Tribune | Le Conseil de sécurité de l’ONU proroge le mandat de la MINUSMA

Ceci est une tribune d’un observateur et analyste malien, Idriss Abdoul Aziz, sur la situation au Mali.

Le 29 juin 2022, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de prolonger la mission de paix MINUSMA au Mali jusqu’au 30 juin 2023. La résolution sur le prolongement, rédigée par la France, a été adoptée par 13 voix sur 15.

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La Russie et la Chine se sont abstenues. Ainsi, les Casques bleus ne vont pas quitter le Mali. Cependant, cela se fera sans le soutien aérien français, ce qui pourrait pousser les pays européens à se retirer de cette force internationale de 13 289 militaires et 1 920 policiers.

Pour rappel, lors du dernier Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation au Mali du 13 juin, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, avait exprimé la ferme opposition du Gouvernement du Mali à l’intervention des forces françaises Barkhane. Selon Abdoulaye Diop, un soutien aérien français aux Casques bleus représentait « une ligne rouge ».

Prenant acte de cette position, Paris a retiré de son projet de résolution initial toute mention relative au maintien d’un soutien aérien français.

À la suite du vote, l’Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de l’ONU, Nicolas De Rivière, a déclaré que la violation des droits de l’homme et du droit humanitaire par des groupes terroristes, ainsi que par les forces armées maliennes (FAMa) doit cesser. Ainsi, la France accuse à nouveau sans fondement l’armée malienne de crimes.

L’ambassadrice adjointe de la Russie auprès des Nations unies, Anna Evstigneeva, notant que sa délégation s’est abstenue lors du vote, s’est dite préoccupée par la « formulation intrusive » de la résolution sur les droits de l’homme, qui pourrait être utilisée par ceux qui souhaitent ternir le travail du gouvernement de la transition.

Ces formulations du texte en matière de droits humains s’opposeraient à la souveraineté malienne. Anna Evstigneeva a appelé les dirigeants de la MINUSMA à maintenir leur impartialité et à n’agir que dans l’intérêt du peuple malien, et à entretenir des relations constructives avec le pays hôte.

Xing Jisheng, conseiller de la Mission permanente de la Chine auprès des Nations Unies a déclaré qu’il s’était abstenu lors du vote pour plusieurs raisons. Premièrement, les États membres portent la responsabilité principale de la protection et de la promotion des droits de l’homme sur leur territoire.

À ce titre, le rôle principal de la MINUSMA est de soutenir le pays hôte, et elle doit écouter attentivement ses points de vue. La résolution accorde trop d’importance aux questions de droits de l’homme et est donc « déconnectée de la réalité sur le terrain ». Le représentant de la Chine a ajouté qu’il manquait de respect pour la souveraineté du Mali.

Pour sa part, le représentant permanent du Mali auprès des Nations Unies, Issa Konfourou a appelé le Conseil à permettre à la MINUSMA de se concentrer sur les tâches prioritaires pour lesquelles elle a été créée, car le peuple malien ne souhaite pas voir la MINUSMA « faire partie du problème » ou voir les préoccupations en matière de droits de l’homme utilisées pour poursuivre des arrière-pensées politiques.

La MINUSMA déployé en 2013 au Mali s’est montrée inefficace pendant toutes les années de sa présence dans le pays. Le mandat de la mission ne prévoit pas d’intervention directe dans la lutte contre le terrorisme. Abdoulaye Diop a exprimé sa préoccupation sur ce point lors du Conseil de sécurité de l’ONU du 13 juin et a souligné que la MINUSMA dans la situation actuelle n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des civils.

Idriss Abdoul Aziz

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