iBaara : Une nouvelle plateforme numérique pour connecter gratuitement prestataires et clients au Burkina Faso
Face aux enjeux du chômage et à l’essor du travail indépendant au Burkina Faso, la plateforme numérique iBaara propose une solution de mise en relation directe entre prestataires de services et clients. Conçu par Boris Kiswendsida Kabré, professionnel de la réalisation cinématographique, et Jeffrey Badolo, développeur web, cet outil ambitionne d’accroître la visibilité du savoir-faire local. Symbole de modernité et d’ancrage culturel, son nom associe le « i » du numérique à « Baara » (travail en langues ouest-africaines), se traduisant littéralement par « Ton travail » en bambara. Dans cet entretien, Kiswendsida Kabré, cofondateur du projet, présente les objectifs, les caractéristiques techniques et le modèle économique de cette application disponible sur le marché burkinabè.
Burkina 24 : Pourriez-vous nous présenter iBaara en quelques mots ? Comment définiriez-vous la mission principale de cette application sur le marché actuel ?
Kiswendsida Kabré : iBaara est une plateforme numérique conçue pour connecter directement les personnes ayant un besoin quotidien à celles qui possèdent le savoir-faire pour y répondre. Notre mission est de simplifier la recherche de professionnels qualifiés, notamment pour gérer les imprévus et les urgences du quotidien que connaissent tous les Burkinabè.
Qu’il s’agisse de trouver un plombier en urgence un week-end pour une fuite d’eau, un mécanicien pour une panne de véhicule, ou même un couturier, la plateforme regroupe une large gamme de métiers indépendants. L’application permet à l’utilisateur de parcourir plusieurs profils et de choisir facilement celui qui lui convient, en s’appuyant notamment sur un critère de proximité géographique pour une intervention rapide.
Pour le moment, l’outil est accessible sur le site web et via une application Android sur Google Play, et nous travaillons activement à finaliser la version iOS pour les utilisateurs d’iPhone. iBaara est une plateforme qui connecte les personnes ayant un besoin à celles qui disposent du savoir-faire. Autrement dit, elle fait le pont entre les prestataires et les clients. Notre mission principale est de rendre le travail visible, accessible et valorisé par tous.

Pour le moment, la plateforme est disponible sous forme d’application en version Android, ainsi que via notre site web. Nous travaillons activement à disponibiliser la version iOS pour les utilisateurs d’iPhone.
Burkina 24 : Qu’est-ce qui a conduit à la création de cet outil ? Quel constat spécifique sur les dynamiques de travail en Afrique a guidé votre réflexion ?
Kiswendsida Kabré : iBaara est né d’un constat : celui du taux de chômage qui ne fait que croître. Pourtant, parallèlement, de nombreuses personnes et des jeunes regorgent de compétences. Nous sommes dans l’optique de permettre à ces personnes disposant de compétences de pouvoir les monétiser.
L’offre et la demande existent simultanément : chaque jour au Burkina, des citoyens ont besoin d’un plombier, d’un électricien ou d’une personne disposant d’une expertise précise. iBaara vient combler ce vide en servant de passerelle entre ces prestataires et ces clients.
Burkina 24 : Comment abordez-vous la question du paiement et de la relation financière entre les deux parties ? Quel rôle l’application joue-t-elle dans ces échanges ?
Kiswendsida Kabré : Sur iBaara, nous offrons exclusivement le cadre d’échange et la connexion entre le prestataire et le client. Les transactions financières et les tarifs sont librement définis et négociés par les utilisateurs eux-mêmes.
Burkina 24 : Le paysage numérique africain présente des réalités diverses. Comment avez-vous conçu l’application pour qu’elle réponde aux contraintes techniques et de connectivité locales ?
Kiswendsida Kabré : Nous sommes conscients que sur notre terroir, les utilisateurs disposent parfois d’une connexion limitée et de téléphones modestes. C’est pourquoi nous avons construit une application légère, facile à utiliser et rapide, même dans des conditions de connectivité non optimales.

Pour ce qui est d’un accès hors-connexion ou par SMS, ce n’est pas encore disponible pour le moment. Cependant, comme nous l’avons souligné, l’objectif et la mission d’iBaara sont de rendre le travail accessible, visible et valorisé.
Nous n’en sommes qu’à notre première étape. Avec les prochaines mises à jour et les évolutions futures de la plateforme, nous tendrons progressivement vers ce type de solutions.
Burkina 24 : Lorsque l’on fait appel à un prestataire via une application, la question de la fiabilité est centrale. Quels garde-fous avez-vous instaurés pour assurer la confiance au sein de votre communauté ?
Kiswendsida Kabré : La confiance représente une valeur cardinale pour iBaara. Nous encourageons vivement les utilisateurs à remplir leur profil de manière détaillée, à partager leurs réalisations et à mettre en avant leurs évaluations. En effet, tout prestataire qui mène à bien un service peut se faire noter par le client qui l’a contacté.
Plus vous êtes bien noté, plus vous inspirez de la confiance aux futurs clients qui souhaitent entrer en contact avec vous. De notre côté, nous disposons en interne d’un système de vérification des prestataires qui évolue au fur et à mesure.
Enfin, en cas d’incident, le client a la possibilité d’effectuer un signalement direct. Nos équipes s’en chargent dans les plus brefs délais, avec un délai maximum de 72 heures pour réagir et apporter une réponse au problème.
Burkina 24 : Beaucoup d’utilisateurs s’interrogent sur la viabilité des services gratuits. Quel est le modèle qui permet à iBaara de fonctionner tout en restant accessible ?
Kiswendsida Kabré : Le service gratuit d’iBaara réside dans la mise en contact. L’utilisateur ne paie rien pour entrer en relation avec un prestataire. Une fois le contact établi par rapport au besoin exprimé, le professionnel fixe lui-même ses tarifs.
Si les tarifs de ce prestataire ne correspondent pas au budget du client, ce dernier conserve la possibilité de consulter d’autres profils sur l’application afin de trouver une meilleure entente.
Burkina 24 : Vous proposez un éventail de services assez large. Quel est votre regard sur l’évolution du secteur de l’emploi indépendant, et quelles sont les prochaines étapes de développement pour iBaara ?
Kiswendsida Kabré : Nous traversons une ère où l’on encourage énormément l’entrepreneuriat, et c’est aussi une période où le secteur des métiers indépendants – ce que d’autres appellent le freelancing – se développe à grande vitesse.
C’est précisément la raison d’être d’iBaara : on peut posséder de solides compétences, mais faire face à un manque d’entreprises ou de structures pour nous embaucher. Désormais, il suffit de créer un compte sur iBaara et de faire savoir que l’on dispose de telles aptitudes.

Parfois, le jour même, un client peut avoir besoin de vos services et vous contacter. On peut donc affirmer que le paysage actuel et futur de l’emploi constitue une véritable aubaine pour l’émergence et le succès d’iBaara.
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Entretien réalisé par Akim KY
Burkina 24




