Souveraineté alimentaire : La solution made in Burkina Faso !

Le Bureau National des Grands Projets du Burkina (BN-GPB) effectue, du 10 au 15 mars 2026, une mission de suivi dans seize centres de formation. Cette sortie terrain concerne la deuxième cohorte de l’Initiative Présidentielle pour la Production Agricole et l’Autosuffisance Alimentaire (IP-P3A). Au total, 3 000 jeunes agriculteurs terminent un cycle de 70 jours commencé le 4 janvier 2026.
Au Centre de Promotion Rurale (CPR) de Bissiri, 150 stagiaires suivent la phase pratique de leur cursus. Les activités couvrent la production végétale, l’élevage et la transformation des récoltes.
Grégoire Samba, chef de service de production au CPR de Bissiri dans la commune de Kombissiri, explique le contenu technique de la formation dispensée aux jeunes VDP agricoles.

« Ils ont appris des techniques de récupération, notamment les demi-lunes, les boulis, les cordons pierreux, les bandes enherbées et les diguettes en terre pour pouvoir permettre de récupérer certains sols », a-t-il expliqué.
Dans le domaine de la production, les apprenants étudient la gestion de l’espace et le choix des sols. Les cultures installées concernent le maïs, le niébé, le soja, le gombo et le sorgho. Le centre dispose également d’unités de pisciculture et d’élevage de volaille, de bovins et d’ovins.

La formation met l’accent sur la conservation des produits pour réduire les pertes après récolte. Les stagiaires fabriquent plusieurs produits dérivés comme la pâte d’arachide, la confiture de papaye et le sirop d’ananas.
Claudine Tindano, VDP agricole de la commune de Bitou détaille le processus de transformation. « Pour la pâte d’arachide bio, on a eu les arachides. On a trié les mauvaises graines et les bonnes graines à part aussi. Maintenant, on a décortiqué l’arachide, on a torréfié. Après avoir torréfié, on a enlevé la peau, on est parti écraser », a-t-elle expliqué.

Pour les tomates, les fruits sont bouillis, pelés puis conservés dans des bouteilles stérilisées pendant 30 minutes.
Les jeunes produisent aussi des boissons locales, notamment le jus d’ananas, du bissap, du jus de pain de singe dénommé « jus de la révolution » par les apprenants.

Le groupe est composé d’hommes et de femmes de profils variés. Ces volontaires agricoles ont suivi une formation civique et patriotique avant leur arrivée dans les centres techniques.
Samba Grégoire note une évolution comportementale. « Comparativement aux jeunes précédemment qu’on recevait, vraiment il y a eu une différence », a-t-il apprécié.

D’ailleurs, Serge Zombré, stagiaire de la commune de Ouargaye, a témoigné de ce changement de vision. « Avant, on disait qu’il n’y avait pas de travail au Burkina. Mais vraiment, quand on est sortis, durant les 3 mois, on a vu que c’etait pas vrai », a-t-il déclaré.

De son côté, Zaré Bachira affirme la volonté des femmes du groupe. « Si on se retourne dans nos différentes communes, on va aller travailler. Comme on a suivi la formation, on va aller montrer à ceux qui n’ont pas suivi la formation qu’on devrait cultiver techniquement », a-t-elle indiqué.

L’Initiative Présidentielle pour la Production Agricole et l’Autosuffisance Alimentaire (IP-P3A) vise la formation de 8 000 jeunes entrepreneurs agricoles sur l’ensemble du territoire burkinabè.

Le projet cherche à renforcer les capacités de production halieutique et agricole pour garantir la souveraineté alimentaire du pays et lutter contre la faim dans les communes.
Akim KY
Burkina 24




