Affaire des pagnes du 8 mars : Yé Yaké Camille face aux incohérences des témoins

Le procès de Yé Yaké Camille s’est poursuivi ce mardi 25 février 2026 au Tribunal de grande instance Ouaga I. L’audience a été marquée par les témoignages de plusieurs responsables administratifs et agents de contrôle, autour notamment de la commande des pagnes du 8 mars 2024 et des accusations de tentative de corruption liées à l’audit de l’ASCE-LC. 

À la barre, Lassané Dango, alors Directeur des marchés publics au ministère de l’Action humanitaire, a affirmé être à l’origine de la mise en relation avec Germaine Bonkoungou/Compaoré pour la commande des pagnes de la Journée internationale des droits des femmes.

Interrogé sur la régularité de la procédure, il a soutenu qu’il s’agissait d’une prestation spécifique, citant un arrêté qui allège les procédures lorsque les pagnes sont issus de l’artisanat et produits par une association.

Une déclaration qui, sur ce point précis, tend à dédouaner Yé Yaké Camille et qui a, selon le tribunal, apporté des éclaircissements à l’Agent judiciaire de l’État.

Sur les soupçons de corruption des agents de l’ASCE-LC, Lassané Dango a expliqué que, lors de l’audit, les contrôleurs avaient évoqué une mission hors de Ouagadougou.

Ne sachant pas si cette mission devait être prise en charge par le ministère, Yé Yaké Camille se serait rapproché de lui pour obtenir des précisions. Il affirme avoir tenté d’interroger un contrôleur à ce sujet, sans succès, rejetant toute intention de corruption.

Lire également 👉Procès Yé Yaké Camille : Témoignages contradictoires autour des TDR, des montants engagés et de la fourniture de pagnes

Rosemonde Tiendrébeogo, agent au Secrétariat général du ministère, a déclaré avoir livré 30 pagnes pour un montant de 300 000 FCFA. Elle affirme avoir reçu l’argent d’Amidou Tiegnan pour le remettre à sa mère.

Cette version contredit des déclarations antérieures attribuées à Yé Yaké Camille, qui évoquait des montants plus élevés, entre 700 000 et 900 000 FCFA. À l’audience, le prévenu a reconnu une confusion et admis que le coût réel était de 300 000 FCFA.

Entendue à la barre, Alizéta Kiemdé, protocole au ministère, a confirmé avoir servi d’intermédiaire pour la livraison des 30 pagnes, précisant que Rosemonde Tiendrébeogo lui avait confirmé avoir été payée.

Plus tard, Soumaïla Sako, ancien Directeur de cabinet, a expliqué que la commande avait été effectuée dans l’urgence, après une décision du Conseil des ministres, saluant au passage les qualités professionnelles de Yé Yaké Camille.

Quant à Evariste Sawadogo, agent de l’ASCE-LC, il a rejeté toute tentative de corruption, reconnaissant toutefois avoir reçu une enveloppe de condoléances contenant, selon le prévenu, 10 000 FCFA. L’audience a été suspendue à pour reprendre le jeudi 26 février 2026 à 10h

Soumane Wahab KARAMBIRI (Stagiaire)

Burkina 24

Rédaction B24

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