Ici Au Faso : Mohamed Nebié, un spécialiste des mets locaux burkinabè

Âgé de 27 ans, Mohamed Cheick Faiçal Nebié est un jeune burkinabè qui vit à Somgandé, un quartier situé dans l’arrondissement 4 de la capitale burkinabè. Il a décidé de se lancer dans la restauration et particulièrement dans la cuisine des mets locaux (babenda, koumvando, gonré, zamné). Il veut ainsi contribuer à la promotion du « Consommons local ». Les lignes qui suivent vous permettront de le découvrir davantage… 

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Mohamed Nebié a tenté de passer le baccalauréat plus de quatre fois successives sans succès. Après cela, il ne savait réellement quoi faire. Il explique qu’il tenait à faire quelque chose qui lui générait des sous pour subvenir à ses besoins et aux besoins de sa famille. C’est ainsi qu’il a décidé de se lancer dans la restauration depuis quelques mois. Il ne cuisine que des mets locaux burkinabè. En effet, il propose à ses clients du babenda, un plat burkinabè fait à base de feuilles d’oseille, de feuilles d’amarantes, du riz, de l’arachide et de la potasse.

Également, il cuisine du koumvando un plat concocté à base de feuilles d’aubergine locale. Il fait aussi du gonré, un plat qui est fréquent dans les habitudes alimentaires au pays des Hommes intègres. Le gonré est fait à partir du haricot, de la potasse, du persil…

Aussi, ce « cordon bleu » des mets locaux offre-t-il à ses clients le zamné, un plat fait à base des lentilles locales du Burkina Faso. Il faut préciser que le babenda reste la recette principale que Mohamed Nebié présente à ses clients. Pour se différencier de ses concurrents, il dit avoir ajouté sa touche personnelle qu’il n’a pas voulu partager avec nous pour ne pas divulguer sa recette.

Mohamed Cheik Fayçal Nebié

Notre interlocuteur signale qu’il a passé quatre fois le baccalauréat sans succès. Ce qui l’a poussé d’ailleurs à se lancer dans la restauration. « J’ai fréquenté jusqu’en classe de terminale. J’ai fait la technique. Mais il n’y avait pas de boulot, j’ai ainsi décidé de me lancer dans la restauration », éclaire-t-il.

Il n’y a pas de début facile dit-on. Et Mohamed Nebié le reconnait. Il nous relate qu’il a commencé tout seul mais aujourd’hui, il a deux personnes qui travaillent avec lui. « Quand j’ai commencé, ce n’était pas du tout facile. Il fallait que je gère le marché, la préparation, il fallait aussi que je gère les clients qui venaient au kiosque. Et aussi les clients que j’allais chercher moi-même, quand les choses ont commencé à marcher, j’ai dû prendre deux personnes qui travaillent avec moi maintenant », complète-t-il.

Avant de changer de tunique et de se lancer dans la restauration, Mohamed Nebié était parkeur de motos à l’Ecole nationale de l’administration et de magistrature (ENAM). Cette occupation ne lui permettait pas de subvenir à ses besoins, ni à ceux de sa fille, avoue-t-il.

Mohamed Cheik Fayçal Nebié en pleine action

Selon le jeune restaurateur qui ambitionne prendre Ouaga en otage par sa cuisson, ça n’a pas été chose facile pour lui d’opter pour ce métier. Il atteste que les gens n’arrêtaient pas de se moquer de lui. Les membres de sa famille surtout ne cessaient de lui dire que c’est un travail destiné aux femmes. Et qu’il ferait mieux de chercher autre chose à faire.

« Quand l’idée est née, j’ai décidé d’en parler à ma famille mais cela n’a pas été facile, puisque personne n’a voulu que je fasse ce travail, parce qu’ils n’ont pas compris qu’il n’y a pas de sot métier. Il n’y a pas de métier réservé aux femmes encore moins aux hommes », soutient Mohamed Nebié.

À l’entendre, il a dû faire face aux railleries et moqueries. Ces gens, mentionne-t-il, sont devenus par la suite les adeptes de sa cuisine. « Avec le courage, la persévérance, la volonté, j’ai cru en moi-même. Je savais que ça allait donner quelque chose, c’est la raison pour laquelle je me suis lancé et que je n’ai pas abandonné jusqu’aujourd’hui. 

Dans les endroits où je vais, on se moque de moi, en disant un jeune comme ça, bien habillé qui se met à vendre du babenda, J’ai trop entendu cela, donc ça ne me dit plus rien », s’encourage-t-il en arborant un large sourire.

Mais aujourd’hui, toutes ces moqueries sont derrière Mohamed. Il nous avoue que par jour, il vend 70 à 80 plats. Les prix dans son restaurant varient entre 200, 300 francs FCFA ou plus. Tout dépend de ce que demande le client. « Je prie Dieu pour atteindre 100 plats par jour comme ça j’aurais un peu de bénéfice, parce que les ingrédients au marché sont devenus chers », commente-il.

Si certaines personnes se moquaient de lui, il y a d’autres par contre qui l’encouragent pour ce qu’il fait. « Franchement il y a plusieurs personnes qui m’encouragent parce que je fais ce que les autres n’acceptent pas faire », avance-t-il.

Les plats de Mohamed font le tour de la capitale burkinabè. À l’en croire, il a des commandes qui viennent des quatre coins de Ouaga. Notamment des commissariats, des pharmacies, boulangeries, des instituts de beauté… « Il y a des gens qui m’appellent parfois pour des livraisons chez eux à la maison. Je gagne aussi dans des mariages, mais comme c’est le début, on ne se débrouille pas mal, je ne me plains pas vraiment », admet-il avec fierté.

Mohamed Nebié s’apprêtant à aller faire une livraison

En perspective, Mohamed Nebié souhaite conquérir le marché ouagalais avec sa cuisine. Aux jeunes qui ont peur d’entreprendre, il les conseille de ne pas avoir peur d’oser, le couronnement est au bout de l’effort, conclut-il.

Welly TAMBOURA (Stagiaire) 

Burkina 24 

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