Répression contre les activistes : Le Naaba Sanem de Ziniaré exhorte la transition à jouer balle à terre

L’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) a roulé sa bosse samedi 10 septembre 2022 à Ziniaré où le parti politique avait pris rendez-vous avec les chefs coutumiers de l’Oubritenga. Ceux-ci répondant à l’appel du Naaba Sanem de Ziniaré ont effectué le déplacement pour y entendre le message du parti de Me Hermann Yaméogo. 

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La campagne de « réinitialisation patriotique » de Me Hermann Yaméogo suit bien son cours alors que le pays fait de plus en plus face à d’énormes difficultés. Si sur le plan sécuritaire, la situation n’est guère reluisante, le climat social se dégrade tout aussi viscéralement ces derniers temps suite à la guéguerre qui oppose pro et anti transition. 

L’arrestation d’un membre du Balai citoyen suivie de son incarcération suite à des propos « offensants » contre le chef de l’État ainsi que la fronde entre ce même Balai Citoyen et le mouvement Sauvons le Faso ont fini de convaincre de la frilosité de la relative stabilité du climat social. 

A Ziniaré, terre natale de l’ancien président Blaise Compaoré où les émissaires de Me Hermann Yaméogo sont allés distiller son message de réconciliation, la détérioration du climat social a occupé les échanges. 

Dans le souci de décrisper la situation assez tendue, le chef de la délégation Noel Yaméogo a souhaité que le chef de l’État procède à la suspension, voire la suppression des partis politiques et des Organisations de la Société Civile jusqu’à ce que la situation se stabilise. 

Noel Yaméogo (chef de la délégation de l’UNDD): « il faut suspendre, voire supprimer les OSC et les partis politiques… »

« On voit de plus en plus la violence se développer au Burkina Faso. On voudrait dire au chef de l’Etat et à la transition de mettre fin à cela. Mettre fin, c’est suspendre, mieux supprimer les OSC et les partis politiques jusqu’à la fin de la guerre. Parce que dans un pays où les OSC et les partis politiques se déchirent, il n’y aura jamais de paix et de tranquillité. On ne peut pas aller à la guerre de façon désunie », a préconisé Noel Yaméogo. 

Si les chefs coutumiers par la voix de Naaba Sanem de Ziniaré ont apprécié l’initiative engagée par Me Hermann Yaméogo et son parti en faveur de la paix et de la réconciliation, ils ont cependant émis des réserves quant à l’emploi des méthodes dures pour réprimer les activistes. Ils ont mis à profit cette rencontre pour exhorter la transition à ne pas céder à la provocation et à jouer balle à terre par rapport à toutes les récriminations qui lui sont faites à travers les médias et les réseaux sociaux.  

« Nous allons demander au gouvernement d’accepter tout ce qui se passe parce que quand on devient leader on doit s’attendre beaucoup à ça. Pas que nous félicitons ou que nous encourageons ce que nous voyons actuellement sur nos chaines et nos réseaux sociaux qui n’honore personne », conseille le porte-parole des chefs coutumiers de l’Oubritenga.   

Naaba Sanem de Ziniaré: « Celui qui veut mendier qu’il mendie mais sans se servir du couvert de la réconciliation »

Selon le Naaba Sanem de Ziniaré, si les dimas et leaders religieux ont tous fait l’objet d’insultes dans ce pays mais n’ont pas réagi, le gouvernement devrait aussi montrer autant de sagesse pour ne pas « envenimer » la situation. 

« J’ai donné des exemples : on a même insulté des dimas et des leaders religieux dans ce pays. (…) Nous, les chefs, on ne réagit pas quand on nous insulte. Pourvu que ce soit la bonne cause et la cause juste. Nous leur (la transition, ndlr) avons demandé d’accepter cela pour la paix, parce qu’eux-mêmes, ils sont en quête de la réconciliation. Il ne faut pas que les actes qu’eux ils posent enveniment la situation ou soient mal exploités contre eux », s’est voulu plus clair le chef de Ziniaré.

De plus, le Naaba Sanem et tous les notables coutumiers de l’Oubritenga ont demandé aux politiciens quels que soient leurs bords « de mettre de l’eau dans leur vin » et à se donner la main pour une vraie réconciliation. 

Aussi, a-t-il mis en garde tous ceux qui utilisent à tort la réconciliation à des buts purement politiques ou économiques. « Celui qui veut mendier qu’il mendie mais sans se servir du couvert de la réconciliation », a conclu le Naaba Sanem de Ziniaré. 

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