Fada N’Gourma : Les VDP agricoles de la 2e cohorte prêts pour l’offensive alimentaire

Après l’étape de Yako, le curseur de l’autosuffisance alimentaire s’est déplacé vers l’Est. Le jeudi 12 mars 2026, le Bureau National des Grands Projets du Burkina (BN-GPB) s’est rendu à l’École Privée de l’Élevage et de Santé Animale de Fada N’Gourma qui accueille 282 jeunes VDP agricoles. L’objectif est de constater les compétences pratiques acquises par ces apprenants volontaires de l’Initiative Présidentielle (IP-P3A) qui achèvent 70 jours de formation intensive.
Ils sont 282, venus des communes de Namissiguima, Oula, Séguénéga, Rambo, Tensobentenga, Kando, Gounghin, Ziniaré, Ourougou, Manéga, Sangha, Bogandé et Bilanga.
Sous la supervision de Zoubabio Tamini, conseiller d’agriculture, le centre a misé sur une immersion totale. Depuis le 4 janvier dernier, les apprenants ont suivi une dizaine de modules couvrant la production végétale et animale.

Zoubabio Tamini a expliqué la méthodologie appliquée. « Les aspects pratiques sont carrément à 90 % pour 10 % de théorie. Les conditions dans lesquelles nous organisons les activités montrent que les jeunes ont reçu une formation civique qui leur permet de comprendre que nous devons tous aller dans le même sens pour accompagner les autorités», a-t-il confié.

Le changement est palpable chez les volontaires, qui délaissent les méthodes traditionnelles pour une approche scientifique.
Aimée Lankoandé, originaire de la commune de Kando, maîtrise désormais les détails du maraîchage.

« Avant, nous repiquions les oignons de façon archaïque. Grâce à la formation, on nous a appris l’écartement de 15 centimètres entre les lignes et entre les piquets pour avoir de bons produits », a-t-elle expliqué.
Même constat pour la gestion des sols et des intrants. Karim Sawadogo, issu de Namissiguima, a découvert l’importance de la durabilité.

« On se concentrait uniquement sur l’engrais chimique. Pourtant, le fumier organique est très important, c’est la fumée de fond qui permet de retenir les nutriments et l’eau. On a aussi appris à fabriquer des pesticides et engrais bio », a-t-il souligné.

Le volet élevage (aviculture, petits ruminants, pisciculture) a constitué un pilier majeur de l’apprentissage. Pour Rosalie Sawadogo, VDP de Ziniaré et détentrice d’un BEP industriel, ce retour à la terre est un engagement profond.
« Je suis venue pour défendre la patrie et apprendre à cultiver. Il y a le vivre-ensemble et la cohésion sociale ici ; on apprend à se connaître entre Burkinabè de différentes localités», a-t-elle fait savoir.

D’ailleurs elle a tenue a adressé un message au président du Faso qui a institué cette formation. « Monsieur le Président, nous avons compris votre message. Nous allons nous mettre au travail pour vous satisfaire par la pratique, la discipline et le courage », a-t-elle fait entendre.

À quelques jours de la fin du cycle, l’accent est mis sur l’organisation en coopérative. L’ambition est de transformer ces volontaires en véritables chefs d’exploitation.
« Nous voulons retrouver ces jeunes en train de travailler ensemble, ayant transcendé certains comportements pour entrer dans l’esprit de l’entrepreneuriat agricole et produire pour le marché », conclut le formateur Zoubabio Tamini.

Ces futurs techniciens polyvalents se disent désormais prêts à répondre à l’appel de la nation.
Akim KY
Burkina 24




