Sénégal : Le Premier ministre Ousmane Sonko suspend les voyages « non essentiels » de ses ministres à l’étranger

Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a décidé de suspendre les voyages « non essentiels » à l’étranger des membres de son gouvernement, en raison de l’endettement élevé du pays et des conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
« J’ai pris un certain nombre de mesures de restriction drastique de tout ce qui concerne les dépenses du gouvernement » dont « l’annulation de toutes les missions non essentielles à l’étranger » de ses membres, a déclaré Ousmane Sonko dans une vidéo publiée ce samedi 4 août sur les réseaux sociaux.
Il a annoncé avoir renoncé aux voyages qu’il devait lui-même effectuer le 8 avril au Niger et le 18 avril en Espagne dans le cadre de ses fonctions. A cela, s’ajoute le « meeting politique » que son parti devait organiser le 19 avril à Paris en France qui a été également annulé, a dit Ousmane Sonko.
La raison se trouverait dans la « situation difficile » du pays causée notamment par « une dette exponentielle dont nous avons héritée » du pouvoir de l’ex-président Macky Sall (2012-2024), a-t-il expliqué.
« Les levées de fonds sont de plus en difficiles » et à cette situation « est venue s’ajouter une difficulté supplémentaire » avec « les cours mondiaux (des hydrocarbures qui) ont atteint un niveau presque historique » à cause de la guerre au Moyen-Orient, a-t-il ajouté.
Le baril de pétrole est monté à « 115 dollars » alors le gouvernement avait selon lui fait des « projections budgétaires » en 2026 sur la base d’un baril à « 62 dollars ». « Je voudrais vous préparer à des situations extrêmement difficiles qui nous attendent », a dit le premier ministre Sonko sans en dire davantage.
La réduction de coût des voyages à l’étranger des membres du gouvernement figurait déjà dans le plan de redressement financier qu’Ousmane Sonko avait lui-même présenté en août, pour permettre au Sénégal de faire face à la situation financière difficile qu’il traverse.
Le Sénégal est confronté à une situation économique très critique avec une dette du secteur public et parapublic estimée à 132% du PIB à fin 2024. Les autorités accusent le régime de l’ex-président Sall d’avoir dissimulé les vrais chiffres sur des indicateurs clefs comme la dette publique et le déficit budgétaire.
Le Fonds monétaire international (FMI) a, pour sa part, suspendu son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) conclu en 2023, en attendant d’avoir des réponses et des engagements des nouvelles autorités qui ont exclu restructuration de la dette, solution préconisée par des experts.




