Burkina Faso : Une thèse plaide pour une alliance entre médecine traditionnelle et biomédecine

Les pratiques médicales endogènes au Burkina Faso étaient au cœur d’une soutenance de thèse de doctorat en Histoire africaine à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. Le doctorant Boureima Ouédraogo a soutenu avec succès, le jeudi 16 juillet 2026, ses travaux intitulés « L’approche historique des pratiques endogènes au Burkina Faso (1897-2020) : entre clandestinité, collaboration et institutionnalisation ». À l’issue de la soutenance, le jury lui a décerné la mention Très honorable, accompagnée de ses félicitations.

Présentée devant un jury international composé de cinq enseignants-chercheurs, cette recherche retrace l’évolution des pratiques médicales endogènes au Burkina Faso sur plus d’un siècle. Elle analyse notamment les politiques menées par les administrations coloniales puis postcoloniales à l’égard de la médecine traditionnelle et leur influence sur l’organisation du système sanitaire burkinabè.

Pour Boureima Ouédraogo, le choix de ce sujet répond à un constat à savoir l’histoire de la santé demeure un domaine encore peu exploré par les historiens, alors même qu’elle peut contribuer à enrichir les réflexions sur les politiques de santé publique.

« Nous avons choisi ce thème parce que l’histoire de la santé a été pendant longtemps négligée par les historiens. C’est pourquoi nous avons voulu écrire l’histoire de notre médecine, celle qui est issue de notre culture », a-t-il expliqué.

Boureima Ouédraogo, impétrant

Les conclusions de cette recherche montrent que les pratiques médicales endogènes ont longtemps été confrontées à des politiques de répression et de marginalisation, aussi bien sous l’administration coloniale que durant certaines périodes postcoloniales.

Selon le nouveau docteur, plusieurs mesures ont contribué à criminaliser ou à limiter ces pratiques. Face aux défis actuels du système de santé, il plaide pour une meilleure complémentarité entre la médecine traditionnelle et la biomédecine.

Lire également 👉Médecine traditionnelle : La FNSFTHS-BF encadre les médecins traditionnels pour une pratique adéquate de leur métier

À ses yeux, ces deux approches ne doivent pas être perçues comme opposées, mais comme des pratiques pouvant se compléter au bénéfice des patients et de l’amélioration de la prise en charge sanitaire.

Consignés dans un document de 663 pages, les résultats de cette étude ont été salués pour leur rigueur scientifique et leur originalité.

Le directeur de thèse, le professeur Yacouba Banhoro, a félicité l’impétrant pour la qualité de ses travaux, estimant qu’ils apportent une contribution importante à l’histoire de la santé au Burkina Faso.

Professeur Yacouba Banhoro, directeur de thèse

« La thématique est très pertinente parce qu’il s’agit d’un sujet d’actualité. La santé est un domaine essentiel. D’un point de vue historiographique, cette étude montre comment la médecine traditionnelle a été perçue par les pouvoirs publics, puis progressivement intégrée dans le système de soins. Les résultats méritent d’être valorisés », a-t-il souligné.

À l’issue de la soutenance, Boureima Ouédraogo a été proclamé docteur en Histoire africaine, avec la mention Très honorable et les félicitations du jury.

Professeur certifié d’histoire-géographie, il exerce au lycée de Guiguemtenga, dans la commune de Koubri (province du Kadiogo). Ses travaux ouvrent de nouvelles perspectives sur la place de la médecine traditionnelle dans le système de santé burkinabè et alimentent le débat sur une meilleure articulation entre savoirs endogènes et médecine moderne.

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page