Un projet pour une autonomie corporelle des femmes et jeunes filles vulnérables

publicite

Le projet « Mon corps, Mes choix, Mes droits, 3M » pour l’autonomisation corporelle des femmes et des filles vulnérables du Burkina Faso a été présenté le mercredi 28 septembre 2022 à Ouagadougou. A travers ce projet, EngenderHealth avec l’appui de l’ambassade de Suède et de ses partenaires se sont engagés sur des pistes de solutions concrètes dans le but d’assurer l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive de qualité et réduire les grossesses non désirées au Burkina Faso, particulièrement auprès des populations vulnérables.

La suite après cette publicité

Au Burkina Faso, l’interruption sécurisée de la grossesse n’est autorisée (loi N°025-2018) que dans des cas bien spécifiques. Pourtant, elles sont nombreuses les jeunes femmes qui le font chaque jour clandestinement, contribuant ainsi à la hausse du taux de mortalité maternelle au Burkina Faso.

Conscients que cette situation représente un véritable problème de santé publique ainsi que de droits humains, l’ONG EngenderHealth et ses partenaires ont décidé de mettre en œuvre le projet « Mon corps, Mes choix, Mes droits » pour contribuer à l’autonomisation corporelle des femmes et des filles vulnérables du Burkina Faso.

Dans la présentation du projet Dr Souleymane Kaboré, coordonnateur d’assurance qualité de EngenderHealth a expliqué pour justifier le contexte, que « les femmes dont l’âge est compris entre 18 et 35 ans sont les plus concernées par les avortements clandestins. On estime sur 10 grossesses non désirées, que 6 se terminent par des avortements provoqués, et 45% de ces avortements sont réalisés dans des conditions non sécurisées. L’avortement non sécurisé au Burkina, touche 87 200 femmes globalement et 38 0000 femmes et adolescentes ont été hospitalisées pour des complications graves selon les statistiques de 2018 ». 

es représentants des structures partenaires
Les représentants des structures partenaires

Les différentes activités du projet s’articuleront autour de la création d’un environnement de plaidoyer durable et d’un mouvement fort en faveur des droits en santé sexuelle et reproductive, de l’amélioration de l’environnement politique, juridique, et stratégique pour permettre aux femmes et aux adolescents d’exercer leur autonomie pour prévenir les grossesses non désirées et avoir accès à un continuum de soins et de services intégrés comprenant la aux planification familiale la prévention et la prise en charge des violences basés sur le genre, a expliqué plus loin Dr Souleymane Kaboré.

Georges Coulibaly, représentant Pays de EngenderHealth, a détaillé que ce projet va concerner cinq régions du Burkina Faso pour une durée de 5 ans dont 36 mois pour la première phase et 24 mois pour la deuxième phase.

« Ce projet va couvrir cinq régions dont le centre Nord, le Nord, la Boucle du Mouhoun, les Hauts-Bassins et le Centre-Est. Il vise à réduire au Burkina Faso la morbidité et la mortalité maternelles associées aux avortements à risque et à ce que les femmes y compris les adolescentes et les jeunes femmes puissent réaliser leur autonomie corporelle », a-t-il soutenu.

Le 28 septembre marquant la journée internationale d’action pour l’avortement sécurisée, Georges Coulibaly a manifesté sa compassion à l’endroit des femmes et filles violées dans les zones à fort défi sécuritaire en leur témoignant sa considération.

Georges Coulibaly, représentant Pays de EngenderHealth
Georges Coulibaly, représentant Pays de EngenderHealth

« En cette journée internationale d’action pour l’avortement sécurisé, je voudrais marquer notre profonde préoccupation sur les restrictions d’accès à l’interruption sécurisée de la grossesse selon la loi que subissent les femmes et les filles violées dans les zones en proie à l’insécurité du Burkina Faso et de marquer notre solidarité avec elles. Nous sommes confiants que la présente intervention va les aider à se relever de ces douleurs atroces », a-t-il formulé.

Le projet entend à son terme, augmenter de 2,3% le nombre de nouvelles utilisatrices de la contraception moderne, réduire de ¼ les taux d’avortement clandestin, réduire les complications liées à l’avortement de 45%, et réduire de 1/3 le contribution des complications d’avortement aux causes de décès maternels. Le projet bénéficiera de l’accompagnement de l’ambassade de Suède au Burkina Faso à hauteur de 50.000.000 SEK soit 3 003 651 995 de Francs CFA.

A en croire Susanne Alldén, cheffe de coopération de l’ambassade de la Suède au Burkina Faso, le défi d’accès aux droits de santé reproductive pour les femmes a valu leur accompagnement à ce projet. C’est ainsi qu’est né la volonté de contribuer à combler cette lacune qui est aussi une question fondamentale pour le droit humain. « Chaque femme, chaque homme, tout le monde a droit à une bonne santé sexuelle et reproductive », a-t-elle interpellé.

Notons que dans le cadre de ce projet, EngenderHealth collabore avec l’OMS, l’UNFPA, le Ministère en charge de la santé et de l’hygiène publique, celui en charge de l’éducation et celui de la justice et des droits humains ainsi que trois autres ONG dont ; Pathfinder International, SOS Jeunesse et Défis et la Communauté d’Action pour la Promotion de la Santé Sexuelle et Reproductive au Burkina Faso (CAPSSR-BF)…

Flora KARAMBIRI et Micheline OUEDRAOGO (Stagiaire)

Burkina 24

Écouter l’article
publicite


publicite

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page