Le Comité International Mémorial Thomas Sankara interroge le bilan des TPR

Le Comité International Mémorial Thomas Sankara a initié un panel le jeudi 8 septembre 2022 à Ouagadougou sur le thème « Tribunaux populaires de la révolution : leçons apprises et limites ».
Ledit panel se tient tous les premiers jeudis du mois dénommé à la découverte de Révolution Démocratique Populaire (RDP). Selon le Colonel à la retraite, Pierre Ouédraogo, président du Comité International Mémorial Thomas Sankara, ce débat correspond à une demande de la jeunesse qui veut en savoir plus sur le président Thomas Sankara.
Le débat de ce jeudi 8 septembre 2022, deuxième du genre, avait comme conférenciers trois acteurs qui ont participé à la marche de la révolution. Train Raymond PODA, Ministre de la justice sous le CNR et acteur majeur des Tribunaux Populaires de la Révolution (TPR) était de la partie. Selon lui, le bilan des TPR est largement positif malgré quelques lacunes.
« Sur le plan politique les TPR ont renforcé la révolution à travers sa popularité et ses assises socio-économiques. Sur le plan économique, les TPR ont permis de restituer au peuple les biens qui lui ont été volés ou spoliés. Sur le plan social, les TPR ont permis la mobilisation du peuple », a cité Train Raymond PODA.
Il reconnaît également les manquements tels que la qualité des textes, ainsi que le non professionnalisme des Juges CDR, « la formation juridique manquait à telle enseigne que ça se resterait au niveau de leur prestation ». Mais quand à la non-assistance des prévenus par des avocats, les TPR ne pouvaient pas compter avec les avocats. « Les avocats font traîner les choses avec les plaidoiries », dit-il.
Blanchard Emmanuel BAYALA était également conférencier. Il était un étudiant en année de maîtrise dont le mémoire portait sur les TPR, en 1984. A l’écouter, l’institution des TPR est une révolution judiciaire à la voltaïque.

Mais il reconnaît également que l’absence d’instruction, la qualité des juges, l’absence de recours, l’imprécision des sanctions posaient problème. « Cette juridiction quoi qu’exceptionnelle a donné un déclic hautement symbolique à la gouvernance et de l’histoire du Burkina », dit-il.
Pour Rasmané Ouédraogo, comédien, juge TPR sous le CNR, ceux qui fustigent les TPR sont ceux qui n’aimaient pas la tête des CDR. Or, selon lui, sans les CDR et les TPR, la révolution n’aurait pas fait autant d’échos. « N’importe qui n’était pas un CDR. Mais la présence du peuple que nous étions censés représenter gênait beaucoup les professionnels de la justice.
Et ils nous ont combattus. Ça ce n’est pas arrêté au niveau de la justice. Dans tout ce qui a été fait dans la révolution, c’est l’aspect de l’apport des CDR qui a été mis en exergue pour critiquer la révolution, pour haïr et pour mener toutes les actions contre-révolutionnaires. Mais heureusement nous sommes encore nombreux a, avoir tenu la barque même si quelques-uns ont changé de barque », a-t-il laissé entendre.

Pour le président du comité Mémorial Thomas Sankara, les TPR ont été une école d’enseignement. « Sans les TPR les gens n’allaient pas parler de la révolution car c’est l’une des composantes essentielles de la révolution d’août 1987 », a-t-il terminé.
Akim KY
Burkina 24




