Financement du terrorisme en Syrie : Bruno Lafont condamné

La justice française a condamné plusieurs anciens responsables du groupe Lafarge pour financement du terrorisme en Syrie. Parmi eux, l’ex-PDG Bruno Lafont a écopé de six ans de prison ferme avec incarcération immédiate. Son avocate a annoncé qu’elle ferait appel de cette décision, renseigne 20 Minutes.
Le tribunal de Paris reproche au cimentier d’avoir versé des fonds à des groupes djihadistes entre 2013 et 2014 afin de maintenir en activité son usine de Jalabiya, en pleine guerre civile syrienne. L’ex-directeur général adjoint, Christian Herrault, a également été condamné à cinq ans de prison avec incarcération immédiate.
Au total, six autres anciens cadres ont écopé de peines allant de 18 mois à sept ans d’emprisonnement. Le groupe Lafarge a, de son côté, été condamné à une amende maximale de 1,125 million d’euros, ainsi qu’à une amende douanière de 4,57 millions d’euros pour non-respect des sanctions internationales.
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Selon le tribunal, l’entreprise a versé près de 5,6 millions d’euros à plusieurs organisations armées, dont État islamique, afin de poursuivre ses activités industrielles. Ces fonds auraient contribué au financement d’actions terroristes, notamment les attentats de 2015 en France.
La présidente du tribunal a évoqué un « véritable partenariat commercial » avec des groupes terroristes, soulignant la « gravité extrême » des faits. Le parquet national antiterroriste estime pour sa part que les décisions prises relevaient d’un « choix purement économique », qualifié d’« ahurissant de cynisme ».
Ce dossier, à la croisée des enjeux économiques et géopolitiques, met en lumière les dérives possibles de certaines multinationales en zone de conflit. Alors que plusieurs entreprises avaient quitté la Syrie, Lafarge avait choisi de maintenir ses activités.
Désormais contrôlé par le groupe suisse Holcim, le cimentier a indiqué « prendre acte » de la décision de justice et analyser les motivations du tribunal.




