Spéculation sur le gaz : L’État siffle la fin de la récréation

Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, a annoncé le 11 février 2026 à Ouagadougou la mise en vente aux enchères imminente de centaines de bouteilles de gaz saisies par la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF). Cette mesure vise à sanctionner la spéculation à l’approche du jeûne et du carême.
Face à la rétention de stocks et à la montée illégale des prix, le gouvernement passe à l’offensive. Au total, 853 bouteilles de gaz ont été saisies lors de récents contrôles. Le stock comprend 473 bouteilles chargées (formats 6 kg et 12 kg) et 380 bouteilles vides.
Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda a instruit l’autorité de répression des fraudes (BMCRF) d’accélérer les procédures. « Il faut procéder soit à l’incinération, soit à la mise en vente des enchères.
Il ne faut pas que ça prenne trop de temps », a-t-il précisé. Fait notable, les recettes issues de ces ventes seront intégralement versées au Fonds de soutien patriotique (FSP).

Cette opération marque un tournant dans la stratégie de l’État. Après une phase de pédagogie, le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat privilégie désormais la répression directe pour assainir le marché.
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« Il n’y aura plus de situation de sensibilisation parce que nous avons tellement fait la sensibilisation. Il n’y aura plus de sanctions clémentes. Lorsqu’on constate des cas de situations malveillantes, nous ferons les saisies tout simplement », a-t-il martelé devant les agents de la brigade.

Cette fermeté vise particulièrement à protéger le pouvoir d’achat des Burkinabè avant les périodes de forte consommation que sont le Ramadan et le Carême. Le ministre craint que certains commerçants ne créent des pénuries artificielles pour faire monter les enchères.

Les inspecteurs de la BMCRF ont reçu l’ordre d’intensifier leurs sorties quotidiennes sur tout le territoire national pour traquer les prix exagérés et les stocks cachés. Pour Serge Poda, il s’agit d’une mission vitale. « C’est une question de santé publique, c’est une question de sécurité publique et c’est une question d’engagement envers toute la population », a-t-il conclu.
Le ministre a lancé un appel aux acteurs du commerce pour qu’ils se conforment strictement à la réglementation, sous peine de voir leurs marchandises saisies et vendues au profit du bien commun.
Akim KY
Burkina 24




