Gaz naturel : Le Qatar suspend sa production après des frappes iraniennes

Le marché mondial de l’énergie a été frappé par une onde de choc ce lundi 2 mars 2026. Le Qatar, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), a officiellement suspendu sa production à la suite d’attaques militaires iraniennes visant ses infrastructures stratégiques. Cette décision a provoqué une flambée immédiate des prix du gaz en Europe, avec une hausse de près de 50 % en quelques heures, nous renseigne Sika Finance.
Les frappes, menées par drones, ont ciblé deux zones industrielles majeures de l’émirat. Il s’agit de Ras Laffan, cœur de l’industrie gazière situé à 80 km au nord de Doha, et Mesaieed, au sud de la capitale. Selon le ministère qatari de la Défense, une installation énergétique ainsi qu’un réservoir d’eau d’une centrale électrique ont été touchés.
Bien que les autorités assurent qu’aucune victime n’est à déplorer, l’impact industriel est jugé majeur. La compagnie publique QatarEnergy a confirmé l’arrêt total de la production de GNL et de ses produits dérivés afin de garantir la sécurité de ses installations.
La réaction des marchés a été immédiate. À la mi-journée, l’indice de référence européen TTF (marché néerlandais) a enregistré une hausse de plus de 48 %, atteignant 47,32 euros le mégawattheure après un pic à 47,70 euros.
Même si ces niveaux restent inférieurs aux records de 2022 (plus de 300 euros/MWh), cette envolée brutale illustre la nervosité extrême des opérateurs. L’Europe, qui a fortement accru sa dépendance au GNL qatari depuis la réduction des flux russes, redoute désormais une interruption prolongée des approvisionnements.
Lire également 👉Conflit Iran – Israël/USA : Nouveaux tirs de missiles, le Liban bombardé, au moins 31 morts
Des groupes énergétiques comme TotalEnergies, Shell et Eni, engagés dans des contrats de long terme avec le Qatar, suivent l’évolution de la situation avec une attention particulière.
Ces attaques s’inscrivent dans un contexte de guerre ouverte au Moyen-Orient. Elles interviennent après une offensive aérienne massive lancée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, visant notamment son programme nucléaire.
En représailles, Téhéran aurait intensifié ses tirs de missiles et de drones contre des cibles israéliennes, des bases américaines, mais aussi contre plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn et le Qatar.
Le Qatar partage avec l’Iran le gigantesque gisement gazier de North Field, qui représente environ 10 % des réserves mondiales connues. Cette proximité géopolitique place désormais l’approvisionnement énergétique mondial au cœur d’un conflit militaire direct.
Reste à savoir si cette suspension sera temporaire ou si elle marquera un tournant durable pour le marché mondial du gaz. Pour l’heure, QatarEnergy promet de communiquer toute nouvelle information, tandis que les capitales européennes retiennent leur souffle.




