élèves du primaires et 18 441 du post-primaire. Il y a également 250 765 acteurs de différents profils dont certains sont des enseignants qui ont été formés sur la gestion hygiénique des menstrues.

Au nom des partenaires techniques et financiers ayant soutenu cette formation, Roch Ouédraogo, manager communication à WaterAid Burkina a confié que la problématique de la santé menstruelle reste une question épineuse au Pays des Hommes intègres surtout en milieu scolaire.

Roch Ouédraogo, manager communication à WaterAid

« Des études ont montré qu’en milieu scolaire, il y a des filles qui abandonnent l’école simplement parce qu’elles ont vécu le traumatisme d’un phénomène naturel qui est la survenue des règles. Il n’est pas normal qu’au 21e siècle que les filles soient encore confrontées à cette situation, à cette difficulté où elles manquent d’informations sur le phénomène naturel qui est la survenue des règles, où elles manquent d’infrastructures, où elles manquent de matériels pour prendre en charge cette question. 

Et comme c’est une problématique très importante, nous avons décidé d’inviter les journalistes pendant deux jours pour non seulement renforcer leurs capacités sur la santé et l’hygiène menstruelles et aussi les engager dans un plaidoyer médiatique au niveau des différents médias pour parler de la gestion hygiénique des menstrues et travailler à briser les tabous pour que plus jamais au Burkina, les filles ne vivent un traumatisme lié à un phénomène naturel qu’est la survenue des règles », a-t-il noté.

Du côté du ministère en charge de l’éducation, les autorités par le biais de Charles Souwerma, directeur de cabinet, salue l’intérêt grandissant des partenaires techniques et financiers autour de cette question liée à la gestion hygiénique des menstrues en milieu scolaire.

Il a ajouté qu’un rapport de l’UNICEF montre qu’en Afrique plus de 66% des filles ne disposent pas d’une bonne information sur la menstruation avant la venue de leurs premières règles.

Charles Souwerma, directeur de cabinet au ministère en charge de l’éducation nationale

Il faut noter que cette formation a été rendue possible notamment grâce à l’UNICEF, WaterAid, Plan international Burkina, CRS, Action contre la faim.

Willy SAGBE

Burkina24

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