Mode burkinabè : Arten Création célèbre 30 ans de valorisation du textile local

La marque burkinabè Arten Création a célébré, le vendredi 10 avril 2026 à Ouagadougou, ses 30 ans d’existence à travers une soirée gala marquée par des défilés, des distinctions et des prestations artistiques.
À cette occasion, plusieurs collections ont été présentées au public, notamment « Best of » et « Or blanc », mettant en avant des tenues conçues à partir de textiles locaux, dont le Faso Danfani et le Koko Donda. Les créations, caractérisées par leur sobriété, se veulent adaptées aussi bien aux usages quotidiens qu’aux cérémonies.
Le Promoteur de la marque, Arouna Tiendrébéogo a largement articulé son intervention autour de la constance de son engagement et des perspectives de développement du textile local. Il a rappelé avoir fait, dès ses débuts dans les années 1990, le choix de travailler exclusivement avec des matières premières locales, dans la continuité de la vision impulsée à l’époque.

Selon lui, ce positionnement n’a jamais varié, malgré les périodes de recul observées dans le secteur. « Depuis que j’ai fait mon premier pas dans la mode, je me suis dit qu’il fallait valoriser le textile local et je n’ai jamais décroché », a-t-il affirmé.
Revenant sur le contexte actuel, il a estimé que la dynamique de promotion du consommer local connaît un regain, dans lequel il dit pleinement se reconnaître. Il a souligné ainsi se sentir à l’aise dans cet environnement qui remet au centre la production nationale.

Dans son approche, le créateur a insisté également sur la dimension économique de la mode. Il a expliqué s’être appuyé sur un réseau d’artisans pour intégrer des éléments locaux dans ses créations, notamment à travers des broderies faites à la main ou la fabrication de boutons à partir de coquilles de coco et de cornes animales.
Une démarche qui, selon lui, vise à générer de l’emploi et à structurer une chaîne de valeur autour du textile. « Mon objectif, depuis le départ, c’est d’employer le maximum de personnes », a-t-il indiqué.
S’agissant des perspectives, Arouna Tiendrébéogo a inscrit clairement son projet dans la durée. Pour lui, la célébration des 30 ans ne constitue pas un aboutissement, mais une étape. Il a affirmé travailler sur des projets orientés vers l’avenir, avec une volonté de rendre le textile local davantage accessible.
Il a expliqué notamment que les modèles présentés lors du défilé répondent à une logique de consommation quotidienne. Selon lui, il ne s’agit pas de créations extravagantes, mais de tenues adaptées à différents contextes, allant du cadre professionnel aux événements sociaux. « L’objectif, c’est d’amener les Burkinabè à s’habiller au quotidien avec nos matières premières », a-t-il déclaré.

Dans cette même dynamique, il a ambitionné d’étendre cette appropriation au-delà des frontières nationales, soulignant que la présence de son parrain artistique venu de la Guinée, entièrement vêtu de coton local durant son séjour, constitue un signal encourageant.
Enfin, il a lancé un appel à la jeunesse, l’invitant à se former davantage aux métiers du textile et de la mode, qu’il considère comme un secteur exigeant mais porteur d’opportunités.
Placée sous le thème « Textile, habillement : une synergie pour une souveraineté vestimentaire », la célébration a également été marquée par des prises de parole officielles. Le ministre en charge de la Culture, Gilbert Ouédraogo,représenté, a insisté sur le rôle stratégique de la mode dans le contexte actuel.
« La mode n’est pas superficielle. Elle est profondément politique et constitue un instrument de souveraineté », a-t-il affirmé.
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Le représentant du ministre en charge du Commerce Serge Poda a, pour sa part, salué la contribution du promoteur à la valorisation du patrimoine textile national. Il a rappelé que le secteur du textile et de l’habillement constitue un levier important en matière de création d’emplois et de revenus, en particulier pour les femmes.
La cérémonie a également donné lieu à la remise d’attestations à des clients fidèles ainsi qu’à l’octroi d’un bon de formation à une veuve de Forces de défense et de sécurité (FDS) tombé au front.

Par ailleurs, la présence du parrain artistique, Ahmed Kanté, venu de Guinée, a été relevée. Ce dernier a affiché, tout au long de son séjour, des tenues confectionnées à base de coton local, illustrant ainsi la portée sous-régionale de cette promotion du textile burkinabè.
Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24




